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Test Marstek Venus E 3.0 : l’une des batteries solaires les moins chères

La Marstek Venus E 3.0 mesure 48 × 62,4 × 15,3 cm et pèse 60 kg. La batterie est bridée à 800 watts en sortie lorsqu’elle est branchée sur une prise classique.


Et si vous pouviez installer une batterie solaire résidentielle en quelques minutes, sans aucun travaux ? Avec la baisse des prix du stockage, de nouvelles solutions se présentent avec une promesse forte : du « plug & play » pur. J’ai gardé la Marstek Venus E 3.0 branchée sur une prise standard dans mon garage pendant plusieurs mois. Entre l’installation rapide, le rendement énergétique et les aspects de sécurité électrique, voici ce qu’il y a à savoir avant de faire un choix.

Le marché des batteries solaires « plug & play » est en pleine expansion. Plusieurs marques comme Anker, EcoFlow, Zendure et Beem s’y lancent, entraînant une forte diminution des prix du kilowattheure stocké.

Marstek, marque chinoise auparavant davantage connue des professionnels, se positionne sur ce marché avec une promesse claire : du stockage domestique accessible, s’installant en quelques minutes sans toucher à l’installation solaire. J’ai testé la Venus E 3.0 chez moi pendant plusieurs mois. Voici mes conclusions.

### Une batterie qu’on oublie dans un coin

La première surprise concerne le format. La Venus E 3.0 mesure 48 × 62,4 × 15,3 cm, avec une profondeur de seulement 15 centimètres. Marstek annonce un boîtier 38,5 % plus compact que son prédécesseur, et cela se ressent : elle se glisse facilement derrière un meuble ou dans un garage.

Son emplacement chez moi est dans le garage, mais elle pourrait aussi bien s’intégrer dans un intérieur, grâce à son boîtier en aluminium moulé sous pression, à la façade réfléchissante et aux LED discrètes. L’ensemble est esthétiquement réussi, loin du gros bloc industriel à cacher.

Cependant, attention : compact ne veut pas dire léger. Le monobloc pèse 60 kg. Une équerre de fixation murale est fournie, mais avant de l’accrocher, il est essentiel de vérifier la capacité du mur à supporter ce poids. Si vous envisagez de la déplacer souvent, n’oubliez pas que ce n’est pas un objet léger.

Concernant le bruit, aucun souci à signaler. Le refroidissement est passif et la batterie ne dépasse pas 30 dB, c’est-à-dire qu’elle est inaudible. Elle est également certifiée IP65, pouvant donc être utilisée en extérieur, et Marstek garantit son fonctionnement jusqu’à -20 °C. J’ai préféré la garder à l’intérieur pour la sécurité, mais cette option existe.

### Une installation en cinq minutes, mais un bridage à la clé

C’est là la force de ce produit, et c’est ce qui m’a poussé à l’essayer. Face aux devis élevés pour une batterie résidentielle « classique » nécessitant un électricien, la Venus E 3.0 se branche simplement sur une prise murale standard. Un câble, et c’est tout.

La batterie est « AC-couplée » : elle n’a pas d’entrée solaire et ne se branche pas sur les panneaux, mais directement sur le réseau électrique de la maison.

Dans mon cas, les panneaux réinjectent leur production dans l’installation, et la batterie détecte le surplus grâce à un compteur intelligent placé dans le tableau électrique (compatible Shelly ou avec le compteur fourni par Marstek). Lorsqu’il y a un surplus, elle stocke, et en cas de consommation supérieure à la production, elle restitue de l’énergie. C’est simple.

Cependant, cette facilité a ses limites techniques. Connectée à une prise classique, la batterie est bridée à 800 watts en sortie. Cette restriction est due à des considérations physiques : se brancher « après fusible » sur une prise partagée risquerait de faire chauffer dangereusement les conducteurs domestiques. Les 800 watts (environ 3,5 A) restent dans les limites de sécurité.

En France, la réglementation joue également un rôle, comme expliqué dans un article précédent sur le sujet.

Il est possible de débrider jusqu’à 2 500 watts via l’application, mais cela nécessite certaines conditions : idéalement en affectant une ligne entière entre le tableau et la prise, câblée en 2,5 mm² et protégée par un disjoncteur de 16 A.

Sur le plan technique, bien que des tentatives aient été faites pour faire dépasser les 800 watts avec une prise standard, cela est à proscrire : une demande de 2 500 watts sur une prise partagée entraînerait une surchauffe des conducteurs. Pour rester conforme à la norme NF C 15-100, la ligne dédiée n’est pas une simple suggestion, c’est un prérequis.

### L’application : complète, mais l’IA tourne à vide en France

Tout se contrôle via l’application Marstek (disponible sur iOS et Android), fonctionnant en Wi-Fi 2,4 GHz. On peut suivre en temps réel l’état de charge, la puissance, l’historique et configurer les modes de fonctionnement. Quatre modes sont disponibles.

Le mode autoconsommation maximise l’utilisation de l’énergie solaire produite durant la journée pour la restituer le soir. Le mode manuel permet de programmer des plages de charge et de décharge, avec une puissance réglable de 30 à 2 500 watts par créneau.

Le mode UPS (onduleur) charge la batterie en permanence pour prendre le relais lors d’une coupure, avec une bascule annoncée à 15 ms, donc imperceptible pour les appareils essentiels.

