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PSG-Arsenal : « Regarder avec n’importe qui, je ne peux pas… » Supporters isolés chez eux pour la finale

Samedi soir, 48.000 supporteurs du PSG prendront place au Parc des Princes pour suivre la finale de Ligue des champions contre Arsenal. Laurent, 55 ans, regarde les matchs en solitaire, sur son téléphone ou sa télé.

Samedi soir, 48 000 fans du PSG seront présents au Parc des Princes pour suivre la finale de Ligue des champions contre Arsenal, devant quatre grands écrans. Jusqu’à 8 000 personnes se rassembleront au stade Georges-Lefèvre à Saint-Germain-en-Laye pour une retransmission en plein air. Des milliers d’autres se retrouveront dans les bars, tandis que certains préfèreront la solitude, loin de cette effervescence, dans un cadre plus calme. Un choix délibéré, pour optimiser leur expérience.

« C’est un moment pour moi »

Pour Arnaud, qui a grandi dans le 15e arrondissement, toute autre option est inconcevable. « Je comprends qu’on puisse vouloir aller dans un bar ou être avec des amis. Chacun vit cela à sa manière. Pour moi, c’est hors de question pour un match comme celui-ci. » Il restera chez lui, dans le Val-d’Oise, comme en 2025. « J’ai un très bon ami avec qui je regarde parfois des matchs, mais ceux qui ont moins d’importance. Il m’a déjà proposé d’aller dans des bars, mais je lui ai dit :  »Ah non, moi, c’est à la maison ». Je n’arrive pas à vivre le match comme il faut quand je ne suis pas chez moi. Donc pour les matchs importants, il ne me contactera même plus ! »

Non, Arnaud n’est pas ochlophobe (la peur de la foule). Il veut simplement être à 100 % dans « son » match. « Si je suis avec des amis, ils peuvent me parler, mais je ne leur réponds même pas, je suis trop absorbé par le match ! Je ne vois pas l’intérêt d’être entouré si c’est pour être, de toute façon, dans ma bulle. Autant être confortablement installé chez moi, sur mon canapé. »

La parade des champions d'Europe, le 1er juin 2025, sur les Champs-Elysées.
La parade des champions d’Europe, le 1er juin 2025, sur les Champs-Elysées. - Gabrielle CEZARD/SIPA

Laurent, 55 ans, assistait aux matchs dans la tribune Boulogne à la fin des années 1980. Il vit désormais loin de la capitale et regarde les matchs en solitaire, sur son téléphone ou à la télévision. « Je me sens très bien à regarder les matchs comme ça. C’est un moment pour moi. Je le partage ensuite avec mon fils et d’autres personnes, une fois que le match est terminé. Mais le match, je le vis tout seul. » Et cela sans un brin d’amertume. « Ça peut être explosif, sourit-il. Je peux sauter sur le canapé, même tout seul ! »

S’éloigner des bavards

Être seul permet aussi de maîtriser son environnement. La certitude d’avoir une bonne place. La certitude que la télévision ne se mettra pas en veille parce que le patron du bar a perdu la télécommande. La certitude d’éviter une compagnie trop bavarde. « En 2022, pendant la finale de la Coupe du monde, la mère de mes amis faisait des remarques du genre  »oh la la, ils sont nuls » ou  »bon, bah ils feront mieux la prochaine fois ». C’est insupportable d’entendre ça, raconte Cyril. Perdre un match comme ça, ça met les nerfs à rude épreuve, alors devoir supporter des commentaires pareils… Je me suis promis de ne jamais y retourner pour un match si leur mère n’était pas occupée loin de chez eux (rires). » On peut le comprendre : mieux vaut être seul que mal accompagné.

« Tout seul, c’est stressant, du début à la fin, mais on est à un mètre de la télévision, on ne bouge pas une oreille. Pas de bruit, la télé à fond, c’est très bien comme ça, acquiesce Samir, lassé par des expériences exaspérantes. Je vis parfois cela mieux que lorsque j’y ai trop de monde. Il y a toujours ceux qui parlent… Regarder le match avec n’importe qui, je ne peux pas. Pendant des années, j’ai regardé des matchs dehors, dans des chichas, dans des cafés, etc. Moi, j’aime être concentré, je n’ai pas le temps de débattre avec un anti-Parisien ou un supporter adverse en plein match. »

Arnaud partage ce besoin de se concentrer à 100 % sur le match. « Si je suis avec des gens, je vais parler, mais au final, je vais me dire que je n’ai pas vécu le match comme il fallait. Tout seul, j’apprécie davantage les aspects tactiques, je suis plus dans l’analyse du match. » Cela ne l’empêchera pas de fêter le jour où le PSG remportera sa deuxième étoile.