Maroc

Cannes célèbre le retour en force du cinéma marocain.

La 79e édition du festival de Cannes, qui a eu lieu du 12 au 23 mai, souligne la montée en puissance du cinéma marocain. Le réalisateur Ismael El Iraki a présenté pour la première fois un film marocain, « Wolfmother » (Les filles de la louve), au « Investors Circle ».


Vitrine du septième art mondial, la 79e édition du festival de Cannes, qui se déroule du 12 au 23 mai, souligne la montée en puissance du cinéma marocain, dont le dynamisme, la diversité et l’audace sont désormais reconnus sur la scène internationale. D’après les professionnels du secteur, cette forte présence, tant dans la compétition officielle que sur le marché du film, illustre un cercle vertueux qui soutient le secteur et l’amène à briller au-delà des frontières.

La réalisatrice Laila Marrakchi effectue un retour remarqué avec son long-métrage « La Mas Dulce », sélectionné dans la section officielle « Un certain regard ». Cependant, l’édition 2026 est particulièrement marquée par la présentation d’un film marocain, « Wolfmother » (Les filles de la louve), au prestigieux « Investors Circle ». Ce nouveau projet du réalisateur Ismael El Iraki a fait l’objet d’une rencontre spéciale réunissant investisseurs et experts mondiaux en financement cinématographique, soulignant la réputation croissante du cinéma marocain à l’international.

Dans une déclaration à la MAP, M. El Iraki a exprimé sa « joie » de partager les aspects artistiques et budgétaires de « Wolfmother », qui avait été sélectionné en écriture aux Ateliers de l’Atlas, un programme dédié à la promotion des talents dans le cadre du Festival international du film de Marrakech. Il a également annoncé que l’actrice Naima Atif interprétera le rôle principal de ce film, après avoir figuré au générique de la production de Marrakech, et a souligné « les connexions fructueuses entre cinéastes, producteurs, réalisateurs et acteurs marocains ».

« Même si aujourd’hui, il existe un mouvement collectif qui dynamise le cinéma marocain au-delà d’une seule génération, nous sommes dans un cercle vertueux, dans une courbe ascendante, » a commenté l’auteur et réalisateur du film « Zanka Contact », récompensé au Festival du film marocain de Tanger.

De son côté, la réalisatrice Kenza Tazi est également présente à Cannes avec son projet de film « Laissés pour compte », sélectionné par la Fabrique du Cinéma, un programme français qui soutient chaque année des cinéastes émergents pour faciliter leur accès aux réseaux internationaux du film. Cette jeune cinéaste évoque un projet prometteur, « une consécration d’une voie propre, attentive aux thématiques sensibles, aux marges et aux zones grises de la société », selon les organisateurs du festival.

« Le nombre croissant de nouveaux talents et d’idées novatrices témoigne d’une véritable maturité du cinéma marocain dans toute sa diversité, » a déclaré le Directeur du CCM, Mohamed Reda Benjelloun. Il a également mentionné la présence de projets soutenus par les Ateliers de l’Atlas à Marrakech, qui sont devenus un tremplin non seulement pour le cinéma marocain mais aussi pour le cinéma arabe et africain.

Ce dynamisme est alimenté par l’arrivée de nouveaux talents, des financements publics et de festivals nationaux à renommée internationale, a-t-il précisé. M. Benjelloun a également évoqué les œuvres programmées en sélection officielle, le « Investors Circle » et la Quinzaine des cinéastes, lors d’un événement considéré comme l’un des plus grands marchés du film.

Par ailleurs, le producteur et réalisateur marocain Said Hamich présentera à Cannes son moyen-métrage « À la recherche de l’oiseau gris aux rayures vertes », deux ans après avoir proposé son long-métrage « La Mer au loin ». « Nous vivons au rythme d’une dynamique très positive qu’il convient de maintenir, » a déclaré M. Hamich à la MAP, se réjouissant de « la progression décidée du septième art marocain, tant en matière de productions nationales que de films étrangers tournés au Royaume ». Tout en soulignant l’émergence d’une nouvelle génération de femmes cinéastes, à l’image d’Asmaa El Moudir, Sofia Alaoui et Yasmine Benkirane, le producteur de « La Mas Dulce » a appelé à « la préservation de cette exigence de qualité pour continuer à exister et à être reconnu au niveau international ».

Par Abdellah Chahboun (MAP)