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Ebola : Opposant blessé par la police au centre de quarantaine américain

La construction d’un centre de quarantaine réservé aux Américains susceptibles d’avoir contracté le virus Ebola suscite des manifestations au Kenya, où le pays n’a jamais enregistré de cas d’Ebola. D’après les derniers bilans de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rendus publics mardi, 550 cas d’Ebola ont été confirmés en République démocratique du Congo (RDC), dont 101 décès.


La construction d’un centre de quarantaine destiné aux Américains potentiellement exposés au virus Ebola suscite de vives réactions au Kenya. Dans ce pays d’Afrique de l’Est, qui n’a jamais enregistré de cas d’Ebola, l’ouverture de ce centre est à l’origine de manifestations intenses. Mardi, des affrontements ont éclaté à Nanyuki, une ville touristique, où des centaines de personnes s’étaient rassemblées. Un homme a été grièvement blessé par balle à la tête lors de ces incidents.

Des tirs ont été entendus sur place. Un homme, ensanglanté au niveau du crâne, a été aperçu, mais il est impossible de dire avec certitude s’il a succombé. La victime, immobile, a été transportée sans précaution dans un pick-up de la police kényane. Celle-ci est régulièrement critiquée pour son usage excessif de la force. Certains rapports font état du décès du manifestant.

L’épidémie de virus Ebola touche la République démocratique du Congo (RDC) depuis le 15 mai, un pays n’ayant pas de frontière avec le Kenya. « Nous n’avons pas cette maladie dans ce pays… Ils amènent un virus dans notre pays », a déclaré Zipporah, une manifestante. Selon les derniers bilans de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publiés mardi, 550 cas d’Ebola ont été confirmés en RDC, entraînant 101 décès. En Ouganda, l’OMS a également recensé 19 cas, dont deux décès, ainsi qu’un « cas probable, qui est mort ».

Le projet de centre de quarantaine fait l’objet d’une contestation judiciaire au Kenya, où la semaine dernière, la justice a ordonné sa suspension pour « l’intérêt commun ». Cependant, le gouvernement présidentiel de William Ruto a affirmé vouloir aller de l’avant avec ce projet, en précisant qu’il avait une obligation envers Washington en raison des années de soutien fourni. De son côté, le gouvernement américain a promis 13,5 millions de dollars (environ 117 millions d’euros) pour aider le Kenya à se préparer contre Ebola.