La revue de presse : décret programme, personne n’a gagné !
La DH décrit la journée d’hier comme un « jeudi noir », où l’opposition PS – Ecolo – PTB s’est affrontée à la majorité MR – Les Engagés, dénonçant un « déni de démocratie ». Selon Sudinfo, les parents n’accepteront pas que leurs enfants restent à la maison faute d’écoles ouvertes, et maintenir les élèves éloignés des salles de classe pendant plusieurs mois serait une catastrophe.
Un « jeudi noir »

C’est ainsi que la DH évoque la journée d’hier. D’un côté, les portes du Parlement ont vu s’opposer une coalition PS – Ecolo – PTB en colère contre la majorité MR – Les Engagés, dénonçant un « déni de démocratie ». De l’autre, la rue a connu des débordements : vélos et trottinettes incendiés, pétards, et des forces de police mobilisées pour contenir des scènes proches de l’émeute, avec la présence d’enseignants, d’adolescents et de casseurs.
Pour Le Soir, c’est une véritable tempête qui s’abat sur Bruxelles. Le quotidien insiste sur le fait que la ministre de l’Éducation, qui avait promis un climat scolaire serein, doit maintenant faire face à une colère brute.
Valérie Glatigny et la ministre-présidente Élisabeth Degryse sont restées impassibles face aux événements dans la rue. Une attitude qui, selon le journal, reflète une rupture profonde entre deux mondes devenus incapables de se comprendre.
De son côté, Het Laatste Nieuws, observant la situation depuis la Flandre, pense qu’il aurait sans doute été possible d’agir différemment. Le quotidien rappelle que la Wallonie et Bruxelles fonctionnent toujours avec deux gouvernements et évoque, compte tenu des lourdes dettes, l’idée d’une fusion comme solution d’économies, considérant que deux gouvernements pour une même population ne constituent plus un luxe acceptable pour la Belgique francophone.
Des perdants à tous les étages

Pour La Libre, tout le monde ressort perdant de cette séquence.
Les enseignants sont les premiers, non seulement à cause du contenu du décret-programme, mais surtout à cause d’un sentiment prévalent de ne pas avoir été entendus ni respectés, dans un contexte déjà fragile.
Le monde politique suit, voyant des années de concertation balayées. Le journal rappelle que le Pacte pour un enseignement d’excellence reposait sur une construction collective avec les acteurs de terrain. Certes, le gouvernement devait réformer, concède La Libre, mais réformer sans inclure ceux qui mettront la réforme en œuvre est rarement une stratégie gagnante.
Enfin, les élèves, grands oubliés de cette crise, subissent directement les conséquences d’un dialogue devenu impossible. Ce sont eux, conclut le journal, qui paieront le prix d’un système incapable de se mettre d’accord sur leur avenir.
Vers un conflit durable ?

Dernière question posée par la presse : ce mouvement de protestation survivra-t-il à l’été ?
Sudinfo relaie les annonces des syndicats, qui promettent une mobilisation continue, tout en affichant un certain scepticisme sur la durabilité du mouvement.
Le quotidien s’interroge également sur l’état des écoles à la rentrée : le climat sera-t-il encore aussi tendu début septembre, ou les vacances d’été auront-elles permis d’apaiser la situation ?
Une certitude, selon Sudinfo : les parents n’accepteront pas que leurs enfants restent chez eux faute d’écoles ouvertes. Et pour les élèves, conclut le journal, les maintenir éloignés des salles de classe pendant plusieurs mois serait une catastrophe.

