Plages en Algérie : nouvelles règles du gouvernement avant l’été.
Le décret exécutif n°26-198, publié dans le Journal officiel n°36 du 17 mai, modifie les règles de concession des plages ouvertes à la baignade en Algérie. Selon ce texte, la concession ne pourra dépasser 30 % de la superficie totale d’une plage ouverte à la baignade, les 70 % restants devant rester libres et gratuits d’accès pour les estivants.
À quelques semaines du début de la saison estivale, le gouvernement algérien renforce la régulation de l’exploitation des plages. Après de nombreuses années marquées par des occupations anarchiques, des abus tarifaires et des plaintes fréquentes des estivants, un nouveau cadre réglementaire est mis en place. Publié au Journal officiel n°36 du 17 mai, le décret exécutif n°26-198 modifie en profondeur les règles de concession des plages ouvertes à la baignade.
Les autorités expriment à travers ce texte leur intention de reprendre le contrôle du littoral, de limiter la privatisation abusive des espaces publics et de professionnaliser l’activité touristique balnéaire. Plusieurs changements importants apparaissent dans ce nouveau dispositif, avec des conditions d’exploitation plus strictes, des mécanismes de contrôle renforcés et une place accrue accordée aux estivants.
### Plages en Algérie : une adjudication obligatoire pour la concession
C’est l’un des changements essentiels introduits par le décret. À partir de maintenant, l’exploitation touristique des plages ouvertes à la baignade devra obligatoirement passer par une procédure d’adjudication.
Le texte précise que les concessions seront attribuées via une mise en concurrence officielle, avec un examen des offres techniques et financières. Cette mesure vise à mettre fin aux pratiques jugées opaques observées durant les saisons précédentes.
Les candidats devront répondre à plusieurs exigences avant de pouvoir prétendre à une concession. Le décret impose notamment :
– Une qualification dans le domaine du tourisme ou des activités connexes ;
– Des moyens humains et matériels suffisants ;
– Une caution bancaire ;
– Un programme détaillé d’exploitation.
Le gouvernement souhaite ainsi écarter les exploitations improvisées qui se sont multipliées sur certaines plages du pays.
### Limitation de l’exploitation des plages
Le nouveau texte fixe également une limite stricte concernant les espaces concédés. Les exploitants ne pourront plus occuper la majorité du littoral.
Il est stipulé que la concession ne pourra pas dépasser 30 % de la superficie totale d’une plage ouverte à la baignade. Les 70 % restants devront rester libres et accessibles gratuitement pour les estivants.
Cette disposition répond aux nombreuses critiques formulées ces dernières années concernant l’appropriation excessive des plages par certaines installations commerciales.
Le texte souligne également un point sensible : l’accès à la plage restera gratuit. Les estivants ne paieront que pour les équipements et services disponibles dans les espaces concédés, tels que :
– Les parasols ;
– Les transats ;
– Les vestiaires ;
– Certains services de loisirs.
Le décret impose aussi la création d’espaces gratuits ainsi qu’une bande de circulation libre le long des plages et des zones concédées.
### Avantage accordé aux hôtels dans l’attribution des plages
Le cadre réglementaire offre également une priorité aux établissements hôteliers classés pour l’exploitation des plages attenantes.
Le décret précise que ces hôtels pourront récupérer la concession s’ils présentent la meilleure offre financière dans un délai de huit jours après l’adjudication.
La durée des concessions est fixée à trois saisons estivales, renouvelable deux fois.Cette stabilité pourrait inciter certains investissements dans les infrastructures et services touristiques.
De plus, un « plan d’aménagement touristique de la plage » doit être élaboré par les services du tourisme de la wilaya. Ce document définira :
– Les zones concédées ;
– Les accès aménagés ;
– Les espaces de loisirs ;
– Les zones réservées aux sports nautiques ;
– Les dispositifs destinés aux personnes à besoins spécifiques.
Un panneau d’information devra également être installé à l’entrée de chaque plage pour afficher ce plan aux estivants.
### Renforcement du dispositif de contrôle des plages
Le décret prévoit également la mise en place d’une commission d’adjudication dans chaque wilaya. Placée sous la présidence du secrétaire général de la wilaya, elle regroupera plusieurs services concernés, notamment :
– Le tourisme ;
– Le commerce ;
– Les domaines ;
– L’environnement ;
– La Protection civile ;
– Les forces de sécurité ;
– Les collectivités locales.
Cette commission aura pour mission d’organiser les adjudications, d’évaluer les offres et de désigner les exploitants retenus.
Le texte renforce également les sanctions. La concession devient « incessible et intransmissible ». Toute violation de cette règle pourra entraîner une annulation immédiate.
Le wali conserve par ailleurs plusieurs prérogatives, notamment celle de suspendre ou relancer une adjudication pour des motifs justifiés.
Enfin, le décret prévoit une solution alternative en cas d’échec de deux adjudications successives. Le wali pourra alors attribuer directement la gestion de la plage à la commune concernée ou à un établissement public lié au tourisme et aux loisirs.
