Enfants abandonnés au Portugal : mère et compagnon en détention.
L’audition de Marine R. et Marc B., soupçonnés d’avoir abandonné les deux jeunes enfants de la femme au bord d’une route au Portugal, a repris samedi au tribunal de Setúbal. Les enfants ont été retrouvés mardi soir sur la route nationale 253 reliant la ville d’Alcacer do Sal à la station balnéaire de Comporta, à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne.
L’audition de Marine R. et Marc B., soupçonnés d’avoir abandonné les deux jeunes enfants de la femme au bord d’une route au Portugal, s’est poursuivie samedi au tribunal de Setúbal, dans le sud du pays, afin de comprendre les raisons de ce geste incroyable de ces deux ressortissants français.
La femme, âgée de 41 ans, et son compagnon de 55 ans avaient déjà passé plusieurs heures au tribunal vendredi, où leur première audition s’était terminée aux alentours de minuit (01h00 GMT). Ce tribunal se situe à proximité de l’endroit où les garçons, âgés de quatre et cinq ans, ont été découverts en pleurs, assis au bord d’une route, mardi soir.
### Le profil des deux Français
Marine R. se présentait sur les réseaux sociaux comme une « sexologue spécialisée en pratiques corporelles, dynamique développementale et soins spécifiques des traumatismes ». Marc B. est un ancien adjudant de gendarmerie qui a quitté la profession en 2010 et qui partage aujourd’hui des contenus complotistes et antisémites. Tous deux sont interrogés depuis mardi.
### En famille d’accueil
Ce samedi, Marine R. et Marc B. n’ont pas été extraits du fourgon de gendarmerie qui les transportait avant la fermeture de la porte coulissante du garage du tribunal, ce qui a été observé par l’AFP. L’objectif était d’éviter toute interaction avec les journalistes présents. À l’issue de leur audition, Marine R. et Marc B. ont été placés en détention provisoire.
Résidant récemment à Colmar, la mère des enfants travaillait dans le secteur hospitalier, d’après le maire de cette ville, Eric Straumann, qui a déclaré qu’il « n’y avait aucun signalement sur des problèmes sociaux ou de comportement avec les gamins ».
Dans la matinée de vendredi, la justice portugaise avait annoncé que les deux enfants étaient placés dans une famille d’accueil en vue de leur rapatriement.
### Une attitude très distante
Le tribunal de Setúbal a précisé dans un communiqué que « il appartiendra aux autorités judiciaires françaises […] d’engager la procédure de retour des enfants » vers la France, ajoutant que « les enfants résidaient avec leur mère […], le père disposant d’un droit de visite limité et supervisé ». Interpellés jeudi à Fatima, au centre du Portugal, Marine R. et Marc B. ont présenté « une certaine forme de détachement par rapport à la situation […] Ils ont eu une attitude très distante », a déclaré vendredi le porte-parole de la gendarmerie, le lieutenant-colonel Carlos Canatario, à la télévision portugaise SIC.
### Un très mauvais « jeu »
Les autorités françaises, qui ont lancé un mandat d’arrêt européen, recherchaient la mère et les enfants depuis le 11 mai, lorsque le père avait signalé leur disparition depuis Colmar. Les deux frères ont été retrouvés mardi soir sur la route nationale 253, reliant Alcacer do Sal à la station balnéaire de Comporta, à environ 100 kilomètres au sud de Lisbonne. Un automobiliste qui les a aperçus les a pris en charge et les a conduits auprès de sa famille.
D’après le récit de la mère de ce boulanger, les enfants auraient expliqué à une personne francophone, contactée pour faciliter la communication, que leur mère avait « disparu » après leur avoir bandé les yeux en leur faisant croire qu’il s’agissait d’un jeu.
Il y a deux mois, une autre affaire impliquant un Français avait également fait les gros titres au Portugal : soupçonné d’avoir tué sa compagne et son ex-compagne dans le nord du pays, après avoir fui avec ses enfants âgés de 12 ans et 18 mois, Cédric Prizzon est en détention provisoire depuis fin mars. Les autorités portugaises ont récemment refusé de l’extrader vers la France, arguant que les crimes dont il était accusé avaient été commis sur leur territoire.