Enfin, il y a le mode IA, censé optimiser automatiquement la charge et la décharge en fonction des prévisions météorologiques, de votre consommation et des signaux tarifaires. En cas de mauvais temps prévu le lendemain, la batterie se charge la veille pour décharger durant les heures où la production solaire est faible.

Malheureusement, ce mode IA ne fonctionne pas encore correctement en France. Il repose sur des plateformes de prix dynamiques comme Nord Pool, Tibber ou Octopus, et aucun fournisseur français n’était réellement intégré lors de mon essai.

C’est le seul véritable reproche que je peux faire à cette batterie : un logiciel encore perfectible, avec quelques traductions approximatives et des temps de réponse parfois un peu lents (changer la puissance ou arrêter une charge peut prendre quelques secondes).

L’application ne donne pas une impression de haute qualité, et des concurrents chinois présents en Europe comme Zendure ou Anker Solix réussissent à proposer une expérience logiciel supérieure.

Cependant, Marstek déploie régulièrement des mises à jour depuis le lancement, et une amélioration logicielle pourrait régler les problèmes de compatibilité de l’IA avec les offres dynamiques, en plus des simples heures pleines/heures creuses actuellement supportées. J’attends de voir.

Au sujet des heures creuses : la batterie peut tout à fait se recharger la nuit pour se décharger le jour. Toutefois, à moins de disposer d’une offre dynamique ou d’un tarif spécifique, l’intérêt de cette fonctionnalité est limité, sauf en période hivernale. Pour le reste de l’année, l’objectif principal reste le stockage de l’excédent solaire.

### Ce qu’elle change vraiment sur la facture

Les données de mon application sont révélatrices. Avec ses 5,12 kWh, la Venus E 3.0 peut alimenter une petite maison pendant une journée, à condition que les panneaux produisent suffisamment en parallèle. C’est le cas chez moi, avec 3 600 watts installés sur le toit, qui s’ajoutent à la batterie une fois celle-ci pleine. Cela permet d’alimenter sans problème une climatisation ou une pompe à piscine pendant la journée.

La chimie utilisée est du LiFePO4 (LFP), reconnue pour sa stabilité et sa longévité. Marstek garantit plus de 6 000 cycles tout en conservant 80 % de la capacité, ce qui équivaut à environ quinze ans à raison d’un cycle par jour, le tout sous une garantie de 10 ans.

Le rendement aller-retour mesuré (l’énergie réellement récupérée après stockage) est d’environ 83 %, contre 93 % annoncé par Marstek en conditions optimales. Il y a forcément une légère déperdition due au passage par le courant alternatif, mais elle demeure contenue.

Si les besoins augmentent, il est possible d’empiler jusqu’à trois modules pour atteindre 15,36 kWh et 7,5 kW en monophasé, soit l’équivalent d’un Tesla Powerwall d’entrée de gamme.

### Le rapport qualité-prix, le vrai argument

Quant à son prix, la Venus E 3.0 est disponible entre 1 349 et 1 499 €, selon les promotions et la présence ou non du compteur intelligent.

Cela revient à environ 300 € le kWh stocké, ce qui en fait l’une des solutions les plus abordables du marché pour cette capacité.

Marstek se démarque ainsi : peu de concurrents offrent une telle capacité et 2 500 watts de puissance bidirectionnelle à ce tarif.

Bien sûr, on peut penser aux alternatives (Anker Solix, EcoFlow ou Zendure), mais en se basant uniquement sur le prix au kilowattheure, la Venus E est difficile à égaler.

Il peut être utile de comparer avec notre test de l’Anker Solix, tout en réfléchissant à la viabilité réelle des batteries avant d’investir.

Nous vous conseillons également de lire notre dossier sur ce sujet pour calculer le retour sur investissement potentiel de cette batterie. Pensez à utiliser une IA comme GPT, Gemini ou Claude pour vous aider dans vos calculs, en exportant votre consommation annuelle via Enedis ou votre fournisseur d’électricité.

### Faut-il craquer ?

Après plusieurs mois d’utilisation, mon avis est globalement positif, mais nuancé. La Venus E 3.0 remplit bien son rôle : capter l’excédent solaire et le restituer le soir, sans travaux, silencieusement, et à un prix compétitif. Son format compact et son rendement élevé sont également des atouts.

Le logiciel reste à peaufiner, et notamment le mode IA, qui ne fonctionne pas encore comme promis en France. L’avenir dépendra de la capacité de Marstek à continuer les mises à jour.

Pour ceux qui souhaitent augmenter leur autoconsommation sans trop dépenser ni engager de travaux, c’est une option plutôt solide. Pour ceux espérant une optimisation complète de leurs consommations par une IA, il faudra patienter davantage. Ce qui rendra la prochaine mise à jour particulièrement attendue.

Quant à savoir si ces batteries deviennent indispensables pour les particuliers en France, c’est une autre question, mais la Venus E 3.0 en fait partie, rendant cette question légitime.

Enfin, la Marstek Venus E 3.0 remplaçant la Venus E 2.0, il existe probablement de bonnes affaires à faire avec l’ancienne version, qui présente une base technique similaire, mais dans un format plus lourd et encombrant.