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Accord militaire France-Chypre : la colère de la Turquie.

La Turquie a qualifié l’accord signé lundi entre la France et Chypre de « provocation » et a jugé qu’il était « contraire au droit international ». Le ministère turc de la Défense a indiqué que l’accord, qui vise à modifier unilatéralement l’équilibre sur l’île, méconnaît la volonté et les droits souverains égaux des Chypriotes turcs.


La Turquie a fortement désapprouvé l’accord signé lundi entre la France et Chypre concernant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. Qualifié ce jeudi de « provocation », Ankara a également estimé qu’il est « contraire au droit international ». « L’accord signé entre la France, qui n’a aucun statut de garant à Chypre, et l’administration chypriote grecque, visant à modifier unilatéralement le fragile équilibre sur l’île et ignorant les droits souverains égaux des Chypriotes turcs, est contraire aux accords de Chypre de 1960 et au droit international », a déclaré le ministère turc de la Défense dans un communiqué.

« Ces mesures […] dépourvues de toute légitimité et dont les conséquences n’ont pas été soigneusement étudiées pourraient avoir des conséquences dangereuses pour le sud de l’île », a ajouté le ministère turc, qui assure « suivre de près cette provocation visant à déstabiliser la Méditerranée orientale ». L’accord signé à Nicosie entre les ministres français et chypriote de la Défense fait suite au souhait exprimé en avril par le président français Emmanuel Macron et son homologue chypriote Nikos Christodoulides de faciliter l’accueil de forces françaises à Chypre « pour des opérations humanitaires en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient ».

Les forces armées françaises utilisent déjà Chypre comme base de déploiement et de soutien lors de crises régionales. « En tant que pays garant, nous continuerons à protéger les droits et les intérêts et à assurer la sécurité de la République turque de Chypre-Nord, comme nous l’avons fait par le passé », a précisé le ministère turc de la Défense en dénonçant des « attitudes hostiles ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà promis mercredi une « réponse très ferme » en cas d’« atteinte aux droits […] de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale ». L’île de Chypre est divisée depuis l’invasion par la Turquie le 20 juillet 1974 de sa partie nord, en réponse à un coup d’Etat de nationalistes chypriotes grecs visant à rattacher le pays à la Grèce. La partie nord de l’île, où se trouvent principalement des Chypriotes turcs et des colons turcs, a été autoproclamée République turque de Chypre-Nord en 1983, et ses autorités ne sont reconnues que par Ankara.