Algérie

Énergie solaire : l’Algérie parmi les 5 premiers en Afrique avec 2,1 GW importés en 2025

Selon le rapport mondial sur l’électricité 2026 publié par l’organisation Ember, les importations algériennes de panneaux solaires chinois ont atteint 2,1 gigawatts (GW) en 2025, contre à peine 0,35 GW l’année précédente. De plus, l’Algérie vise 27 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030, contre moins de 1 % aujourd’hui.


Sextuplé en un an. C’est le bond qu’a récemment confirmé le rapport mondial sur l’électricité 2026, publié par l’organisation Ember, spécialisée dans l’analyse des données énergétiques. Selon ce document, les importations algériennes de panneaux solaires chinois ont atteint 2,1 gigawatts (GW) en 2025, contre seulement 0,35 GW l’année précédente. Cette progression place désormais l’Algérie dans un cercle très restreint : celui des cinq nations africaines ayant dépassé le seuil symbolique du gigawatt importé en une seule année.

Aux côtés de l’Égypte (2,3 GW), du Nigeria, de l’Afrique du Sud et d’un quatrième pays du continent, l’Algérie s’affiche comme l’un des marchés solaires les plus dynamiques d’Afrique, une position d’autant plus remarquable que ce niveau d’importation était encore marginal il y a dix-huit mois.

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### Vers une souveraineté industrielle solaire en Algérie ?

La réponse réside dans une équation économique d’une simplicité saisissante. Le prix du kilowattheure solaire est tombé à trois centimes de dollar américain, après une chute des tarifs des modules photovoltaïques de 40 % à 50 % en un an et demi. À ce niveau, le solaire est moins cher que le diesel et également en-dessous des tarifs d’électricité pratiqués dans la majorité des pays africains.

Cependant, la logique algérienne va au-delà de la simple réduction des coûts énergétiques intérieurs. Chaque kilowattheure produit par l’énergie solaire représente un mètre cube de gaz naturel épargné, qui peut potentiellement être dirigé vers les marchés européens. La stratégie est doublement bénéfique : elle diminue la pression sur la consommation domestique de combustibles fossiles tout en maximisant les recettes gazières à l’étranger.

Actuellement, onze projets solaires sont programmés. Le plus avancé est une centrale de 300 mégawatts (MW) dans la wilaya de Biskra, dont les travaux ont officiellement commencé. Plusieurs centaines de techniciens sont déjà mobilisés sur place.

### L’Afrique, nouveau terrain de jeu du solaire mondial

Ce virage algérien s’inscrit dans une dynamique continentale sans précédent. Les exportations chinoises de modules photovoltaïques vers l’Afrique ont augmenté de 48 % entre 2024 et 2025, passant de 12,7 GW à 18,8 GW. Vingt pays africains ont battu leurs records d’importation au cours des douze mois se terminant en juin 2025. Plus révélateur encore : 25 nations ont dépassé le seuil des 100 MW importés, contre seulement 15 l’année précédente.

La baisse des prix des panneaux solaires est le principal moteur de cette tendance. Elle rend le solaire compétitif même dans des économies longtemps dépendantes des hydrocarbures, comme l’Égypte, le Nigeria et l’Algérie.

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### Entre importations et installations : la nuance qu’Ember soulève

Cependant, Ember formule une réserve importante. L’organisation souligne une faille dans les données disponibles : il n’existe pas de chiffres fiables permettant de savoir quelle proportion des panneaux importés a réellement été installée. Importer 2,1 GW de modules ne signifie pas nécessairement avoir 2,1 GW de capacité solaire connectée au réseau.

Cette distinction est essentielle pour évaluer l’impact réel de la transition énergétique en Algérie. Les délais logistiques, les procédures de raccordement et la capacité d’absorption des chantiers peuvent engendrer un décalage significatif entre les volumes achetés et la puissance effectivement intégrée au réseau national.

### Des projets structurants pour ancrer la transition dans la durée

Derrière les statistiques d’importation, un programme national s’organise. Sous la direction de Sonelgaz, l’Algérie pilote deux appels d’offres majeurs : le premier concerne 15 centrales solaires pour une capacité totale de 2 000 MW, et le second — intitulé « Solar 1000 » — inclut 5 centrales additionnelles. L’objectif est d’injecter 3 000 MW d’énergies renouvelables dans le réseau à court terme.

À long terme, le mégaprojet Tafouk 1 cristallise les ambitions du pays. Évalué à 3,6 milliards de dollars et s’étendant sur 6 400 hectares, ce complexe ambitionne une capacité de 4 GW, l’un des plus vastes d’Afrique. Par ailleurs, l’horizon 2035 fixe un objectif global de 15 000 MW d’énergies renouvelables installées.

Des discussions avancées sont également en cours avec le géant chinois LONGi pour établir une industrie de fabrication de panneaux solaires sur le sol algérien, une ambition qui transformerait le pays d’acheteur en producteur.

### Vers une souveraineté industrielle solaire ?

L’accélération des importations soulève inévitablement la question de la dépendance. Acheter massivement en Chine résout le problème à court terme, mais bâtir une filière locale — assemblage, maintenance, fabrication de cellules — représente l’étape suivante pour transformer cette dynamique en levier de souveraineté durable.

L’Algérie aspire également à 27 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030, alors qu’elle reste en dessous de 1 % actuellement. Le chemin reste long, mais les chiffres de 2025 démontrent, au moins, que le compteur avance désormais à pleine vitesse.

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