Coupe du monde 2026 : Omar Artan, meilleur arbitre africain 2025, écarté.
Omar Artan ne pourra ni s’entraîner, ni officier, lors de la Coupe du monde 2026, après s’être vu refuser l’entrée aux États-Unis. La police aux frontières américaines a indiqué que le voyageur, un arbitre de la Coupe du monde, a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents.
A cinq jours du début de la Coupe du monde de football 2026, l’arbitre somalien Omar Artan a vu son rêve s’effondrer samedi, à son arrivée aux États-Unis. Il a en effet été refoulé par la police aux frontières américaines (CBP), et la Fédération internationale de football (Fifa) n’est pas intervenue pour lui permettre d’officier durant ce Mondial.
« La Fifa confirme que l’arbitre Omar Abdulkadir Artan ne pourra ni s’entraîner, ni officier, lors de la Coupe du monde 2026, après s’être vu refuser l’entrée aux États-Unis », a indiqué lundi l’instance dans un communiqué. « La Fifa n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas, et elle a été informée par les autorités que le statut de M. Artan ne serait pas modifié pour le moment. »
Le refus d’entrée à Miami a été prononcé malgré « un visa en règle ». Selon la CBP, « le 6 juin, un ressortissant somalien est arrivé à l’aéroport international de Miami en provenance de l’aéroport international d’Istanbul ». Après une inspection supplémentaire, considérée comme une étape de routine, le voyageur a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents.
La décision de l’agence, dépendant de la Sécurité intérieure des États-Unis, peut sembler surprenante, puisque Omar Artan « disposait d’un visa en règle » sur son passeport diplomatique, a assuré lundi Ciise Aden Abshir, haut conseiller auprès du ministère somalien de la Jeunesse et des Sports.
Cette situation survient alors que la Somalie fait partie des pays frappés par une interdiction de voyage aux États-Unis imposée par l’administration Trump. En novembre dernier, Donald Trump avait qualifié la Somalie de « pays pourri », exprimant son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens de l’expulsion.
Omar Artan est « l’un des arbitres les plus respectés d’Afrique », et lui « refuser l’entrée aux États-Unis et l’empêcher d’officier porte préjudice non seulement à sa personne, mais sape également l’engagement du football en faveur de l’équité, du mérite et de l’esprit du fair-play », a regretté Ciise Aden Abshir. « La communauté du football devrait le soutenir en cette période difficile », a-t-il ajouté.
Omar Artan, qui devait devenir le premier arbitre somalien à participer à une Coupe du monde, a tenu à rester positif dans un communiqué : « Je promets de continuer à améliorer mon niveau et à me concentrer sur l’avenir. Malgré les circonstances, je suis de bonne humeur et je me concentre sur les défis à venir de ma carrière. Je souhaite à mes pairs le meilleur pour la Coupe du monde et je tiens à remercier la Fifa et la CAF pour tout leur soutien. »
Un « état d’esprit positif » d’autant plus remarquable qu’Omar Artan (34 ans) devait être le premier arbitre somalien à officier lors d’une phase finale de Coupe du monde. Il faisait partie des 52 arbitres sélectionnés pour le Mondial, coorganisé du 11 juin au 19 juillet par le Canada, le Mexique et les États-Unis.
« Je loue les efforts, le professionnalisme et l’intégrité démontrés par l’arbitre Omar, qui est devenu une source d’inspiration pour la nouvelle génération de Somaliens », s’était réjoui le président du pays Hassan Sheikh Mohamud lors de sa nomination. Cependant, le titulaire du statut Fifa depuis 2018, qui officie dans le championnat somalien et a été nommé meilleur arbitre de l’année 2025 par la Confédération africaine de football, a rencontré des difficultés avec la police aux frontières américaines.

