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Roblox, jeu vidéo préféré des enfants, n’est pas à l’abri des pédocriminels.

Le 13 janvier, la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry a déclaré que Roblox serait un « repaire de pédocriminels ». Selon l’Office mineurs (Ofmin), en 2025, 500 signalements concernant Roblox ont été recensés, soit une hausse de 20 % par rapport à 2024.


En apparence, la plateforme de jeux vidéo Roblox ressemble à un concept de Lego numérique : coloré, créatif et inoffensif. Toutefois, elle dissimule aussi des rencontres préoccupantes. Le 13 janvier, la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a affirmé que Roblox serait un « repaire de pédocriminels ». Une déclaration marquante que les chiffres viennent confirmer. D’après des données relayées par plusieurs médias, dont *Elle*, l’Office mineurs (Ofmin), chargé de combattre les infractions les plus graves commises contre les moins de 18 ans, a recensé 500 signalements relatifs au site en 2025, ce qui représente une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente. En France, le parquet de Paris a confirmé à *20 Minutes* que la plateforme est mentionnée dans plusieurs enquêtes de pédocriminalité en cours, sans pouvoir fournir plus de détails.

Ces chiffres ne surprennent pas Véronique Béchu, présidente de l’association e-Enfance, qui gère la ligne d’écoute 3018. « La plateforme est régulièrement évoquée par des jeunes, même par des très jeunes », précise-t-elle. La méthode utilisée est souvent similaire : le « grooming ». Cela commence par établir un lien de confiance, parfois en se faisant passer pour un enfant. Ensuite, la communication est transférée vers d’autres plateformes (Discord, Snapchat, WhatsApp, Telegram…) afin d’échapper à la modération. Après avoir feint des sentiments amicaux, l’individu demande des contenus intimes, pouvant aller jusqu’à la sextorsion ou la rencontre physique.

Les faits documentés aux États-Unis illustrent ce mécanisme de manière troublante. Par exemple, en septembre 2025, une mère de l’Oklahoma a poursuivi *Roblox* en justice après qu’un homme dans la quarantaine, prétendant être un joueur de 15 ans, a contacté sa fille de 12 ans sur la plateforme et l’a contrainte à lui envoyer des images explicites sous la menace. En France, *Elle* a recueilli le témoignage d’une jeune fille qui a été contactée à l’âge de 11 ans et forcée d’avoir des relations sexuelles dans le jeu, puis d’échanger des contenus intimes sur Instagram.

Il est vrai que *Roblox* attire les enfants. Avec plus de 100 millions de joueurs quotidiens, la plateforme compte 40 % d’utilisateurs de moins de 13 ans, selon des données citées par France 3. Cependant, jusqu’à récemment, l’âge des utilisateurs déclarés lors de l’inscription pouvait facilement être falsifié. Suite aux critiques, *Roblox* a multiplié les annonces de sécurité : filtres dans le chat textuel, modération 24 heures sur 24, partage de technologies. Dans un communiqué adressé à *20 Minutes*, un porte-parole a affirmé que « bien qu’aucun système ne soit parfait, notre engagement en matière de sécurité est constant ».

La plateforme indique également collaborer avec les autorités compétentes dans le cadre des enquêtes. En novembre, elle a annoncé le déploiement d’un système de vérification d’âge par reconnaissance faciale, se félicitant d’être « la première grande plateforme à exiger une telle vérification ». Quelques semaines après, environ 45 % des 144 millions d’utilisateurs actifs quotidiens avaient complété la procédure, selon l’entreprise.

Cependant, pour Véronique Béchu, les résultats ne sont pas satisfaisants : « L’IA qui valide l’âge dysfonctionne. Les fonctionnalités actuelles ne permettent pas de protéger les enfants. » Les failles de ces technologies, utilisées aussi pour limiter l’accès des mineurs aux sites pornographiques, ont déjà été mises en lumière.

En janvier, l’État de l’Iowa a intenté une action en justice contre *Roblox*, accusant la plateforme d’avoir été présentée de manière trompeuse comme un espace sûr pour les enfants, tout en n’ayant pas mis en œuvre les protections élémentaires contre l’exploitation sexuelle. En France, le parquet de Paris n’a pas précisé si la plateforme elle-même faisait l’objet d’une procédure. Mais les associations continuent leur combat. E-Enfance sensibilise chaque année 200 000 personnes, principalement des scolaires, aux dangers du « grooming ». « Nous encourageons les enfants à en parler à leurs parents. Ils doivent réaliser qu’ils ne sont pas responsables et qu’ils ont été victimes d’une prédation », explique Véronique Béchu.

Pour les parents, le message est clair : ne pas compter uniquement sur les protections de la plateforme. « La vérification de l’âge n’est pas infaillible. Nous leur conseillons de consulter les fonctionnalités de contrôle parental disponibles et de jouer avec leurs enfants pour comprendre les contenus auxquels ils sont exposés », insiste la présidente d’e-Enfance. Des contrôles parentaux que *Roblox* affirme avoir renforcés, permettant notamment aux parents de bloquer la messagerie pour les utilisateurs de moins de 13 ans.

*En cas de situation de danger ou de signalement d’abus, contactez le 3018 (numéro national, gratuit, disponible 7 jours sur 7).*