Tunisie

Pharmacies privées : les retards de paiement de la CNAM ne sont plus supportables

Le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées a alerté sur la dégradation de la situation financière de la majorité des officines, estimant que tout nouveau retard dans le paiement des créances dues par la Caisse nationale d’assurance maladie serait désormais “inacceptable et insupportable”. Un communiqué publié jeudi indique que la CNAM a réaffirmé son engagement à respecter les accords précédemment conclus et à assurer les paiements relatifs aux mois de mai et juin, tout en travaillant à l’élaboration d’un accord couvrant les six prochains mois.


Le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées a signalé une détérioration de la situation financière de la plupart des officines, considérant qu’un nouveau retard dans le règlement des créances dues par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) serait désormais “inacceptable et insupportable”.

Cette alerte a été émise lors d’une réunion tenue mercredi entre les représentants du syndicat et les dirigeants de la CNAM, dédiée à l’analyse des difficultés financières du secteur ainsi qu’au suivi des accords précédemment établis sous l’égide du ministère des Affaires sociales.

Dans un communiqué publié jeudi, le syndicat a précisé que la CNAM a réaffirmé son engagement à respecter les accords précédents, lesquels ont été honorés au cours des quatre derniers mois malgré les contraintes rencontrées. La caisse a également promis d’assurer les paiements des mois de mai et juin, tout en travaillant à l’élaboration d’un accord clair couvrant les six mois à venir pour garantir la stabilité des relations contractuelles avec les pharmacies privées.

Le syndicat a fait remarquer que la réunion a permis d’aborder les effets des retards de paiement survenus en 2025, notamment sur la situation fiscale déjà instable des pharmacies. Ces retards ont occasionné, selon la même source, des pénalités financières supplémentaires ainsi qu’un alourdissement des charges sociales, les caisses sociales faisant appliquer des majorations lorsque les pharmacies tardent à régler leurs cotisations.

Les représentants des pharmaciens ont exprimé que le système fiscal actuel, marqué par ce qu’ils qualifient de « déséquilibres et d’injustice fiscale » à l’égard des pharmacies privées, n’est plus viable et exige des mesures urgentes pour garantir davantage d’équité et assurer la continuité du service pharmaceutique.

Cependant, le syndicat a affirmé qu’il demeurera responsable et soutiendra toute démarche de réforme sérieuse, tout en refusant toute situation qui pourrait imposer aux pharmacies des charges qu’elles ne peuvent plus assumer ou compromettre l’accès des citoyens aux médicaments.

La réunion a également abordé l’avancement du projet de numérisation des échanges entre la CNAM et les pharmaciens. Les deux parties se sont mises d’accord pour finaliser les conditions techniques nécessaires à la transition vers des services à distance, une initiative qui devrait permettre de réduire les erreurs administratives, simplifier les procédures, améliorer la qualité des transactions et renforcer la transparence.

Le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées a indiqué qu’il accueille favorablement ce projet de numérisation, tout en considérant qu’il ne répond pas encore totalement aux attentes des pharmaciens ni aux dispositions prévues par la législation actuelle. La transition complète au numérique dépend, selon le communiqué, de contraintes juridiques qui ne relèvent pas du ministère des Affaires sociales.