Belgique

Emmanuel Macchia dévoile son parcours : du casting sauvage à Cannes.

Emmanuel Macchia a été repéré par Lukas Dhont un jour après être sorti du réfectoire de son école. Le cinéaste belge raconte une histoire d’amour, de camaraderie et de théâtre durant la Première Guerre mondiale dans le film « Coward ».


Rien ne prédisposait Emmanuel Macchia à une carrière au cinéma. Il n’en avait d’ailleurs jamais vraiment rêvé, se consacrant à l’architecture de paysage. Pourtant, comme il l’a récemment confié au micro de nos collègues de La Première, son parcours ressemble à un conte de fées moderne.

Tout débute lors d’une journée ordinaire pour Emmanuel Macchia : « C’est Lukas (Dhont) qui m’a trouvé. Je sortais du réfectoire de mon école, et il nous a vus, mon ami et moi. Il s’est dit qu’il allait venir nous proposer de faire ce casting sauvage. Je ne m’attendais à rien en fait. Je voulais juste vivre l’expérience du casting pour m’amuser avec mes amis. Et au final… j’en suis là. »

Alors que le réalisateur belge excelle à révéler la douceur là où on ne l’attend pas, Emmanuel Macchia et Valentin Campagne ignorent encore dans quoi ils s’engagent ce jour-là.

« Au départ, ce n’est pas très précis. C’était plutôt un test de cohésion de groupe qu’autre chose. Pour voir comment on se situait dans le groupe, comment on interagissait, comment on racontait des histoires. Par la suite, les castings devenaient plus précis. On devait notamment y jouer des scènes du film, avec d’autres acteurs pour voir s’il y avait alchimie », raconte-t-il. « On a quelques idées sur l’histoire, mais ça reste très flou encore une fois. On a quelques ruptures à faire avec d’autres personnages, des disputes, puis des scènes d’amusement par exemple. On se demande vraiment de quel film il s’agit ! »

Avec le temps et les castings, la trame narrative de « Coward » se précise pour les jeunes acteurs. Après « Girl » et « Close », le cinéaste belge délaisse les récits contemporains pour plonger dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, sans jamais représenter la guerre comme un simple spectacle militaire.

Lukas Dhont leur révèle alors cette histoire d’amour, de camaraderie et de théâtre, qui émerge au sein d’une troupe dont le rôle est de divertir les autres soldats malgré le chaos environnant. C’est donc un premier rôle ambitieux pour Emmanuel Macchia, qui doit apprendre à désapprendre : « Sur le moment, je ne pensais pas directement aux conditions de tournage, pour être honnête. Je me demandais surtout comment j’allais jouer toutes ces émotions. Je ne suis pas acteur à la base, donc même les émotions les plus simples, c’était un gros challenge. Les émotions plus fortes, comme la tristesse ou les pleurs… c’était vraiment compliqué. Au départ, je ne savais pas pleurer, puis j’ai appris. Il (Lukas Dhont) m’a vraiment décadenassé par rapport à tout ça. »

Il s’agit d’une histoire vraie, intime et fragile, dont seul Dhont a le secret. Contrairement à de nombreux films de guerre qui glorifient l’héroïsme viril, « Coward » s’intéresse plutôt aux gestes discrets, aux regards, aux moments suspendus entre deux bombardements.

Et une histoire qui séduit le carolo : « Déjà, je suis fan de cette histoire dont on ne parle pas. Je trouve ça magnifique qu’on puisse en parler maintenant de cet amour entre deux soldats. Ou encore deux hommes qui s’habillent en femmes. On n’en parlait pas et je trouvais ça magnifique. La camaraderie entre soldats, c’était vraiment quelque chose de beau à jouer. »

Sans surprise, Lukas Dhont laisse une empreinte indélébile dans l’esprit du jeune acteur belge : « Il est très humain, très doux. Il m’a appris beaucoup de choses sur moi-même, notamment l’acceptation de soi. C’est un très grand exemple, je trouve. »

Cette douceur transparaît dans les quelques images capturées lors de la montée des marches de l’équipe du film. Un moment marqué par cette mythique remise des prix, dont Emmanuel Macchia se souviendra encore longtemps : « Il y a beaucoup d’incompréhension parce que je n’avais jamais pensé à gagner ce prix au milieu de ces grands acteurs. Je ne me sentais pas trop légitime en réalité. Mais quand j’ai entendu qu’on l’avait gagné avec Valentin (Campagne), c’est une immense fierté qui m’envahit. Si on devait le gagner, on voulait le gagner ensemble ce prix. On a grandi ensemble et découvert tout ça ensemble. »