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L’Union européenne met en place une stratégie contre la pénurie de semi-conducteurs.

Bruxelles s’apprête à utiliser des manœuvres protectionnistes pour ne pas être prise en sandwich entre la Chine et les États-Unis. D’après un brouillon de loi, la Commission envisagerait d’intervenir directement dans les chaînes de production européennes pour forcer les entreprises à produire des semi-conducteurs à destination du Vieux Continent.

À une époque où les processeurs et autres puces mobiles deviennent des éléments essentiels pour la souveraineté technologique, Bruxelles se prépare à adopter des mesures protectionnistes fortes pour ne pas se retrouver entre la Chine et les États-Unis.
Crédit : Laura Ockel – Unsplash

L’affaire Nexperia aurait-elle inspiré les décideurs européens ? Fin 2025, le gouvernement néerlandais a pris le contrôle de cette entreprise de fabrication de puces, appartenant au groupe chinois Wingtech, pour éviter que son activité cruciale ne soit délocalisée. Cela a engendré un conflit juridique et économique qui fragilise encore l’industrie automobile à ce jour.

Cependant, Bruxelles serait prête à agir de manière similaire, selon le Financial Times. D’après un projet de loi, la Commission envisagerait d’intervenir directement dans les chaînes de production en Europe pour contraindre les entreprises à produire des semi-conducteurs destinés au continent.

Contraindre les fabricants européens

Concrètement, en invoquant une situation d’exception, l’Europe pourrait contraindre les fabricants de puces à suspendre leurs contrats avec des entreprises étrangères afin « d’obliger les fabricants de semi-conducteurs à prioriser les commandes de produits essentiels en période de crise ». Parmi ces secteurs critiques se trouveraient l’activité militaire, hospitalière et numérique européenne. De lourdes amendes seraient également envisagées pour forcer les entreprises à être totalement transparentes sur leurs capacités de production.

De manière moins agressive, Bruxelles envisage de centraliser les commandes de semi-conducteurs, afin de renforcer sa position dans les négociations avec les puissances étrangères, comme cela avait été fait pendant la crise des vaccins contre le Covid. Les stocks seraient ensuite redistribués entre les 27 États membres.

Le risque taïwanais

Ces stratégies protectionnistes visent à diminuer la dépendance de l’Europe à l’égard des entreprises étrangères, en particulier Taïwan. Ce pays abrite TSMC, le fabricant incontournable de puces, qui fournit plus de 90 % des puces modernes, mais fait face à une pression militaire de la Chine, qui menace d’envahir l’île pour en prendre le contrôle.

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Sur le plan diplomatique, un « Chips Act 2.0 » serait également en préparation pour atteindre les 20 % de production européenne promis par Bruxelles depuis 2022. Actuellement, l’Europe représente 10 % de la production mondiale, mais pourrait injecter 120 milliards d’euros dans ce secteur pour accélérer le processus. Des assouplissements concernant les audits écologiques nécessaires avant l’implantation d’usines de semi-conducteurs seraient également envisagés.