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« Ce n’est pas la chaussure idéale » : Les talons hauts, atout ou désavantage ?

Lors des derniers défilés, des maisons comme Saint Laurent, Givenchy, Dior, Balenciaga ou Schiaparelli ont remis le stiletto sur le devant de la scène. Selon Brigitte Tarkowski-Barbot, pédicure-podologue en Haute-Garonne, « porter des baskets pendant longtemps peut provoquer un étalement de la palette métatarsienne, autrement dit l’avant-pied s’étale, ce qui va rendre difficile le port d’une chaussure fine à talon haut ».


Va-t-il falloir souffrir à nouveau pour être belle ? Alors qu’on pensait l’injonction oubliée, le talon haut refait son apparition. Lors des derniers défilés, des maisons comme Saint Laurent, Givenchy, Dior, Balenciaga ou Schiaparelli ont remis le stiletto au premier plan. Cette tendance n’a pas échappé aux jeunes générations, qui commencent petit à petit à renouer avec les talons aiguilles, en particulier sur les réseaux sociaux. « 2026, l’année où je vais passer à la vitesse supérieure et porter des talons partout, sans me poser de questions », a-t-on pu lire parmi les résolutions en début d’année.

Le talon a constamment augmenté en hauteur au fil des décennies, avant de tomber à plat. Le confinement, associé à une quête de confort et à un désir de bousculer diverses injonctions, a mis à mal cet accessoire considéré comme un instrument de torture par de nombreuses femmes. Cependant, six ans plus tard, il revient en force, prêt à prendre sa revanche sur la sneaker indémodable. Cette tendance, comme on a pu le constater, se manifeste sur les podiums et les réseaux sociaux, soutenue par l’engouement pour les cours de Heels et le lancement du film *Le diable s’habille en Prada 2* (évidemment, les célèbres escarpins rouges à talon représentent une fourche du Diable).

Mais alors, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Après plusieurs années en baskets, Crocs, Birkenstock (même Barbie s’y est mise) et autres chaussures de papa, les pieds des femmes sont-ils prêts à rechausser des talons ? Nous avons posé la question à Brigitte Tarkowski-Barbot, pédicure-podologue en Haute-Garonne, qui prévient que ce retour potentiel ne sera pas sans douleur pour certaines. « Il va d’abord falloir que le pied rentre dans la chaussure, et ce n’est pas gagné », souligne la professionnelle de santé. « Porter des baskets pendant longtemps peut provoquer un élargissement de la palette métatarsienne, c’est-à-dire que l’avant-pied s’ouvre, ce qui rend difficile le port d’une chaussure fine à talon haut. »

Enfiler des escarpins après six ans de renoncements ne sera pas sans difficultés, ni sans conséquences. En raison de la compression exercée par la chaussure sur le pied, cela peut entraîner des pathologies de frottement avec des répercussions cutanées, comme des cors ou des durillons, ainsi que des déformations osseuses. « La chaussure fine et pointue peut déformer le pied et provoquer des hallux valgus, que l’on appelle vulgairement des oignons », indique la pédicure-podologue. Elle précise que l’hallux valgus n’est pas seulement une déformation locale, mais perturbe toute la chaîne biomécanique, entraînant des compensations musculaires et posturales qui affectent les mollets et le dos.

Cependant, ce n’est pas immuable ; le pied peut progressivement se réadapter et ces désagréments ne touchent pas toutes les femmes. Selon la morphologie du pied, certaines auront moins de difficultés que d’autres à se retrouver en hauteur. De plus, bien que « les talons ne soient pas des chaussures faites pour la marche, ni pour le quotidien », les baskets ne sont pas idéales pour la santé du pied non plus. « On a 80 % de pression sur le talon, donc quand on est complètement à plat, la projection du centre de gravité se déplace vers l’arrière, perturbant ainsi la répartition des appuis et engendrant des compensations posturales », explique Brigitte Tarkowski-Barbot.

Nous avons vu que le port quotidien de baskets peut également entraîner un élargissement de la palette métatarsienne, rendant le pied plus large. Néanmoins, ces conséquences sont généralement plus faciles à gérer pour les pédicures-podologues, qui éprouvent moins de difficultés à appareiller des femmes en chaussures plates, notamment en baskets, qu’en talons. Pour celles qui ne jurent que par les sneakers et ne souhaitent pas y renoncer, la professionnelle de santé recommande de choisir un modèle avec un contrefort pour « maintenir le pied et stabiliser la cheville ».

La chaussure idéale, du point de vue du pied, se situe entre le plat et le (très) haut. « C’est une chaussure avec un petit talon de 3 ou 4 centimètres, respectant la morphologie de l’avant-pied avec un bon maintien », explique la spécialiste. Elle cite en exemple la derbie ou l’escarpin à petit talon carré, qui sont à la fois « confortables et physiologiques ».

C’est une bonne nouvelle à considérer car, malgré le retour du talon haut, de nombreuses marques continuent de proposer des modèles que l’on pourrait qualifier d’intermédiaires. Les slingbacks, aperçues lors du dernier défilé Chanel, en font partie, tout comme les escarpins à talon moyen (et carré) qui se multiplient. Un bon compromis pour allier confort, style et santé.