Remigration : l’extrême droite de Flandre cherche à banaliser ce concept.
L’extrême droite de toute l’Europe se donne rendez-vous au Portugal pour un sommet sur la remigration le week-end prochain. Fin avril, un autre meeting avait rassemblé plusieurs milliers de manifestants à Milan.
L’extrême droite européenne se donne rendez-vous au Portugal le week-end prochain pour un sommet consacré à la remigration. Fin avril, un autre rassemblement avait attiré plusieurs milliers de manifestants à Milan. En Belgique, le club étudiant d’extrême droite flamand NSV avait organisé une manifestation animée fin mars dans les rues de Louvain. Les participants y défendent le concept de « remigration », qui prône le renvoi des étrangers « non-assimilés ». Que signifie exactement ce terme et quel est l’objectif de sa banalisation ?
### Qu’est-ce que la remigration ?
Selon Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang, interrogé par DaarDaar lors de la manifestation du NSV du 26 mars, « La remigration, c’est le renvoi d’illégaux, d’étrangers criminels, des personnes qui sont ici seulement pour profiter de notre sécurité sociale et les extrémistes musulmans qui incitent à la violence. »
### Un phénomène qui ne se limite pas à la Flandre
Louvain, Milan et maintenant Porto : les manifestations en faveur de la remigration se multiplient à travers l’Europe depuis le début de l’année.
Benjamin Biard affirme : « J’ai tendance à parler d’une galaxie d’extrême droite qui ne connaît pas de frontières. Même s’ils n’entreprennent pas tous les mêmes répertoires d’action, ces mouvements gravitent autour de la définition minimale d’extrême droite : inégalitarisme, nationalisme et radicalisme. »
Le spécialiste de l’extrême droite du Crisp évoque le groupe identitaire Schild & Vrienden : « C’est un mouvement qui s’est développé sur le modèle de génération identitaire en France, qui s’est lui-même inspiré du mouvement identitaire autrichien IBÖ. Les ramifications peuvent être variées. »
Parmi les figures clés attendues au sommet sur la remigration à Porto ce week-end figurent des personnalités de l’extrême droite européenne, telles que le Portugais Afonso Gonçalves et le Flamand Dries Van Langenhove, fondateur de Schild & Vrienden.
### Gagner la bataille culturelle avant les urnes
Cette campagne autour de la remigration est vue par Benjamin Biard comme une bataille culturelle menée par l’extrême droite : « La volonté est d’imposer son vocabulaire, mais aussi les idées qu’il comporte en se disant qu’une fois cette bataille menée, il ne restera plus qu’à remporter la victoire politique. Dries Van Langenhove ne s’en est jamais caché : il a toujours indiqué qu’il voulait faire de la métapolitique. »
Des termes comme « Francocide », « grand remplacement », « racisme anti-blanc », « remigration » sont tous destinés à remporter l’hégémonie culturelle, selon François Debras : « Ils souhaitent coloniser nos esprits, ils jouent sur les émotions de la population. Ils préparent le terrain idéologique pour faciliter des politiques publiques et tenter d’arriver au pouvoir afin de changer les institutions depuis l’intérieur. »
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[Article réalisé en collaboration avec DaarDaar, le site qui propose le meilleur de l’actualité flamande en français].

