Belgique

Routes coupées et maisons inondées : récit d’une nuit sous les eaux.

Des trombes d’eau et des rues transformées en rivières ont été observées dans plusieurs régions du pays, entraînant des centaines d’interventions de secours durant la nuit de samedi. L’Institut royal météorologique (IRM) a maintenu une vigilance sur une large partie du territoire, de la Région bruxelloise à l’ensemble des provinces wallonnes, ainsi qu’au Limbourg et à la Flandre occidentale.


Des trombes d’eau, des rues transformées en rivières, des automobilistes piégés et des centaines d’interventions de secours. La soirée de samedi et une partie de la nuit ont été particulièrement agitées dans plusieurs régions du pays, touchées par de violents orages avec des pluies torrentielles, de la grêle et de fortes rafales de vent. De la Basse-Sambre à la Wallonie picarde, les intempéries ont causé des inondations, des coulées de boue et des fermetures de routes.

Dans un nouvel avertissement publié à l’aube, l’Institut royal météorologique (IRM) a maintenu une vigilance sur une vaste partie du territoire, incluant la Région bruxelloise, toutes les provinces wallonnes, le Limbourg et la Flandre occidentale.

L’Institut a mis en garde contre de nouveaux orages localement violents, susceptibles d’entraîner des débordements, des chutes de grêle et des dégâts liés aux rafales de vent. Bien que ces phénomènes devraient progressivement se limiter au centre et à l’est du pays, plusieurs régions du sud avaient déjà subi durant la nuit des précipitations d’une intensité remarquable, provoquant de sérieuses inondations.

Bien que l’IRM ait levé son avertissement en début de matinée, les conséquences des orages demeurent visibles dans de nombreuses communes durement touchées durant la nuit.

La Basse-Sambre, en province de Namur, a été durement touchée par les intempéries, avec des pompiers débordés. Peu après minuit, la zone de secours Val de Sambre comptait encore plus de 300 missions à exécuter, a mentionné le colonel Marc Gilbert, chef de corps.

« En 52 ans de carrière, j’ai rarement connu de telles précipitations », a-t-il déclaré.

Des personnes bloquées dans leurs voitures ont dû être secourues et le campement des reconstitutions de la Bataille de Ligny (Sombreffe) a dû être évacué en urgence. À Jemeppe-sur-Sambre, des personnes ont même dû être prises en charge après s’être réfugiées sur le toit de leur maison, tant la situation était catastrophique.

À minuit, environ une centaine d’interventions avaient déjà été réalisées, mais plus de 300 restaient à effectuer, alors que des pluies continuaient d’être attendues jusqu’au petit matin.

Les communes les plus touchées sont Jemeppe-sur-Sambre, Sambreville et Sombreffe.

Les réseaux d’égouttage ont été rapidement saturés, des cours d’eau ont débordé et des rues se sont transformées en rivières. Des coulées de boue sont également apparues des champs un peu partout.

« L’IRM nous avait classés en code orange, mais nous avons plutôt été en code rouge », a souligné Marc Gilbert. « Nous nous sommes retrouvés en très peu de temps avec 1,20 m d’eau par endroits. En 52 ans de carrière, j’ai rarement connu de telles précipitations », a-t-il précisé.

En tant que président de la Fédération royale des corps de sapeurs-pompiers de Belgique, il a également déploré que les pompiers, en sous-effectifs, soient complètement démunis face à l’ampleur des événements météorologiques.

Le plan d’urgence communal a été déclenché samedi en fin de journée dans la commune d’Aiseau-Presles (dans le Hainaut).

De violents orages, suivis de chutes de pluie et de grêle, ont frappé samedi soir les régions de Tournai, Antoing et Lessines. Le déluge a duré une demi-heure, sans interruption. Les pompiers ont lancé leurs premières interventions.

Les services de secours de Wallonie picarde ont activé une dizaine d’équipes de pompiers pour diverses interventions. À 21h30, aucune victime n’était à déplorer. Paradoxalement, alors qu’aucune goutte de pluie n’était tombée dans le Tournaisis tout au long de la journée et même en début de soirée, le déluge a éclaté vers 20h30. Durant un quart d’heure, le ciel s’est assombri et des bruits de tonnerre ont retenti. Vers 20h45, des trombes d’eau se sont abattues, rapidement suivies de chutes de grêle violentes. Vers 21h15, ce phénomène météorologique s’est arrêté brusquement et le soleil est revenu.

Les pompiers bruxellois ont comptabilisé un total de 26 interventions liées aux intempéries orageuses qui ont frappé la région de Bruxelles-Capitale durant la journée et la soirée de samedi, selon le porte-parole des pompiers, Walter Derieuw.

La plupart des interventions étaient en rapport avec des chaussées inondées et des infiltrations d’eau chez des particuliers.

Plusieurs routes ont été inondées dans la nuit de samedi à dimanche, selon la police fédérale de la route.

Dans la commune de Sambreville en province de Namur, la N98 à Keumiée a été inondée dans les deux sens. La situation s’est avérée dangereuse, entraînant la fermeture de la chaussée le temps du nettoyage, selon les informations du Service public de Wallonie relayées par la police fédérale de la route vers 04h00 du matin dimanche. Les pompiers ont dû intervenir massivement dans la région de la Basse-Sambre durant la nuit.

Plus tôt dans le Brabant wallon, le ring extérieur a été inondé en milieu de soirée à hauteur d’Ophain, en direction de Zaventem, dans la commune de Braine-l’Alleud. La chaussée a été fermée et la circulation arrêtée en raison de l’eau et de la boue sur la voirie. Une déviation a été mise en place.

En province de Liège, de la boue et de l’eau ont obstrué l’A604 à hauteur de Grâce-Hollogne, en direction de Seraing.

Dans le Hainaut, la N568 à hauteur de Farciennes en direction de la N90 a été fermée à cause de la dangereuse situation créée par les intempéries. L’IRM a signalé que l’alerte orange concernait toutes les provinces wallonnes et Bruxelles à partir de 17 heures.

Après quelques averses et orages encore présents dimanche matin dans l’est du pays, le temps devrait devenir généralement sec au fil de la journée, d’après les prévisions de l’Institut royal météorologique (IRM).