Tunisie

Trottinette : Les dangers des deux-roues mis en lumière

Le week-end passé, sur la route reliant Tunis à La Marsa, un jeune homme et une jeune fille étaient perchés sur une trottinette électrique flambant neuve et ont failli perdre la vie après avoir été pressés par une voiture. En Algérie voisine, l’Association algérienne de protection des consommateurs a sollicité l’intervention urgente et ferme des autorités pour la confiscation immédiate de toute trottinette ou engin de déplacement personnel léger surpris en circulation sur les axes et autoroutes.

Certaines scènes, à force d’être observées, deviennent banales. C’est le cas de la tendance actuelle qui semble s’imposer tant auprès des autorités de sécurité que des usagers de la route, ainsi que des parents de jeunes enfants, avec les trottinettes électriques. Le nombre de ces dispositifs ne cesse d’augmenter. Au final, les jeunes, filles et garçons, qui utilisaient des vélomoteurs ont simplement fait le choix de la trottinette. Cet engin est léger, facile à utiliser, sans tracasseries administratives ni nécessité d’assurance, il peut circuler partout, permet de gagner du temps et peut même être embarqué dans divers lieux, y compris dans de grands magasins ou au marché.

La Presse — La question qui reste souvent sans réponse est celle des problèmes de sécurité posés par des centres urbains saturés où l’indiscipline est largement courante. Les routes deviennent de moins en moins praticables à cause d’un stationnement désordonné et d’objets divers laissés intentionnellement pour s’accaparer une partie de la chaussée. Les nids-de-poule, omniprésents, représentent également un danger.

Les risques augmentent avec la présence de ces engins qui circulent à grande vitesse, transportant deux personnes en même temps.

Sur la voie reliant le centre de Tunis aux banlieues environnantes, surgissent régulièrement des vélos et des trottinettes électriques qui apparaissent brusquement, en totale méconnaissance des règles de sécurité les plus basiques.

Qui est responsable ?

Le weekend dernier, sur la route entre Tunis et La Marsa, un jeune homme et une jeune fille circulaient sur une trottinette électrique neuve. Ils célébraient probablement l’acquisition de leur engin. Ces deux jeunes ont frôlé le drame. Poussés par une voiture roulant à une vitesse excessive, affolés par un klaxon agressif, ils ont brusquement manœuvré leur véhicule pour quitter la chaussée, tombant au sol. Ils auraient pu finir sous les roues de la voiture, mais s’en sont sortis avec des blessures légères.

Mais finalement, qui est le principal responsable de cette situation en cas d’accident ?

En Algérie, l’Association algérienne de protection des consommateurs a demandé une intervention urgente et stricte des autorités, ainsi qu’un arrêté visant la confiscation immédiate — et non une simple interdiction verbale — de toute trottinette ou engin de déplacement personnel léger circulant sur les routes et autoroutes, afin de faire respecter la loi et de protéger des vies humaines.

Banalisation des risques

«Le manque de conscience chez certains et la banalisation de la prise de risque avec des engins légers, dépourvus des moindres garanties de sécurité sur les routes, représentent une menace pour des vies innocentes et exposent les automobilistes à des dangers certains. L’association a également appelé à suspendre la circulation des trottinettes électriques sur les itinéraires dangereux, en tant que mesure préventive temporaire, en attendant des solutions réglementaires et juridiques définissant le cadre d’utilisation de ces engins et des espaces sécurisés qui leur sont réservés.

En Europe, il n’existe pas encore de réglementation uniforme mais un ensemble de législations nationales ou locales. La vitesse est généralement limitée à 20 ou 25 km/h selon le pays, et l’utilisation des pistes cyclables est la norme. L’âge minimum requis pour utiliser ces engins varie de 14 à 16 ans selon les pays.

L’autorité responsable de la circulation peut autoriser les trottinettes électriques sur les routes où la vitesse maximale autorisée atteint 80 km/h. Dans ce cadre, le port du casque est obligatoire, ainsi que le port d’un équipement rétro-réfléchissant et l’utilisation des feux de position allumés.

Il n’en reste pas moins qu’en notre pays, la question des deux-roues, qu’ils soient vélos, vélomoteurs ou désormais trottinettes, n’est pas encore prise au sérieux. En Europe, où le désordre sur les routes est moins présent et où des circuits cyclables existent pour protéger les usagers, des efforts sont déployés pour cerner les difficultés et trouver des solutions.

Le port du casque

Le port du casque (sans aborder les protections pour les coudes et les genoux) est envisagé par notre législation, mais peu d’usagers s’y conforment. Il n’y a aucune conséquence, et personne n’en parle. Pourtant, son utilisation est recommandée à tous les cyclistes, quel que soit le type de vélo ou de trottinette électrique, à l’échelle mondiale.

La surcharge est devenue pour nous une pratique courante, permettant à toute la famille, mari, femme et enfants, d’utiliser ce moyen de transport collectif.

La trottinette a ainsi fait son apparition face à l’absence de réaction. La limitation de la vitesse pourrait alors réduire les risques. Ni les vélos ni les trottinettes n’ont reçu l’attention nécessaire pour protéger les usagers. En fin de compte, ces moyens de locomotion ont été mis sur le marché sans qu’aucune limite ou précaution ne soit fixée.

Cela peut expliquer pourquoi les compagnies d’assurance hésitent à couvrir les vélomoteurs ou ce type de moyen de transport, sans établir de paramètres de sécurité et sans définir de sanctions sérieuses dans le cadre légal.

Doit-on attendre que des catastrophes se produisent pour agir ?