Roland-Garros 2026 : À 18h15, un Français ne remporte enfin un set
Lors de la première journée à Roland-Garros, les joueurs français ont été éliminés sans avoir remporté un seul set. À 18h15, Quentin Halys a réussi à offrir à la France son premier set du tournoi après six matchs et plus de douze heures de jeu.
À Roland-Garros,
Ce premier jour à Roland-Garros, qui a eu lieu dimanche, n’a pas offert aux supporters français les exploits espérés. Les premiers en lice, Arthur Gea contre Karen Khachanov, Clara Burel face à Katie Volynets et Benjamin Bonzi contre Alexander Zverev, n’ont jamais pu contester la hiérarchie. À tel point qu’au cours de l’après-midi, on se demandait quand un joueur français réussirait à gagner un set.
Frustrations pour Bonzi et Droguet
Un peu plus tôt, Gea avait frôlé l’exploit, alors que le repas à la cantine n’était pas encore terminé. Après avoir surmonté un léger problème intestinal qui avait gâché son début de match, ce joueur de 21 ans a réussi à breaker Khachanov pour mener 5-4 dans le deuxième set sur le Lenglen. Cependant, il a ensuite connu un jeu de service difficile, cédant finalement le tie-break au Russe. Le finaliste du Challenger de Zadar de ces dernières semaines n’a pas pu se relever de cela, subissant un sévère 6-0 dans le set décisif.
« Je ne me sentais vraiment pas bien du tout ce matin, ça s’est aggravé pendant le match, » a-t-il expliqué par la suite. « On m’a donné un médicament, ça allait un peu mieux mais j’avais encore très mal. C’est venu ce matin au réveil, ça allait quand même pour s’échauffer, mais avec la chaleur en plus, c’était difficile. »

La situation n’était pas meilleure sur les autres courts. Tandis que Davidovich Fokina et Dzumhur se livraient à un duel intense de plus de quatre heures sur le court 14 (victoire de l’Espagnol 6-3 au cinquième set), nos joueurs français sont tous repartis à la maison sans ménagement, à l’instar de Kyrian Jacquet face à l’Argentin Trugelliti. Cela n’a rien d’illogique compte tenu des adversaires, mais un écart de classement n’a jamais empêché des matchs serrés. « Je me sentais prêt à jouer ce match, mais ça n’a pas répondu comme je l’aurais voulu, » avouait Benjamin Bonzi, déçu de n’avoir pas poussé davantage le numéro 3 mondial.
All-in sur Halys
Un souffle d’espoir est apparu à l’heure du goûter, lorsque Titouan Droguet, jusque-là en difficulté face à Jakub Mensik, a réussi à débreaker le Tchèque pour égaliser à 4-4 dans le troisième set. À peine eu-t-il le temps d’y croire qu’il a commencé à ressentir des crampes dans le jeu suivant. Son physique, déjà hésitant depuis quelques jeux, n’a pas tenu. Malgré le soutien du public du Simonne-Mathieu, la défaite est survenue 15 minutes plus tard.
« J’ai eu des crampes très tôt, dès le deuxième set. Ça ne m’était jamais arrivé, » a-t-il affirmé après coup. « Je me rapproche des 100 au classement mondial, je me mets la pression, j’ai envie de bien faire et je me suis laissé submerger par le stress. Je suis déçu de ne pas avoir donné au public ce qu’il méritait. »
Au fil des minutes, alors que Fiona Ferro voyait les jeux défiler face à Mirra Andreeva, le constat devenait de plus en plus clair : la lumière viendrait probablement de Quentin Halys.
Le 90e joueur mondial, qui avait été éliminé au troisième tour l’an dernier par Holger Rune après un combat acharné en cinq sets, ne pouvait pas nous laisser tomber. Pas contre Mattia Bellucci, un gaucher italien n’ayant jamais passé un tour à Roland-Garros. C’est le moment d’agir.
Supérieur dans le jeu, Halys prend rapidement l’ascendant sur son adversaire. À 5-3, il sert pour le set. La tension monte dans les tribunes, et l’effervescence se fait sentir dans la salle de presse. Tous les regards sont rivés sur ce match, créant une atmosphère comparable à celle d’une séance de tirs au but en finale de Coupe du monde. Puis, à 18h15 précises, la délivrance. OUI QUENTIN. Après six matchs, 17 sets et plus de douze heures de jeu cumulées, la France a enfin connu son premier set dans ce tournoi. Ce n’est probablement pas une statistique qui se rencontre souvent dans l’histoire.
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Au même moment, à une centaine de mètres de là, le surprenant Luka Pavlovic, issu des qualifications, était sur le point de nous offrir un doublé avec une première manche bien plus disputée que prévu contre la terreur Joao Fonseca. Après avoir compté un break d’avance, le Français, pour son tout premier match dans le tableau principal d’un Grand Chelem, se retrouvait embarqué dans un tie-break très serré. Il s’est créer une balle de set, mais n’a pas pu conclure.

