Chine : Un dissident ne s’échappe pas vers la Corée du Sud en canot pneumatique
Dong Guangping, un défenseur chinois des droits humains, a fui la Chine à bord d’un canot pneumatique et a rejoint les côtes de Corée du Sud, selon son avocat, qui a confirmé son identité. Selon un rapport d’experts de l’ONU, le dissident a passé environ trois ans en prison à partir de 2001 pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État ».
Traversée périlleuse. Dong Guangping, un défenseur chinois des droits humains ayant été emprisonné à plusieurs reprises par Pékin, a fui la Chine à bord d’un canot pneumatique et a atteint les côtes de Corée du Sud, a annoncé mercredi son avocat. Cet homme de 68 ans a été repéré lundi soir par les forces sud-coréennes alors qu’il dérivait au large de la côte ouest du pays sur un canot pneumatique de 3,3 mètres équipé d’un moteur de 9,9 chevaux, a précisé la police. Il a été conduit sur le territoire sud-coréen pour y être interrogé, suspecté d’avoir enfreint les lois sur l’immigration.
Son avocat sud-coréen, Kim Joo-kwang, a confirmé son identité, tout en refusant de donner des détails sur le point de départ de cette traversée. L’avocat a ajouté que la situation actuelle de son client est « très probablement un cas de demande d’asile politique ».
Opposé au Parti communiste chinois. Dong Guangping, ex-policier, est connu pour son opposition au Parti communiste chinois et pour son plaidoyer en faveur de réformes politiques et des droits humains. Il avait été renvoyé de la police après avoir signé une pétition, dix ans après la répression du mouvement pro-démocratique de la place Tiananmen à Pékin en 1989, selon Human Rights in China, ONG basée aux États-Unis.
Selon un rapport d’experts de l’ONU, le dissident a passé environ trois ans en prison à partir de 2001 pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État ». Il a été à nouveau détenu en 2014 pour des activités liées à la mémoire de Tiananmen. Il avait fui en Thaïlande avec sa famille, qui s’est ensuite installée au Canada avec le statut de réfugiés. Cependant, pour sa part, Dong Guangping avait été remis à la police chinoise en 2015 par les autorités thaïlandaises, malgré son statut de réfugié reconnu par l’ONU.
Arrivé inconscient. Sa traversée vers la Corée du Sud a été signalée par l’activiste pro-démocratie Sheng Xue, résidant au Canada. « Dong Guangping est vraiment résilient et courageux ! […] Je lui ai parlé hier soir. Dong a dit qu’il était inconscient lorsqu’il est arrivé dans les eaux sud-coréennes. Il n’avait pas dormi depuis plus de cinquante heures et se trouvait en mer depuis plus de trente heures, exposé aux vents marins », a-t-elle expliqué dans un message sur X. Le dissident était parti de Weihai, dans la province du Shandong (est de la Chine), « après une inspection et des préparatifs minutieux », a-t-elle ajouté.
Séoul a accordé l’asile politique à un nombre restreint de demandeurs depuis le début du traitement formel des demandes de réfugiés en 1994, malgré des dizaines de milliers de requêtes. Le ministère des Affaires étrangères sud-coréen n’a pas répondu mercredi aux sollicitations de l’AFP.

