Belgique

Les parents devront-ils encore payer les fournitures scolaires ?

Des milliers de parents dont les enfants sont scolarisés dans l’enseignement libre ont reçu un courrier avec la question : « Souhaitez-vous fournir vous-mêmes le matériel scolaire de votre enfant » ? Le gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles a réduit le subside fournitures scolaires alloué pour chaque enfant de 75 à 25 euros, entraînant une économie espérée de 15 millions d’euros pour la Fédération.


« Souhaitez-vous fournir vous-mêmes le matériel scolaire de votre enfant ? »

Des milliers de parents dont les enfants sont inscrits dans l’enseignement libre ont reçu une lettre avec cette question surprenante. L’alternative est : « Souhaitez-vous que l’école fournisse le matériel scolaire de votre enfant ? »

Ce choix semble contradictoire, alors que le principe de gratuité est en vigueur dans l’enseignement fondamental depuis quatre ans (jusqu’en 4e année pour l’année scolaire en cours). De plus, le gouvernement en place a réaffirmé ce principe, prévoyant même son extension à la 5e année à la prochaine rentrée académique et à la 6e année en 2027-2028.

### Pour faire des économies dans l’enseignement

D’un côté, la gratuité de l’enseignement ; de l’autre, des économies. Le gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles, mené par le MR-Engagés, a réduit simultanément le subside pour fournitures scolaires alloué pour chaque enfant de 75 à 25 euros. L’économie attendue est d’environ 15 millions d’euros pour la Fédération Wallonie Bruxelles.

Dans une lettre adressée à tous les parents, l’école Saint-Jean-Baptiste de Namur évoque une situation budgétaire difficile :

« Les moyens octroyés ne permettent tout simplement pas de rencontrer les exigences (ndlr : de gratuité) fixées par le gouvernement. En tant que directions, nous refusons d’utiliser les subsides de fonctionnement, déjà insuffisants pour couvrir les besoins essentiels (entretien des bâtiments, matériel pédagogique, sécurité, énergie…) afin de compenser cette réduction. Ce serait mettre en péril la qualité même de l’enseignement que nous voulons offrir à vos enfants ainsi que la survie financière des établissements. »

### Les parents sollicités « sur base volontaire »

La situation est similaire à l’école de la Providence de Champion (environ 550 élèves). « Nous perdons environ 20.000 euros avec cette nouvelle norme de subside, explique la directrice Geneviève Timperman. Et nous ne pouvons pas réduire les autres dépenses de fonctionnement comme le chauffage, l’entretien des bâtiments, la surveillance des élèves pendant le temps de midi, etc. Pour les fournitures scolaires, nous sollicitons donc les parents sur base volontaire. Nous leur demandons s’ils ont les moyens d’offrir à leur enfant le matériel de base : les bics, les crayons, les gommes, les lattes, etc. Mais nous ne pouvons pas l’imposer. Ce serait contraire au principe de la gratuité. »

Les juristes du Secrétariat général de l’enseignement catholique (SEGEC) travaillent sur la question pour éviter que les écoles ne se retrouvent « hors-la-loi ».

### Une réalité différente dans l’enseignement public

Dans l’enseignement public, où la tradition de la gratuité scolaire est plus ancrée que dans le libre, la situation dépendra également de chaque pouvoir organisateur. La commune d’Andenne, par exemple, a décidé de ne pas solliciter les parents malgré la perte de subsides.

« Avant que le précédent gouvernement décide que l’enseignement fondamental devait être entièrement gratuit, nous fournissions déjà le matériel scolaire à nos élèves avec de l’argent communal, explique l’échevin de l’enseignement Benjamin Costantini. Nous ne remettrons pas ce principe en question. Par contre, il est clair qu’avec 25 euros au lieu de 75 euros de subsides de la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous perdons des moyens pour des activités comme des sorties au théâtre, au cinéma, des visites dans des musées, des conférences, etc. C’est clairement un recul pédagogique.«