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Anthropic dévoile Fable 5, le modèle d’intelligence artificielle le plus puissant.

La start-up Anthropic a lancé mardi Fable 5, la version la plus puissante de son intelligence artificielle accessible au grand public, tout en restreignant certaines réponses dans des domaines considérés comme sensibles. Le lancement de Fable 5 s’accompagne d’un tarif élevé – jusqu’à 50 dollars par million de « tokens », soit le double des prix pour Opus 4.8.

Anthropic progresse… avec prudence. La start-up américaine a lancé mardi Fable 5, sa version la plus puissante d’intelligence artificielle accessible au grand public. Toutefois, ce modèle est délibérément restreint dans certains domaines jugés sensibles.

Cybersécurité, ainsi que les risques biologiques et chimiques : l’entreprise a choisi de limiter certaines réponses. Ce changement de cap vient après avoir principalement orienté ses garde-fous sur l’utilisation informatique. Fable 5 est la version sécurisée du modèle Mythos, la gamme la plus avancée d’Anthropic. Une version non limitée, Claude Mythos 5, est parallèlement proposée à des entreprises, organisations et agences gouvernementales. Ce modèle est présenté comme capable de détecter et exploiter des vulnérabilités de sécurité « à une vitesse et avec une acuité sans précédent ».

Pourquoi autant de restrictions ?

Début avril, Anthropic a annoncé simultanément l’existence de Mythos et sa volonté de restreindre son accès à des partenaires de confiance pour renforcer leur protection cybersécuritaire. Cette annonce lui a valu des accusations de « marketing de la peur » et a suscité une agitation notable parmi les États et les institutions mondiales, afin d’évaluer l’état des menaces sur les infrastructures essentielles (bancaires, énergétiques, etc.).

Depuis, plusieurs entreprises ayant eu accès à Mythos ont confirmé ses capacités, et le gouvernement américain, bien que lésé par des différends avec Anthropic, a finalement testé le modèle. La Maison Blanche a depuis mis en place un dispositif d’évaluation facultatif pour les modèles d’IA américains les plus puissants, avant leur mise sur le marché. OpenAI, concurrent d’Anthropic, est sur le point de présenter la version 5.6 de son ChatGPT.

Haute sécurité comme argument de vente

Avec Fable 5, Anthropic élargit donc sa vigilance et son contrôle aux menaces d’attaques biologiques et chimiques. Le laboratoire évoque la conception de virus adéno-associés (AAV), qui peuvent être potentiellement dangereux tout en étant bénéfiques en thérapie génique. Pour cette raison, la version non restreinte sera accessible à des chercheurs en biologie soigneusement sélectionnés, indique l’entreprise. Selon elle, la majorité des requêtes concernant la cybersécurité ou la biologie reçoivent actuellement des réponses par le modèle inférieur, Opus 4.8, rendu public à la fin mai.

L’entreprise a également commencé des tests de « red teaming », en invitant des spécialistes à tenter de contourner ces protections. Résultat : aucun test n’a produit de « contournement universel » en 1.000 heures d’essai. Néanmoins, la société admet aussi ses propres limites : « il est probablement impossible d’empêcher complètement les contournements universels ».

La question de la sécurité, que la start-up de San Francisco a fait de l’un de ses principaux atouts commerciaux, l’a entraînée dans un conflit inédit avec l’administration Trump, en raison de son refus de lever ses restrictions sur la surveillance de masse et les armes létales autonomes. À la suite de cela, le Pentagone a annulé ses contrats avec l’entreprise, dont les outils d’IA étaient les seuls habilités secret défense.

Pression financière énorme

Le lancement de Fable 5 s’accompagne d’un tarif élevé – jusqu’à 50 dollars par million de « tokens », l’unité de mesure des requêtes et des résultats générés – soit le double du prix pour Opus 4.8. Une session intensive de programmation peut consommer un million de tokens en quelques heures, voire en moins de temps. Anthropic a récemment ajusté sa tarification pour tenir compte de l’accélération des agents IA, qui démultiplient souvent la consommation de « tokens ». Cependant, elle doit encore démontrer sa rentabilité à long terme, surtout en raison du coût élevé de la puissance de calcul requise pour l’IA.