Propos discriminants au JT : RTBF admet ses erreurs
Selin souligne que le principe d’égalité de traitement devrait s’appliquer avec rigueur pour toutes les communautés visées et rappelle que désigner une communauté comme source de « problèmes » peut constituer un terreau dangereux. Après avoir réécouté l’interview et consulté plusieurs responsables, il a été conclu que des propos discriminants ont été diffusés sans être suffisamment recadrés, une erreur que la rédaction assume.
Selin exprime clairement sa préoccupation : « Il paraît évident que des formulations telles qu’ ‘il y a beaucoup de problèmes avec les juifs’, ‘avec les noirs’ ou ‘avec les personnes homosexuelles’ n’auraient jamais été autorisées à l’antenne. Le principe d’égalité de traitement devrait s’appliquer avec la même rigueur, quelle que soit la communauté visée. » Elle souligne également que désigner une communauté comme source de « problèmes » peut favoriser une rhétorique dangereuse et appelle la rédaction à prendre les mesures éditoriales nécessaires.
AK, quant à lui, est plus direct : « Vous avez diffusé et donc propagé ces propos. »
### Ce qui s’est passé en coulisses
Après avoir reçu ces deux signalements, nous avons réécouté attentivement l’interview et consulté la journaliste concernée, le responsable de la rédaction liégeoise, le responsable du JT, et le directeur de l’information de l’époque, Jean-Pierre Jacqmin. La conclusion a été unanime : oui, des propos discriminants — établissant un amalgame entre musulman et terroriste — ont été diffusés sans avoir été suffisamment recadrés. Une erreur que la rédaction reconnaît.
De plus, le sujet avait été diffusé à deux reprises. La chaîne de validation a failli.
La question a ensuite été portée en comité éditorial, qui regroupe tous les responsables de l’information. Deux rappels ont été faits : d’abord, que certains propos tenus par des tiers peuvent nécessiter un recadrage éditorial, voire ne pas être diffusés s’ils enfreignent la loi Moureaux, qui condamne le racisme et la xénophobie. Ensuite, que chacun est responsable et doit avoir le réflexe d’alerter immédiatement lorsque de tels propos sont diffusés.
### Des excuses privées ne suffisent pas
L’un des deux téléspectateurs a accepté nos excuses, mais a soulevé un point légitime : des excuses privées ne suffisent pas. Ce qui a été dit publiquement doit être corrigé publiquement. C’est cette réflexion qui a conduit au rectificatif diffusé le samedi 30 mai, à 13 heures et à 19h30 : « La rédaction aurait dû questionner le propos et le remettre en perspective. »
Reconnaître ses erreurs est important. C’est la seule façon de mériter — et de conserver — la confiance des citoyens. Personne n’est infaillible, et assumer publiquement ses manquements est le signe d’un sérieux, non d’une faiblesse. J’ai la conviction que le nouveau directeur de l’information, Thomas Gadisseux, s’inscrit pleinement dans cette approche, tout comme son prédécesseur.
Pour contacter la médiation : www.rtbf.be/question

