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Virus Ebola : L’épidémie s’élargit, risque « élevé » en Afrique centrale

L’OMS a déclenché dimanche une alerte sanitaire internationale pour faire face à la 17e flambée d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), où l’épidémie est suspectée d’avoir fait 139 morts sur près de 600 cas probables. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que le risque d’une pandémie est jugé « faible » au niveau mondial mais « élevé » au niveau national.


L’OMS a lancé dimanche une alerte sanitaire internationale en réponse à la 17e flambée d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), un vaste pays d’Afrique centrale comptant plus de 100 millions d’habitants. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le risque épidémique d’Ebola est considéré comme « élevé » pour l’Afrique centrale, mais « faible » au niveau mondial. L’épidémie aurait probablement débuté « il y a plusieurs mois ».

L’OMS a communiqué plusieurs chiffres concernant la situation. L’épidémie est suspectée d’avoir causé 139 morts sur près de 600 cas probables. Bien que le risque d’une pandémie soit jugé « faible » à l’échelle mondiale, il est évalué comme « élevé » au niveau national, a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, lors d’une conférence de presse à Genève (Suisse), après une réunion d’un comité d’urgence qui a recommandé une série de mesures. À ce stade, l’épidémie « ne répond pas » aux critères d’une urgence pandémique.

De son côté, la Commission européenne a indiqué que le risque d’infection dans l’UE était « très faible » et qu’il « n’y a rien » qui indique que des mesures spécifiques soient nécessaires pour les Européens. L’épidémie survient alors que les ONG subissent une diminution générale des aides internationales, particulièrement de la part des États-Unis, depuis le second mandat de Donald Trump, qui a retiré son pays de l’OMS.

Ebola provoque une fièvre hémorragique mortelle, mais le virus est relativement moins contagieux que d’autres maladies comme la Covid-19 ou la rougeole. Jusqu’à présent, 51 cas ont été confirmés en RDC, principalement dans les provinces orientales d’Ituri et du Nord-Kivu. Le Dr Tedros a signalé que l’ampleur de l’épidémie en RDC est beaucoup plus importante que les chiffres actuels. « Nous sommes pleins de cas suspects. Nous n’avons plus de place. Cela vous donne une idée de la folie de la situation en ce moment », a déclaré Trish Newport, responsable des urgences pour l’ONG Médecins sans frontières (MSF) déployée à Bunia, capitale de l’Ituri.

À l’hôpital de Rwampara, près de Bunia, le personnel et le matériel font encore cruellement défaut. Le matériel nécessaire à l’isolement et aux soins des personnes infectées n’a commencé à arriver que lundi, et les infirmiers étaient dépourvus de kits de protection complets jusqu’à vendredi. Les habitants de la région sont encore plus vulnérables. « Nous creusons des tombes et enterrons des personnes mortes sans gants ni aucune protection », a exprimé Salama Bamunoba, représentant d’une organisation de jeunesse locale. Un décès et un cas ont été enregistrés en Ouganda, mais aucun foyer d’épidémie local n’a été signalé.

Pendant ce temps, le monde renforce ses mesures de sécurité. Les États-Unis ont annoncé lundi qu’ils renforceraient les contrôles sanitaires aux frontières pour les voyageurs en provenance des pays touchés en Afrique. Un Américain ayant contracté Ebola en RDC est actuellement hospitalisé en Allemagne. Son épouse et ses trois enfants, qui ne présentent pas de symptômes, seront placés à l’isolement dans le même hôpital, à la demande de Washington, selon les autorités allemandes. Le Bahreïn a également indiqué mardi soir qu’il interdirait pendant un mois l’entrée sur son territoire des visiteurs en provenance des pays touchés en Afrique. « Toutes les personnes contacts, toutes les personnes infectées, ne doivent pas voyager », a rappelé mercredi Abdi Rahman Mahamud, directeur des opérations de réponse aux urgences sanitaires à l’OMS.