Accord avec Téhéran : Washington agira « d’une autre manière » sur l’Iran.
Ce lundi, l’Iran mentionne des progrès dans les négociations pour mettre fin à la guerre, mais le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précise que « de là à dire que la signature d’un accord est imminente, personne ne peut l’affirmer ». Les avoirs iraniens à l’étranger, bloqués en raison des sanctions américaines, représentent des milliards de dollars.
Quelles sont les petites phrases du jour ? Ce lundi, l’Iran annonce des avancées dans les pourparlers visant à mettre fin à la guerre, mais le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précise notamment ceci : « de là à dire que la signature d’un accord est imminente, personne ne peut l’affirmer », tout en condamnant l’attitude changeante des États-Unis. Du côté américain, Donald Trump déclare : « L’accord avec l’Iran sera soit excellent et significatif, soit il n’y aura pas d’accord. » Marco Rubio, en visite à New Delhi, ajoute : « soit un bon accord est conclu avec Téhéran, soit Washington s’occupera de l’Iran d’une autre manière. » La menace est clairement présente.
Les négociateurs évoluent donc sur une ligne délicate, même s’ils affirment avancer. Les États-Unis déclarent ce lundi être toujours proches de conclure un accord solide avec l’Iran. Selon Marco Rubio, il existe « quelque chose de très concret sur la table » concernant la réouverture du détroit d’Ormuz et des « négociations très concrètes, significatives et limitées dans le temps sur la question du nucléaire. »
Qu’en est-il du détroit d’Ormuz ? L’Iran ne chercherait plus à percevoir des péages mais demanderait plutôt aux navires de couvrir certains frais. « Les services fournis, à savoir les services de navigation ainsi que les mesures nécessaires à la protection de l’environnement du détroit d’Ormuz, du golfe Persique et de la mer d’Oman, nécessitent la perception de certains frais », a déclaré ce matin Esmaïl Baghaï lors de sa conférence de presse quotidienne. Cela pourrait-il ouvrir la voie à un compromis pour obtenir la levée du blocus américain sur les ports iraniens ?
Concernant le nucléaire, bien que Marco Rubio affirme le contraire, Téhéran ne souhaite pas (pour l’instant) aborder ce sujet, alors qu’Israël insiste sur « la nécessité d’éliminer entièrement la menace nucléaire. »
Pour Donald Trump, un bon accord signifie garantir que l’Iran ne développe pas d’armes nucléaires et que le détroit d’Ormuz soit rouvert pour mettre fin aux tensions énergétiques qui font grimper les prix du carburant et nuisent à la popularité du président américain. Les désaccords portent également sur d’autres sujets, tels que les avoirs iraniens bloqués à l’étranger et le cessez-le-feu au Liban.
Les avoirs iraniens à l’étranger, gelés à cause des sanctions américaines, représentent des milliards de dollars. L’Iran exige la libération d’une partie de ces actifs dès la première étape et l’établissement d’un mécanisme clair pour garantir le déblocage des autres fonds, comme l’indiquent des informations recueillies par l’agence de presse privée iranienne Tasnim, qui signale que des désaccords persistent à ce sujet.
Le front libanais constitue un autre point de tension. Téhéran, allié au Hezbollah, demande un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban. Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que Donald Trump avait réaffirmé « le droit » d’Israël à se défendre. Deux ministres israéliens d’extrême droite ont également appelé à intensifier les hostilités contre le Hezbollah pro-iranien au Liban.
Toutefois, rien n’est figé. Le ballet diplomatique se poursuit ce lundi à Doha, où une délégation iranienne de haut niveau est arrivée. Les discussions porteront sur Ormuz, l’uranium enrichi, et les fonds gelés dans le cadre d’un éventuel accord final entre Washington et Téhéran.
Pendant ce temps, la circulation des petites phrases continue en coulisses, au micro des journalistes ou sur les réseaux sociaux.

