Jean-Pierre Jacqmin n’est plus directeur de l’information à la RTBF.
Jean-Pierre Jacqmin a débuté à la RTBF en 1987 comme assistant et documentaliste, après avoir réussi l’examen de journaliste. Il devient directeur de l’information et des sports de la RTBF en 2008, mandat qui s’achève ce 31 mai, après 18 ans à ce poste.
C’est un mandat de 18 ans à la tête de l’information du service public qui se termine ce 31 mai. Une longue période, mais cela ne marque pas la fin d’une carrière déjà bien entamée avec près de 40 ans d’expérience.
### Des débuts de… documentaliste
Jean-Pierre Jacqmin a rejoint la RTBF après avoir réussi l’examen de journaliste en 1987, une épreuve sélective à laquelle de nombreux candidats n’ont pas pu se soumettre. Il fait partie des lauréats et débute ensuite comme assistant et documentaliste pour diverses émissions de radio et de télévision, telles que « Point de mire » et « Écran Témoin ».
« Un job de rêve », déclarera-t-il avec humour lors d’une interview ultérieure : « payé pour lire des journaux intéressants ! » « Une école d’exigence », se remémore-t-il aujourd’hui.
Il intègre ensuite le service des informations radio, où il présentera des journaux le matin et réalisera parallèlement des reportages en Belgique et à l’étranger. Il couvre ainsi des événements marquants comme la réunification de l’Europe après la chute du mur de Berlin et les premières élections démocratiques en Roumanie, sans oublier la guerre en ex-Yougoslavie. Aujourd’hui, il reconnaît qu’il aurait évité de mettre en danger ses équipes, à l’inverse des risques qu’il prenait à l’époque.
### Décollage…
Jean-Pierre Jacqmin se remémore avec plaisir certains moments marquants où sa passion et son métier se sont croisés. « J’ai décollé littéralement à bord de la conquête spatiale. Quel média vous permet d’assister au décollage de fusées russes, américaines et européennes ? Suivre l’intensité des conquérants belges de l’espace, Dirk Frimout et Frank Dewinne ? Des moments extraordinaires. »
En 1994, la RTBF lui confie la création, la production et la présentation de « Matin Première ». Ce sera le début de nombreuses interviews où il mettra à l’épreuve ses invités. Pendant quatorze ans, ses interviews, parfois piquantes, marqueront « La Première », s’inspirant d’une de ses références, Albert Londres : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, ni de causer du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »
### « Mieux protéger l’information »
Jean-Pierre Jacqmin quitte « Matin Première » pour devenir chef de rédaction de « La Première » jusqu’en 2008, date à laquelle il prend le poste de directeur de l’information et des sports de la RTBF. Dix-huit ans plus tard, son regard sur le passé révèle l’ampleur de la révolution technologique et l’adaptation du service public à un monde où l’information a profondément changé.
Il souligne d’abord la révolution technologique : « C’est une révolution dans la diffusion, avec une adaptation des formats tout en conservant la qualité des contenus. C’est un défi majeur. » Il s’interroge sur la légitimité de leur modèle face aux évolutions : « La question nous sera encore longtemps posée. »
Concernant l’adaptation du service public, il déclare : « Notre métier est essentiel pour la démocratie, mais certains tentent de le décrédibiliser. Cela peut toucher certaines populations et nous affecter à certains moments. »
Il ajoute : « Je suis sûr que, bientôt, l’information doit être mieux protégée et les équipes qui la produisent davantage respectées. Une société qui ne base pas ses décisions sur la réalité et l’honnêteté face à la vérité ne peut qu’en pâtir. »
Ce qu’il souhaite pour l’avenir de l’information de la RTBF, c’est de « rester le pôle d’excellence et de rigueur journalistique, maintenir et renforcer les moyens que nous avons développés au fil des ans. »
Dès l’annonce de la nomination de Thomas Gadisseux, Jean-Pierre Jacqmin a exprimé son soutien à son successeur, avec qui il collaborera étroitement dans les semaines à venir. La fin de son mandat ne signifie pas la fin de sa carrière, puisqu’il prendra en charge l’accompagnement de Thomas Gadisseux et la transmission des connaissances nécessaires à ses nouvelles fonctions.
Avant de profiter d’une retraite qui s’annonce bien méritée, Jean-Pierre Jacqmin s’investira pour la RTBF dans diverses missions, notamment en matière de déontologie, de partenariats internationaux et de rencontres avec le public.
Preuve qu’une fois au sommet, on peut encore s’impliquer à la base, dans ce que les journalistes appellent le terrain. Amateur de course à pied, il a couru moins de deux heures lors des 20 kilomètres de Bruxelles, illustrant ainsi une carrière dédiée au public avec des objectifs atteints.

