Lait : la Tunisie ne veut pas faire face à la pénurie
Le ministère de l’Agriculture a engagé une réflexion nationale pour actualiser la stratégie du secteur laitier, qui représente environ 11 % du produit intérieur brut agricole en Tunisie en 2021. La Banque mondiale a présenté un nouveau mécanisme de financement baptisé “AgriConnect”, visant à soutenir 300 millions d’agriculteurs africains à l’horizon 2030, avec la Tunisie sélectionnée pour cette initiative à travers le secteur laitier.
Le ministère de l’Agriculture a lancé une réflexion nationale pour actualiser la stratégie du secteur laitier et établir une nouvelle feuille de route destinée à revitaliser une filière confrontée à de nombreuses difficultés structurelles.
Cette initiative a été au centre d’un dialogue ouvert organisé le 21 mai, qui a rassemblé près de 70 participants, représentant les secteurs public et privé, ainsi que des professionnels, des chercheurs et des partenaires internationaux, a précisé l’expert en affaires agricoles Anis Ben Rayana.
D’après les données de la Direction générale de la production agricole pour 2021, le secteur laitier constitue environ 11 % du produit intérieur brut agricole et 12 % de la valeur totale de la production agricole en Tunisie. Actuellement, cette filière regroupe près de 86 000 éleveurs.
Cependant, le secteur connaît une dégradation continue de plusieurs indicateurs. Le cheptel laitier a diminué de 26 % entre 2013 et 2025, passant de 458 000 à 339 000 vaches laitières. Néanmoins, la production moyenne par vache a atteint 3 804 litres par an en 2024, un chiffre qui reste en deçà du potentiel réel du cheptel, jugé encore insuffisamment exploité par l’expert.
Anis Ben Rayana a indiqué que la filière subit les effets combinés de plusieurs facteurs, tels que la sécheresse, la diminution du cheptel, la dévaluation du dinar et son impact sur les importations, ainsi que le manque d’aliments pour le bétail, la faiblesse des investissements et la baisse des importations des intrants destinés à l’alimentation animale.
Il a également souligné que les conditions alimentaires actuelles limitent l’exploitation des capacités productives des vaches à seulement 60 % de leur potentiel réel.
Au cours de cette rencontre, la Banque mondiale a présenté un nouveau mécanisme de financement nommé “AgriConnect”, visant à soutenir 300 millions d’agriculteurs africains d’ici 2030.
La Tunisie a été choisie dans le cadre de cette initiative via le secteur laitier. Le programme propose notamment la création d’une cartographie numérique des éleveurs, l’amélioration du système de collecte du lait, le développement des services offerts aux professionnels et l’intégration des enjeux climatiques dans la stratégie de développement de la filière.
