France

Rennes : Le Parlement se réunit trois semaines pour protéger un homme.

A compter du mardi 26 mai et pendant trois semaines, les abords du parlement de Bretagne ne seront accessibles qu’aux piétons. Neuf hommes de nationalité azéri seront jugés pour avoir tenté d’assassiner Mahammad Mirzali du 26 mai au 12 juin devant la cour d’assises spéciale d’Ille-et-Vilaine.


La place sera libérée de ses véhicules. À partir du mardi 26 mai et pendant trois semaines, les alentours du parlement de Bretagne seront exclusivement ouverts aux piétons. L’accès au bâtiment emblématique de Rennes sera strictement contrôlé avec des mesures de sécurité renforcées. Les personnes souhaitant y entrer devront passer par un tunnel à rayons X ainsi qu’un portique de sécurité. La raison ? Un procès sous haute surveillance se déroulera du 26 mai au 12 juin devant la cour d’assises spéciale d’Ille-et-Vilaine. Neuf hommes y seront jugés pour avoir tenté d’assassiner Mahammad Mirzali, un journaliste indépendant et opposant au régime azerbaïdjanais. Après avoir fui son pays, ce blogueur azéri est toujours la cible de tentatives de meurtre. Il a été visé à au moins trois reprises par des individus désireux de mettre fin à ses jours.

L’influence du régime politique de Bakou pèse sur chacune des tentatives, tout comme celle de la mafia d’Europe de l’Est. La lutte de Mahammad Mirzali contre la corruption dérange certains, qui cherchent à l’éliminer. Actuellement, le blogueur bénéficie d’une protection renforcée à Nantes. Son adresse est gardée secrète, même pour ses propres parents, également réfugiés. Chaque sortie nécessite qu’il soit escorté par la police et transporté dans un véhicule blindé. « Le peu d’amis qu’il me reste craint de me contacter. Je dois souvent changer de numéro. Je vis en prison », a déclaré Mahammad Mirzali à Ouest-France.

À partir de mardi, neuf hommes de nationalité azérie seront jugés. Trois de ces hommes sont accusés de tentative de meurtre en bande organisée, tandis que six sont suspectés de complicité. Ils sont suspectés d’avoir tenté d’assassiner le blogueur en plein jour, en plein centre-ville de Nantes. Le 14 mars 2021, armés de couteaux et de cutters, trois hommes ont agressé Mahammad Mirzali, lui portant seize coups avant de prendre la fuite et de se disperser à travers l’Europe. Mais le jeune homme a survécu, comme un dernier avertissement. « Ils voulaient me couper la langue et les oreilles », a-t-il rapporté à nos confrères. En 2020, l’opposant azéri avait déjà été la cible d’une fusillade. Il a été blessé, mais a réussi à s’en sortir. Selon la justice française, une nouvelle tentative de meurtre a été empêchée en 2022. L’un des hommes jugés par la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine est soupçonné d’y avoir participé.

Les trois hommes accusés de tentative de meurtre risquent la réclusion criminelle à perpétuité, tandis que ceux poursuivis pour complicité encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Par mesure de sécurité, les caméras seront interdites à l’intérieur du parlement. Une décision que la victime ne comprend pas, lui qui souhaite que ce procès soit un combat pour la liberté d’expression.