Belgique

Sarah, compagne de Paolo Falzone : ‘Paolo n’a pas reconnu son fils’

Sarah, âgée de 40 ans, est employée administrative et a témoigné car la maman de Paolo a trouvé que ce serait « positif pour Paolo ». Elle a rencontré Paolo à la mi-mars 2024 sur Snapchat et, un mois et demi après leur rencontre, elle a effectué un test de grossesse positif le 29 avril.


Elle est grande et mince, vêtue d’une longue robe noire ajustée, de escarpins à talons et d’un petit sac noir avec une bandoulière en chaînette dorée. Sarah, 40 ans, travaille comme employée administrative. Elle a accepté de témoigner car la mère de Paolo a jugé que cela serait « positif pour Paolo« .

Leur rencontre a eu lieu sur Snapchat. Elle raconte : « On a parlé tous les jours pendant un mois, puis je suis allée chez lui« . Elle le connaissait un peu via Facebook, mais ne le connaissait « pas vraiment« . Elle précise qu’elle le voyait depuis plus de 10 ans.

En 2024, elle reçoit une demande d’ajout en tant qu’amie. « Ça m’a surprise, parce que je pensais qu’il était en prison« . Elle explique qu’elle lui a posé la question et « il m’a tout de suite dit la vérité. Que c’était un accident, que c’était triste« .

Je suis très vite tombée enceinte. C’est quelque chose qu’on voulait tous les deux. On en avait parlé.

Sarah confie avoir eu un peu peur au début et avoir interrompu les contacts. Cependant, il est revenu vers elle. « Il était très gentil, ça s’est très bien passé. J’ai eu un bon feeling« . Ensuite, Sarah rend visite à Paolo chaque week-end. « Je suis très vite tombée enceinte« , dit-elle. « C’est quelque chose qu’on voulait tous les deux. On en avait parlé. Moi, je ne peux pas prendre la pilule à cause de soucis de santé. On savait que ça pouvait aller très vite. »

Un bébé, un mois et demi après leur rencontre

La rencontre a eu lieu à la mi-mars. « Le 29 avril, j’ai fait un test précoce et il était positif. » À 38 ans, elle souhaitait fonder une famille. « On était d’accord (…) On était contents. Et il a voulu tout de suite le dire à sa famille. » Elle n’avait jamais rencontré les parents de Paolo. La présidente s’étonne : « Donc, le même jour, vous avez annoncé aux parents que vous étiez sa compagne et que vous étiez enceinte. Tout en même temps ?« . Sarah acquiesce et décrit la joie des parents de Paolo : « Ils étaient super contents. Ils pleuraient. » Sarah dément les spéculations suggérant qu’ « il fallait faire un enfant à tout prix pour améliorer l’image de Paolo« .

L’enfant est né début 2025. Bien qu’ils ne vivaient pas ensemble au départ, ils ont décidé de le faire après la naissance. « Ça se passe très bien, c’est lui qui s’occupe tout le temps du petit parce que moi je travaille et je prends des cours du soir. »

La présidente demande qui supporte les frais. « Ses parents m’aident, mais sinon, c’est moi« , répond Sarah. Les parents de Paolo s’occupent d’une partie des courses et des frais médicaux. La présidente fait remarquer une phrase de sa déposition sur le rôle des parents : « Ils achètent tout ce qu’il faut pour le petit« , et demande : « Vous confirmez ?« . Sarah répond : « Oui, mais j’ai aussi un salaire, les allocations, ça va. Je prends les choses en charge. »

Le rôle décisionnel de la maman de Paolo

Elle explique que la vie à la maison est difficile. « Il essaie de ne pas pleurer devant le petit. Mais c’est quand même lui qui va le mettre au lit le soir même s’il est épuisé. » (Elle pleure).

La présidente questionne sur ses activités quotidiennes. « Il s’occupe du petit, il fait du sport« . La magistrate demande : « Pas de tâches ménagères ? » « Oui, un peu« , répond-elle, ajoutant : « Sinon, le reste, c’est canapé« .

Le petit ne porte pas le nom de son père « pour le protéger« . C’est la mère de Paolo qui a fortement conseillé à Sarah de ne pas le reconnaître pour l’instant. « C’est prévu que Paolo reconnaisse son fils dès que possible après le procès« . La présidente s’interroge : « Pourquoi pas avant ? » « C’est sa maman qui a dit que ce serait mieux comme ça« . C’est également la mère de Paolo qui a convaincu Sarah de témoigner de l’existence de l’enfant car « ce serait bien pour Paolo« . La présidente souligne cette contradiction.

Paolo espère reprendre le travail le plus vite possible

Sarah parle ensuite de la vie de famille et des perspectives de Paolo Falzone. La présidente cite une phrase de sa déposition : « Paolo espère reprendre le travail le plus vite possible. Je pense qu’il a compris la leçon. » Martine Baes cherche à savoir quand Paolo envisage de retrouver une vie « en liberté ». Sarah ne sait pas. Un autre questionnement : « A-t-il un jour évoqué la prise en charge financière de cet enfant ?« . Elle répond : « Pas vraiment. Mais un jour ou l’autre, il reviendra dans la vie active. »

Je préfère un papa qui l’aime et qui le désirait vraiment, même si c’est derrière des murs

Interrogée sur les difficultés futures pour le petit si son père est condamné, Sarah déclare : « Je préfère un papa qui l’aime et qui le désirait vraiment, même si c’est derrière des murs, qu’un papa qui est là mais qui est absent. Je sais qu’il sera là pour lui toute sa vie. »

La phrase de trop sur les réseaux

Lors de l’audition, un malaise se fait sentir lorsque l’avocat David Gelay (parties civiles) évoque un post de Sarah sur les réseaux sociaux, dans lequel elle écrit : « La route, c’est fait pour les voitures ; le trottoir, c’est fait pour les piétons« .

La présidente lui demande : « Pourquoi écrire ce genre de choses ? » Sarah répond : « Parce que pour moi, Paolo est responsable, mais il y a aussi le manque de sécurité. » La présidente note que la responsabilité de Paolo n’apparaît pas dans ce post. Maître Gelay insiste sur le fait que ce message a blessé les victimes, les désignant comme responsables de leur propre malheur. Il interroge Sarah : « C’est comme ça que vous concevez le drame à l’intérieur de votre couple ? » « Non, mais vous n’avez pas la deuxième partie du message, qui dit qu’il aurait fallu plus de sécurité« , conclut-elle.

Grégory, le frère de Frédéric d’Andrea (le gille décédé), réagit : « Les piétons, c’est sur le trottoir ; et le code de la route, c’est fait pour être respecté« . Il s’adresse alors au jury : « Nous aussi on pourrait publier ça sur Facebook ! »

Me D’Agristina continue d’interroger l’accusé sur la reconnaissance de l’enfant. La présidente ajoute : « Pourquoi ne pas l’avoir reconnu ? Quand comptez-vous le faire ? Parce que, administrativement, c’est parfaitement possible« . Paolo, hésitant, conclut : « On verra plus tard. »

Cet après-midi, le jury sera amené à découvrir davantage la personnalité du second accusé, Antonino Falzone, dont les parents et sœurs seront appelés à témoigner.