Le Brussels Youth Market à Schaerbeek : jeunes entrepreneurs exposent pour la première fois.
Le Brussels Youth Market a eu lieu ce dimanche sur la place Lehon à Schaerbeek, rassemblant 24 exposants jeunes entrepreneurs. Cette deuxième édition était axée sur le thème de l’Aïd, en raison du calendrier musulman, qui prévoit la fête du sacrifice ce mercredi.
Ils se nomment Kawtar, Adelar, Sihame, Fatoumata ou encore Yasmine… Ils ont pris part, ce dimanche, au Brussels Youth Market, le marché des jeunes entrepreneurs de Bruxelles. L’objectif pour les 24 exposants présents était de présenter leurs produits sur une place, ici la place Lehon à Schaerbeek, devant un public de passage.
Les étals proposaient des pochettes personnalisées, des épices, des cookies, des produits de soins pour le visage, ainsi qu’un projet de gant ergonomique pour les gamers, parmi d’autres produits susceptibles d’intéresser de potentiels clients.
**Se développer et se professionnaliser**
« Le but de ce marché est de mettre en avant la jeunesse bruxelloise dans le domaine de l’entrepreneuriat », précise Salma El Gharbi, co-organisatrice. « Il s’agit vraiment de les valoriser, de leur permettre de se développer, d’avoir une première expérience professionnelle, parfois même de vendre. Ce sont des entrepreneurs, des artistes, des créateurs. Ici, ils peuvent se développer à la fois personnellement et professionnellement. »
Le Brussels Youth Market est co-organisé avec l’incubateur social BubbleTech. « Parmi ces entrepreneurs, certains sont étudiants, d’autres ont terminé leurs études, et d’autres encore sont totalement autodidactes », explique Assia Mezraui de BubbleTech. « Certains ont déjà un numéro d’entreprise, tandis que d’autres sont en phase de lancement. Mais ce qui est certain, c’est qu’ils sont tous accompagnés. Ce marché fait partie d’un programme complet que nous avons mis en place. »
Environ cinquante entrepreneurs ont soumis leur candidature pour exposer à Schaerbeek ; 24 ont été sélectionnés, l’espace sur la place Lehon étant limité. Cela démontre que l’esprit d’entreprise est bien vivant chez la jeunesse bruxelloise.
Après une première édition axée sur Noël, cette deuxième édition est dédiée à l’Aïd, la fête musulmane du sacrifice qui aura lieu ce mercredi. « Nos marchés sont des événements à thème, en accord avec l’ambiance du moment », précise Salma El Gharbi. « Le premier marché s’est tenu au Centre culturel de Molenbeek en décembre dernier. Dans cette logique, nous sommes partis sur l’Aïd pour mettre en avant la jeunesse musulmane en quête d’entreprenariat. » Assia Mezraui souligne également que « beaucoup de familles se rendent chez leurs proches, offrant des cadeaux. C’était donc le moment opportun pour cette nouvelle édition du Brussels Youth Market. » Elle espère reproduire cette expérience lors des prochaines fêtes de fin d’année.
**Fatoumata et Soukaina, étudiantes qui personnalisent vos sacs**
« Nous nous occupons principalement de la personnalisation de textiles, comme des tote bags, des pochettes et des trousses. Nous avons plusieurs modèles. Les clients peuvent choisir le modèle de sacs ou de tote bags et nous produisons la personnalisation sur place. Soukaina et moi avons lancé ce projet il y a moins d’un an, et pour l’instant, ça marche bien. Les gens apprécient beaucoup notre travail, ce qui nous fait plaisir. Nous aimerions voir cela grandir et en vivre complètement. L’idée est d’apporter une réponse à une problématique : lors des événements, les gens offrent souvent les mêmes cadeaux. Nous avons voulu innover en proposant des cadeaux personnalisés. Soukaina s’occupe du graphisme et de la conception, tandis que je m’occupe des décorations, des réseaux sociaux, et des échanges avec les clients. Nos compétences se complètent bien. »
**Les cookies et les gâteaux de Sihame**
« J’ai 24 ans et je propose des cookies et des gâteaux. Aujourd’hui, à cause de la chaleur, je n’ai apporté que quatre sortes au lieu des douze habituelles. Je propose des cookies speculoos, un red velvet, un à la pâte à tartiner au chocolat, et un au matcha, qui est à la mode. Mon business repose sur un catalogue sur WhatsApp où les clients peuvent passer leurs commandes. Ils mettent tout dans leur panier et reçoivent un message automatique avec les informations de paiement. Nous livrons ensuite à temps. Ma sœur et moi préparons les gâteaux. Nous avons lancé cette activité il y a trois mois et c’est la première fois que j’expose. J’espère que cela m’aidera à me faire connaître. »
