Belgique

Frédéric De Gucht (Anders) demande une enquête sur le foyer Anderlechtois, « pas contre le PS »

Anders exige la mise en place d’une commission d’enquête en raison de l’attribution des logements sociaux au Foyer anderlechtois. Frédéric De Gucht souligne que « la manière dont on attribue les logements sociaux à Bruxelles ne doit pas changer au niveau des procédures » d’ici au 21 juillet.

Un avis de tempête se lève au parlement bruxellois. Anders appelle à l’établissement d’une commission d’enquête sur l’attribution des logements sociaux au Foyer anderlechtois. Les députés bruxellois doivent se décider sur cette création de commission. Si le PS s’y oppose, quelles conséquences cela pourrait-il avoir ? « Je suis confiant que cette commission verra le jour. Je compte sur la logique et le bon sens de la politique bruxelloise« , déclare Frédéric De Gucht sur La Première – RTBF.

Est-ce un signal aux socialistes ? « Je parle pour mon parti et pour la logique en soi« , précise le président d’Anders. « Si, dans une telle situation, nous n’agissons pas, si nous ne montrons pas que le système est neutre et qu’il est possible de modifier les procédures qui ne fonctionnent pas, je ne vois pas l’intérêt de continuer à faire de la politique.« 

Pour Frédéric De Gucht, établir cette commission ne signifie pas que tout le monde soit coupable. « La présomption d’innocence existe en Belgique. » Il souligne que si le parquet doit accomplir son devoir, la politique doit aussi agir. « Nous avons besoin d’un signal fort à destination des citoyens. Il est essentiel de montrer que, s’il y a des malversations à mettre au jour, s’il y a des erreurs dans les procédures, il est impératif de revoir le système.« 

​​​​​​​Le gouvernement bruxellois est-il en péril ?

Pour Frédéric De Gucht, l’établissement de cette commission est crucial pour le message qu’il envoie à la population. « Il est nécessaire de remettre à l’ordre du jour cette situation afin de montrer aux citoyens que nous sommes engagés en politique.

Le risque est que cela puisse entraîner l’émergence d’une majorité alternative, excluant le PS. Cela entraînerait-il une rupture de confiance et pourrait-il bloquer le gouvernement bruxellois ? « Cette commission n’est pas une commission contre le PS. Elle vise à démontrer aux citoyens que la politique à Bruxelles est en mesure de prendre des initiatives, de trouver des solutions et d’éviter de pareils incidents à l’avenir.« 

Pour le président d’Anders, cette commission, « est dans l’intérêt de tous les partis, y compris du PS.« 

Une commission normale VS une commission d’enquête

Le président du Foyer, Lotfi Mostefa, est prêt à témoigner au sein d’une commission, mais pourquoi est-il nécessaire de mettre en place une commission d’enquête ? « Si nous ne créons pas une commission pour ce problème, quand le ferons-nous ? C’est la question que je me pose. Si Lotfi Mostefa n’a aucun problème avec une commission ordinaire, il n’a pas de raison de refuser une commission d’enquête.« 

D’après Frédéric De Gucht, il ne s’agit pas uniquement d’une personne, mais d’un système : « Nous devons envisager s’il est nécessaire de modifier les procédures d’attribution des logements sociaux à Bruxelles d’ici 2026.« 

Pour le président d’Anders, « l’enjeu est de lever les soupçons et de garantir que le système fonctionne pour ceux qui ont droit à un logement social. Il y a 60.000 personnes en attente d’un logement social. Par conséquent, les procédures doivent être claires et transparentes.« 

Avancer promptement et restaurer la confiance des citoyens

Karine Lalieux, Secrétaire d’Etat en charge du Logement, réaffirme qu’il n’y a eu aucune irrégularité et que toutes les procédures ont été respectées. Néanmoins, pour Frédéric De Gucht, « Je peux me fier aux arguments disponibles, et c’est la raison pour laquelle il faut une commission d’enquête : pour approfondir ces arguments et apporter des réponses rapides aux citoyens.« 

Il faut avancer et éviter que cela ne dure des mois : « D’ici au 21 juillet, il reste huit semaines. En Chine, on construit un bâtiment de 25 étages en ce temps. Nous devons être capables de redonner la confiance aux citoyens qu’ils méritent durant cette période.« 

Au-delà de cette commission, une procédure judiciaire est également en cours. « Le parquet doit accomplir son devoir, mais la politique, elle aussi, doit agir.« 

Frédéric De Gucht souligne la nécessité de restaurer la confiance des citoyens : « Elle n’est plus à la hauteur. Et si cela a été exposé dans un reportage, nous devons examiner le fond des choses. Il est crucial d’analyser les procédures et d’éliminer toute influence politique dans l’attribution des logements sociaux.«