« Moi ministre du Budget » : l’enquête 2026 sur les choix budgétaires des Belges
40% des Wallons demandent de baisser les taxes, comparé à 33% des Bruxellois et 25% des Flamands. En Wallonie, 31% des électeurs se positionnent en faveur d’augmenter les budgets, tandis que 26% préfèrent les réduire, et 41% estiment qu’il faut les maintenir en l’état.
Et si les citoyens de Wallonie étaient les plus fervents partisans d’une réduction des impôts ? C’est ce qu’indique l’enquête nationale menée par la RTBF, VRT et De Standaard, réalisée par l’Université d’Anvers et l’ULB (méthodologie en bas de l’article) concernant le budget de l’État. Plus de 5000 électeurs ont été invités à classer quatre objectifs budgétaires selon leurs priorités. Les résultats montrent que 40% des Wallons, bien plus que les 33% de Bruxellois ou les 25% de Flamands, réclament une baisse des taxes.
La première observation concerne les trois principaux postes de dépense : les pensions, les soins de santé et l’éducation, qui représentent ensemble 48% des dépenses totales de l’État belge. Aucune des trois régions du pays ne souhaite réduire ces dépenses. En effet, 60% des électeurs en Wallonie et à Bruxelles, ainsi que 50% en Flandre, estiment qu’il faut davantage investir dans les soins de santé et l’éducation.
Quelles économies pourraient donc être réalisées ? Les trois régions s’accordent à dire qu’il faut opérer des réductions dans l’administration, avec 77% en Flandre, 51% à Bruxelles et 47% en Wallonie. Bien que ce poste ne représente que 6,9% des dépenses, il est le premier auquel les citoyens s’attaquent. Les habitants des trois régions recommandent également de réduire le budget du chômage et de l’intégration sociale (4,4% du budget de l’État), mais les avis divergent, avec 51% pour faire des économies en Flandre contre 41% en Wallonie et 33% à Bruxelles.
Les Wallons et les Bruxellois sont aussi une majorité (respectivement 43% et 38%) à estimer nécessaire de réduire les dépenses économiques, alors que seulement 16% et 21% pensent qu’il faut les augmenter. Cela concerne les subventions aux entreprises, les réductions d’impôts et de cotisations sociales qui représentent 7,4% des dépenses de l’État. Notons que les Francophones ne sont pas à l’unisson avec les Flamands sur cette question. Les électeurs des trois régions préconisent également des économies dans le budget des loisirs, de la culture et des religions (2,3% des dépenses), surtout en Flandre (51%), moins en Wallonie (37%) et à Bruxelles (32%).
D’autres postes de dépense, en revanche, devraient connaître une augmentation selon le panel de citoyens interrogés, tels que l’ordre public et la sécurité, la famille et l’enfance, le handicap et les maladies, la mobilité, ainsi que l’environnement, la recherche fondamentale et la Défense.
Le retour du clivage entre gauche et droite sur les économies et les dépenses est également notable. Certains postes de dépenses devraient être réduits, d’autres soutenus. Quelle économie au final ? La dernière visualisation a simplement additionné les réponses de chaque sondé sur chacun des postes de dépenses, et les a mises en relation avec le parti pour lequel il voterait. Les auteurs de cette étude précisent toutefois que ces données ne permettent pas de déterminer l’ampleur de ces économies et dépenses supplémentaires souhaitées, et que chaque poste budgétaire a été traité de manière égale.
Cela dit, les résultats n’ont rien de très surprenant. En Wallonie, les électeurs sont légèrement plus nombreux à vouloir augmenter les budgets (31%) qu’à les réduire (26%), mais le plus grand groupe (41%) considère surtout qu’il faut les maintenir en l’état.
Les électeurs de gauche (PS, PTB et surtout Ecolo) sont plus nombreux à vouloir augmenter les budgets (environ 40-45%) que ceux qui souhaitent les réduire (20%), tandis que les sympathisants des Engagés se rapprochent également de cette philosophie. Au MR, l’électorat est équitablement réparti entre ces deux pôles, avec une petite moitié de l’électorat préférant le statu quo.
« Le cliché selon lequel la gauche souhaite dépenser davantage tandis que la droite souhaite dépenser moins se vérifie donc dans une certaine mesure en Wallonie », résument les experts. « Mais les différences entre les partis ne sont pas très marquées. Il n’est sûrement pas vrai que la droite souhaite faire des économies partout et la gauche nullement. »
La situation est similaire à Bruxelles, où les partis MR, Engagés et DéFI sont divisés sur la question, et où une majorité des partis de gauche, ainsi que la totalité de la région, privilégient une augmentation des budgets.
En Flandre, la progression gauche-droite est quasiment linéaire : ce sont les électeurs du PTB-PVDA qui demandent le plus d’augmentations des budgets, suivis des sympathisants de Groen, de Vooruit et du CD&V. En revanche, c’est l’extrême droite qui prône les réductions, suivie par la N-VA, Anders et le CD&V. Cependant, le groupe majoritaire en Flandre (43%) est plutôt en faveur d’un statu quo, bien que les précautions méthodologiques liées à cet exercice doivent être soulignées.

