L’ONU alerte sur la dégradation accélérée des océans.
L’ONU alerte dans un rapport publié ce lundi que « la situation des océans s’aggrave », avec des conclusions qui exigent « une action urgente ». D’ici 2035, l’hypothèse d’un océan arctique sans aucune glace en fin d’été est considérée comme possible par les auteurs de la troisième Évaluation mondiale de l’océan.
Les océans sont en déclin, et la situation se détériore rapidement. L’ONU a publié ce lundi un rapport alarmant affirmant que « la situation des océans s’aggrave ». Pendant plusieurs années, 600 scientifiques provenant de 86 pays ont collaboré à cette évaluation globale. Le constat est sans appel : le réchauffement, la pollution et les pressions humaines s’intensifient, menaçant directement la vie marine.
Dans l’introduction de cette troisième Évaluation mondiale de l’océan (WOA III) de 1.350 pages, qui couvre la période de 2018 à 2023, les auteurs estiment que « ses conclusions exigent une action urgente ». Le message est limpide. « Nous ne pouvons pas continuer à considérer l’océan comme une ressource inépuisable », a affirmé António Guterres, secrétaire général de l’ONU. Le même sentiment se retrouve chez Greenpeace : « Ce rapport doit servir de signal d’alarme urgent ». L’organisation non gouvernementale appelle à l’établissement de zones marines entièrement protégées, exemptes d’exploitation humaine. L’objectif est de restreindre la pêche industrielle ainsi que l’extraction en eaux profondes, deux activités critiquées dans le rapport.
Le document met en exergue une accélération marquée du dérèglement. Un exemple éloquant : 16 % du réchauffement des océans sur les 70 dernières années a eu lieu depuis 2018. La montée des eaux s’est également intensifiée, passant d’environ 2 mm par an avant 2015 à 4,3 mm en 2023. Selon les scientifiques, l’Arctique pourrait même se retrouver sans glace d’ici 2035 à la fin de l’été. La pollution ne fléchit pas ; bien que certains contaminants diminuent, d’autres explosent, tels que les produits d’entretien, les résidus de médicaments et les plastiques. « La pollution est partout, jusque dans les fosses les plus profondes », prévient le scientifique Ian Butler. Chaque année, 52,1 millions de tonnes de plastique pénètrent dans l’océan, générant des milliards de particules et impactant plus de 4 000 espèces.
Les conséquences se multiplient. Les coraux se blanchissent, les tortues s’emmêlent dans le plastique, et la surpêche sévit… La biodiversité marine est fragilisée à tous les niveaux. « Si vous pêchez, vous constaterez que les poissons changent partout », déclare Ian Butler. Certains migrent vers les pôles ou plongent plus profondément, tandis que d’autres n’ont « tout simplement aucun avenir » à cause du manque d’habitat. Les auteurs soulignent que l’idée d’un océan arctique sans glace à la fin de l’été d’ici 2035 est désormais envisagée comme plausible. Bien qu’ils qualifient l’adoption du traité sur la haute mer, entré en vigueur en janvier, d’« étape décisive », ils notent également que « le défi consiste toujours à surmonter la fragmentation » entre les États et les intérêts sectoriels, à une époque où le multilatéralisme est en difficulté.

