Obésité : « Je n’espérais même plus »… Remboursement partiel de Wegovy ou Mounjaro bientôt
Le Wegovy et le Mounjaro, deux traitements anti-obésité, vont être remboursés à partir de la mi-juin à hauteur de 65 % par la Sécurité Sociale pour certains patients. La prise en charge des deux traitements concernera uniquement les patients « éligibles à la chirurgie bariatrique », précise le site du service public.
C’est officiel : le Wegovy et le Mounjaro, deux traitements contre l’obésité, seront remboursés à partir de la mi-juin à hauteur de 65 % par la Sécurité Sociale pour certains patients. Cette annonce du gouvernement était très attendue : en France, près d’une personne sur deux est en surpoids ou obèse, selon les données de Santé publique France.
Effets secondaires, coût, symptômes… Les lecteurs de 20 Minutes partagent leur expérience avec ces traitements qu’ils jugent majoritairement efficaces, mais surtout coûteux.
Une solution qui « sauve la vie » mais qui a un coût
À l’annonce de la nouvelle, Mathilde s’est sentie soulagée. « Je n’espérais même plus », confie-t-elle après avoir perdu 30 kg en un an et demi grâce aux traitements contre l’obésité. Ayant testé le Saxenda, elle utilise maintenant le Wegovy. « Ce médicament me sauve clairement la vie », raconte-t-elle, ayant décidé de se traiter après une reprise de poids due à diverses pathologies. Satisfaite, Mathilde mentionne des migraines « à chaque nouveau palier d’augmentation ». Le principal inconvénient, pour elle ? Le coût. Un stylo de quatre injections lui revient à 170 euros par mois.
Même constat pour Sandra*. En seulement quatre mois, elle a perdu 21 kg avec le traitement Mounjaro, qu’elle considère comme « une aide immense ». En obésité morbide après de nombreux régimes infructueux, elle assure ne ressentir aucun effet secondaire. Cependant, elle prévient : « il faut une alimentation équilibrée et avoir une activité physique, ce n’est pas un médicament miracle. » Pour un stylo mensuel de 5 milligrammes, Sandra doit débourser 275 euros. « C’est un sacrifice, mais la santé n’a pas de prix », justifie-t-elle. Un luxe que Lydia ne peut se permettre. Satisfaite des résultats après un an sous Wegovy, elle déplore le coût trop élevé du traitement et refuse de payer plusieurs centaines d’euros par mois : « je n’arrive plus à suivre financièrement. »
« On trie les obèses et les pathologies »
La prise en charge des deux traitements, qui sera effective à partir du 15 juin, concernera uniquement les patients « éligibles à la chirurgie bariatrique », précise le site du service public. Cette opération est envisageable lorsque le patient présente un indice de masse corporelle (IMC) « égal ou supérieur à 40 (obésité massive) sans comorbidité » ou « égal ou supérieur à 35 (obésité sévère) avec comorbidité ».
« On trie les obèses et les pathologies », s’inquiète Marinette, qui a perdu 38 kg en un an avec le Mounjaro. « Je cotise, je paye mon traitement, et vu les annonces du gouvernement, je risque de le payer encore longtemps, ajoute-t-elle. Quand on a un IMC de 39,2 comme moi, on fait quoi ? »
« Reprendre le contrôle de leur santé »
De l’autre côté de la frontière, en Suisse, Reinwald dépense près de 300 euros par mois pour le Wegovy, qu’elle achète dans les pharmacies françaises malgré quelques effets secondaires (nausées et constipation). « Je continuerai probablement ce traitement au long cours même sans remboursement », déclare la patiente. Bien qu’elle n’y soit pas concernée, elle critique tout de même les modalités de prise en charge. « Une société solidaire ne trie pas les malades selon qu’ils “méritent” ou non d’être aidés, écrit cette femme en surpoids. Je refuse qu’on culpabilise les personnes qui essaient simplement de reprendre le contrôle de leur santé. »
Le gouvernement rappelle sur son site que la prise en charge par l’Assurance maladie sera effective à condition que les traitements soient prescrits par des professionnels et des structures « impliqués dans la prise en charge de l’obésité de niveaux de recours 2 et 3 ». La possibilité d’une prise en charge intégrale devra être vérifiée au cas par cas.
* Le prénom a été modifié.