**Yasmine présente des sacs en crochet**
« J’ai 26 ans et j’ai étudié le droit. Je propose des sacs faits main en crochet et en t-shirts recyclés, réalisés par ma mère. C’est un héritage familial. Je gère la direction artistique, les photos, et les commandes. Pour le moment, je propose des sacs, mais j’envisage d’élargir ma gamme. Ce projet a seulement deux mois. C’est ma première exposition et je trouve cela très bien car beaucoup de jeunes n’osent pas se lancer. Cela leur permet de montrer leur travail. Les retours sont positifs, et j’apprécie la reconnaissance du travail de ma mère. Si mon projet prend de l’ampleur, j’aimerais pouvoir m’y consacrer à temps plein. Je peux envisager de devenir avocate ou magistrate tout en continuant à développer mon projet de sacs. »
**Kawtar et ses épices marocaines traditionnelles**
« J’ai 26 ans. Je travaille à temps plein dans le secteur public et, en parallèle, je lance mon entreprise d’épices marocaines traditionnelles. Je les traite à domicile, manuellement, puis je les mouds pour garantir leur qualité. Je propose des épices comme le curcuma, le cumin, le paprika, le gingembre, et j’ai même créé un mélange mrouzia pour les plats traditionnels marocains. J’ai grandi avec ces épices, ma mère les utilisait beaucoup dans ses plats. Mon but est de faire découvrir cet univers aux jeunes, car il est essentiel de comprendre à quoi servent les épices en cuisine. Je ne sais pas si je me lancerai à temps plein dans cette activité, mais cela reste une passion que j’aime partager. C’est ma première participation à un marché, et cela m’aide à rencontrer d’autres entrepreneurs et à établir un petit réseau. Être entrepreneur n’est pas simple, il faut se démarquer, et il y a beaucoup d’aspects à gérer. C’est une expérience enrichissante. »
**Le henné d’Ines**
« J’ai 28 ans et j’ai débuté mon activité il y a deux mois tout en suivant une formation de business analyst. Mon projet, « Henna by Sally », consiste à appliquer du henné sur le corps et les mains de manière traditionnelle avec des produits naturels. J’adore mettre en valeur cette culture du henné provenant du Maghreb. C’est ma première participation à un événement de ce type, et je suis heureuse de voir autant de jeunes entrepreneurs. Mon activité est de niche, et il faut avoir le courage de tenter sa chance. C’est comme cela que l’on apprend. Je conseille à tout entrepreneur de se lancer dès qu’il a une idée. Je gère ce projet à temps partiel. Le plus difficile est de fidéliser les clients. Je veux proposer une expérience agréable et authentique, notamment lors d’événements ou pour les futures mariées. »
**Adelar et son gant ergonomique pour gamers**
« Je suis étudiant à l’EPHEC et je développe un gant ergonomique pour les joueurs de console destiné à soulager les douleurs musculaires et articulaires lors des longues sessions de jeu. Environ 70 % des joueurs souffrent de cette problématique, et des joueurs professionnels ont été contraints à la retraite à cause de cela. J’ai travaillé sur cette idée pendant un an, en consultant des kinés et des joueurs amateurs et professionnels. J’en suis à l’étape prototype et je recherche des financements et des fournisseurs en Europe. Ce gant, que j’ai nommé Ergo-Y, soutient le pouce et l’index, formant ainsi un Y, et il est conçu pour offrir une utilisation naturelle. Présenter mon projet au marché est un moyen d’en parler et d’établir des contacts pour le concrétiser. »
**Yousra et ses mini-pancakes réalisés lors d’événements**
« Avec mon mari, nous proposons un stand de mini-pancakes cuisinés sur place avec différents toppings pour les rendre encore plus gourmands. J’ai 25 ans et nous avons lancé ce projet il y a moins d’un an. Nous appelons notre activité ‘Mister et Misses Event’. Nous nous déplaçons lors de mariages, de baptêmes, et autres événements, à Bruxelles et partout en Belgique. Cela nous distingue des autres prestataires. Les invités peuvent déguster nos mini-pancakes à volonté. Au départ, il a fallu concevoir la roulotte et chercher des clients. Avec les beaux jours, les demandes affluent sur Instagram. Nous espérons un jour vivre entièrement de cette activité, mais pour l’instant, cela reste une source de revenus complémentaires. »

