Prix des carburants : nouvelles aides pour fonctionnaires, taxis, salariés
Le gouvernement a annoncé une série de mesures pour soutenir les ménages et les secteurs dépendants de la route, totalisant 710 millions d’euros d’aides supplémentaires, en plus des 470 millions déjà annoncés. Parmi ces mesures, l’indemnité destinée aux travailleurs modestes utilisant fortement leur véhicule va être doublée et pourra atteindre 100 euros par mois à partir de juin.
Face à la montée des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a présenté jeudi un nouvel ensemble de mesures destinées à soutenir les ménages ainsi que plusieurs secteurs professionnels très dépendants de la route. Depuis Matignon, Sébastien Lecornu a défendu un plan de « réponse à une nouvelle échelle », en soulignant que l’« obsession » de l’exécutif était que « le pays doit tourner » malgré un conflit appelé à durer.
Ainsi, le gouvernement prévoit un total de 710 millions d’euros d’aides supplémentaires, s’ajoutant aux 470 millions déjà annoncés. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a chiffré l’effort global à « 1,2 milliard d’euros pour les travailleurs et les entreprises qui en ont le plus besoin ». Il a par ailleurs assuré que la guerre ne produisait « aucun surplus » budgétaire pour l’État.
**Travailleurs modestes et prime carburant**
Parmi les mesures annoncées, l’indemnité pour les travailleurs modestes utilisant beaucoup leur véhicule sera doublée. Actuellement plafonnée à 50 euros par mois, elle pourra désormais atteindre 100 euros et sera prolongée de trois mois supplémentaires à partir de juin. Selon la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, cette aide concerne trois millions de Français et représente un soutien moyen de « 0,20 euro par litre ». Les demandes devront être soumises via l’espace personnel sur le site impots.gouv.fr.
Le gouvernement a également choisi de renforcer la prime carburant versée par les entreprises à leurs salariés. Son plafond passera de 300 à 600 euros et les conditions d’attribution seront abolies. « Nous faisons confiance aux entreprises volontaires pour identifier ceux de leurs salariés ayant besoin de ce coup de pouce », a expliqué le ministre chargé des PME, Serge Papin, en précisant que cette aide resterait défiscalisée et exonérée de charges sociales.
**Indemnités kilométriques revalorisées**
Plusieurs professions nécessitant de fréquents déplacements seront également concernées. Les aides à domicile verront leurs indemnités kilométriques revalorisées de manière pérenne, à environ « 20 centimes par litre d’essence », selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Les fonctionnaires utilisant leur véhicule personnel dans le cadre de leur travail bénéficieront également d’une augmentation des indemnités de déplacement équivalente à environ 0,20 euro par litre de carburant, notamment pour ceux qui interviennent régulièrement sur le terrain.
Dans le secteur des transports, les aides existantes pour les routiers, les pêcheurs et les agriculteurs seront prolongées de trois mois. Maud Bregeon a précisé que les pêcheurs continueront de bénéficier d’un soutien de « 30 à 35 centimes d’euros par litre de gazole », tandis que les agriculteurs conserveront une aide de « 15 centimes par litre de GNR ». Les chauffeurs de taxi auront accès, à partir du 1er octobre, à une aide allant jusqu’à 5.500 euros pour l’achat d’un véhicule électrique assemblé dans l’espace économique européen.
**Pas de baisse des taxes à l’horizon**
Le Premier ministre a exclu toute réduction générale des taxes sur les carburants, jugeant cette option trop onéreuse pour les finances publiques et avertissant que ces nouvelles dépenses exigeraient « un certain nombre d’économies ».
Le chef du gouvernement a également refusé d’inviter les Français à limiter leurs déplacements face à la hausse des prix à la pompe. « Il ne faut pas les emmerder, les Français », a-t-il déclaré, reprenant une formule attribuée à Georges Pompidou. « On n’est pas là pour leur faire la leçon, pour leur expliquer comment ils doivent vivre », a-t-il ajouté, considérant que les Français avaient déjà traversé d’autres périodes difficiles.

