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Coupe du monde 2026 : l’arbitre somalien regrette son « plus grand rêve » aux États-Unis

Omar Artan, âgé de 34 ans, a été désigné arbitre de l’année par la Confédération africaine de foot en 2025. Il a été renvoyé d’Istanbul vers les États-Unis après avoir été refusé à l’entrée pour des « problèmes liés à la vérification de ses antécédents ».


« Je suis très, très déçu », a déclaré Omar Artan dans un entretien téléphonique avec le quotidien américain, depuis Istanbul, la ville où il a été renvoyé après s’être vu refuser l’entrée sur le territoire des États-Unis. « Je ne suis qu’un arbitre qui tentait de vivre son rêve, le plus grand rêve de ma vie, participer à la Coupe du monde. »

Âgé de 34 ans, Omar Artan, qui a été désigné arbitre de l’année par la Confédération africaine de football en 2025, devait devenir le premier arbitre somalien à officier lors d’une phase finale de Coupe du monde.

« J’avais les bons documents, j’avais tout, j’avais le bon visa », a-t-il affirmé au New York Times, ajoutant avoir montré aux agents de l’immigration des documents de la FIFA ainsi que des photos de sa carrière.

Omar Artan a déclaré avoir été interrogé pendant onze heures avant d’être emmené dans une cellule de rétention où il a été détenu pendant plusieurs heures, avant d’être mis à bord d’un vol retour pour Istanbul, sans que les agents ne l’aient informé des raisons pour lesquelles il était interdit d’entrée sur le territoire américain.

« Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays », a-t-il indiqué, précisant qu’il serait de retour mercredi à Mogadiscio. La Somalie fait partie des nombreux pays dont les citoyens sont soumis à une interdiction de voyage aux États-Unis par l’administration de Donald Trump.

Contactée par l’AFP, la police aux frontières américaines (CBP) a expliqué que « le 6 juin, un ressortissant somalien est arrivé à l’aéroport international de Miami en provenance de l’aéroport international d’Istanbul (…). Au cours des formalités, le voyageur a été soumis à une inspection supplémentaire, une étape de routine ».

« À l’issue de l’inspection, le voyageur, un arbitre de la Coupe du monde, a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents et s’est vu refuser l’entrée sur le territoire », a ajouté l’agence dépendant de la Sécurité intérieure des États-Unis.

Cette affaire a suscité l’indignation en Somalie, où le ministère de la Jeunesse et des Sports a défendu « l’intégrité » d’Omar Artan et a regretté qu’il n’ait pas été possible d’annuler son renvoi malgré d' »intenses démarches diplomatiques et des négociations avec les autorités compétentes du gouvernement des États-Unis et de la FIFA, dans le but de parvenir à une résolution immédiate ».

La FIFA a pour sa part déclaré qu’elle ne pouvait pas intervenir dans les procédures d’immigration des pays hôtes.

Le responsable de l’équipe de la Maison Blanche chargée de l’organisation de la Coupe du monde de football, Andrew Giuliani, a assuré mardi que le renvoi d’un arbitre somalien et le refus de visas à des responsables de la sélection iranienne étaient motivés par « de bonnes raisons ».

« Jusqu’à présent, 35 équipes ont pu entrer aux États-Unis. Aucun joueur ni entraîneur ne s’est vu interdire l’accès », a déclaré M. Giuliani lors d’une discussion organisée par le groupe de réflexion Atlantic Council à Washington.

« Il y a eu des responsables qui se sont vu interdire l’entrée pour de bonnes raisons », a-t-il affirmé, précisant la nécessité d’empêcher « des acteurs malveillants de venir dans le pays sous couvert de la Coupe du monde » qui débute jeudi.

« Il y a eu un arbitre qui n’a pas été admis. Je ne peux pas entrer dans les détails, mais ce que je peux vous dire, c’est que c’était pour une très bonne raison », a assuré le responsable de la Maison Blanche, mentionnant des discussions avec le ministre de la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, et le chef de la police aux frontières (CBP).

Les raisons du refoulement d’Omar Artan, qui a notamment arbitré en Coupe d’Afrique des nations (CAN), ne sont pas connues. La CBP l’a justifié par des « problèmes liés à la vérification de ses antécédents ».

« Tout le personnel d’entraînement de l’équipe iranienne peut entrer. Il y a des responsables iraniens qui ne peuvent pas entrer, là encore pour de très bonnes raisons », a ajouté M. Giuliani, sans autre précision.

« Comme vous pouvez l’imaginer, il y a des gens qui prétendent être des entraîneurs mais ne le sont peut-être pas », a-t-il poursuivi, évoquant la possible présence parmi eux de personnes « travaillant directement avec les Gardiens de la Révolution », l’armée idéologique de la République islamique.

Les incertitudes quant à l’obtention des visas américains à cause du conflit en cours au Moyen-Orient ont forcé la sélection iranienne à relocaliser son camp de base de Tucson (Arizona) à Tijuana, au Mexique, bien qu’elle joue ses trois rencontres de groupe aux États-Unis.