Belgique

« Les bus Express, avenir des transports en commun ? »

En 2025, plus de 4 millions et demi de passagers ont emprunté un bus Express du TEC. Le réseau de bus Express compte aujourd’hui 31 lignes, un bon maillage du territoire.


Il fait partie des près de 5 millions de passagers qui prendront un bus Express du TEC cette année. Ce matin, Olivier se dirige vers Liège, situé à environ quarante kilomètres de son village. Lorsqu’il en a l’occasion comme aujourd’hui, il préfère laisser sa voiture sur un parking près de chez lui.

Olivier habite à Werbomont, situé entre deux lignes de train. Les gares les plus proches se trouvent à 15 km de chez lui, ce qui est trop éloigné. Pas question de se fatiguer inutilement en utilisant sa voiture. Pour lui, le bus Express est donc la solution la plus pratique et confortable. « Je monte dans le bus et une grosse demi-heure après, je suis dans le centre de Liège, sans problème de parking. C’est pratique, efficace. »

« Je peux écrire des textos ou lire au lieu de rester concentrée au volant. »

Le bus offre un meilleur confort qu’un bus classique : il dispose de prises pour recharger les téléphones et d’un espace pour les bagages. À l’exception de certaines lignes (Wavre-Bruxelles et Louvain-la-Neuve-Bruxelles) qui peuvent utiliser les bandes d’arrêt d’urgence pour éviter les embouteillages, les bus Express restent soumis aux aléas du trafic. Ainsi, le temps de trajet peut varier légèrement, mais cela ne semble pas déranger les passagers. « J’ai une voiture, mais je prends le bus parce que ça me permet d’avoir une heure sans réfléchir. Donc je peux écrire des textos ou lire au lieu de rester concentrée au volant. S’il y a des bouchons, je ne m’en occupe pas, c’est le problème du chauffeur. »

« Aller à Bastogne trois fois par semaine en voiture, cela devenait trop cher. »

Pour d’autres, la motivation est surtout économique, comme pour Lola, qui monte à Sprimont, direction Bastogne. « Je prends le bus depuis environ un mois, parce que le prix de l’essence a augmenté. Aller à Bastogne trois fois par semaine en voiture, cela devenait trop cher, » confie-t-elle. Envisage-t-elle de continuer cette habitude ? Lola ne l’exclut pas. « C’est vrai que je dois partir 15 minutes plus tôt, mais je ne me sens pas plus fatiguée pour autant et je réalise de vraies économies… Alors oui, pourquoi pas ? »

### Beaucoup de positif, des points à améliorer

Les retours sont globalement positifs concernant ces lignes de bus Express, qui viennent compléter l’offre de transports publics là où le train ne passe pas. Lancé en 2020, le réseau de bus Express compte aujourd’hui 31 lignes, offrant un bon maillage du territoire.

L’association liégeoise Shift Modal, qui s’occupe de la transition en matière de mobilité, souligne cependant plusieurs aspects à améliorer. D’abord, la fréquence des bus Express. En général, il faut compter un à deux bus par heure selon la ligne choisie, et le service s’arrête souvent vers 19 heures. « Pour les retours de soirée, si on veut aller au cinéma ou au théâtre, c’est compliqué », déplore Michaël Horevoets, le fondateur de l’ASBL.

Un autre point à améliorer est l’emplacement de certains arrêts de bus. « Certains arrêts ne sont accessibles qu’en voiture parce qu’ils ne sont pas situés dans les centres de village mais le long des autoroutes aux aires de covoiturage, donc c’est compliqué pour certains publics d’accéder à ces arrêts », précise Michaël Horevoets.

### 4,5 millions de passagers en 2025

Ces difficultés sont bien connues de l’organisme de transport, mais pour le moment, aucun changement n’est envisagé. « On ne peut pas répondre à l’ensemble des besoins de la population », estime Stéphane Thiery, porte-parole à LeTec. « Le transport en commun doit répondre au plus grand nombre. Il y a une limite à respecter. On observera cette limite. Si les besoins s’avèrent importants après l’heure de fin d’une ligne, nous l’observerons et verrons comment nous pourrons ajuster. »

En 2025, plus de 4,5 millions de passagers ont pris un bus Express du TEC.