France

Guillaume Bucci défend son passé lors de son procès pour viols et torture.

Guillaume Bucci, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, reste enferré dans sa défense et reconnaît l’intégralité des faits tout en estimant que son ex-compagne, Laëtitia R., était consentante et qu’il s’agissait de jeux sexuels. Le verdict est attendu en principe pour ce vendredi mais une journée d’audience pourrait s’ajouter.

L’accusé semble inébranlable face aux accusations. Ni la projection jeudi de vidéos et d’enregistrements troublants – de la scatophilie, de la zoophilie, et des cris de douleur glaçants – ni la lecture, pendant près de deux heures, des nombreux messages de Laëtitia R. à Guillaume Bucci, son compagnon durant sept ans, ne semblent le toucher. La mère de famille y exprime son désir de ne plus être « esclave » et de retrouver une « sexualité classique ».

Elle se sent contrainte de rappeler à celui qui est jugé pour viols aggravés, actes de torture et de barbarie ainsi que proxénétisme aggravé qu’elle est « un être humain ». En réponse, l’accusé lui répond systématiquement par des insultes, notamment « Non, tu es une pu*e » – dans une version relativement atténuée – en plus de propos encore plus violents et dégradants. Depuis lundi, la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence fait face à un mur. Guillaume Bucci, qui risque la réclusion criminelle à perpétuité, maintient sa position : bien qu’il reconnaisse les faits, il soutient que son ex-compagne, mère d’un de ses enfants, était consentante et que tout cela relevait de jeux sexuels.

« Je me sens co-responsable »

Au début de cette audience, on a pu croire à un léger changement de sa position. « C’est édifiant », a déclaré Guillaume Bucci, 51 ans, après la lecture des messages. « Oui, je me sens coupable d’avoir participé à des jeux de prostitution et au proxénétisme dont je suis accusé. Je me sens coupable d’avoir été négligent sur la déclaration de mes armes [chasseur, il fait également face à des accusations concernant des armes non déclarées] », a précisé cet ancien directeur d’agence bancaire, d’une carrure imposante. Le public, venu en nombre, pensait peut-être assister à un début d’aveux.

Cela ne s’est pas produit. « Pour le reste, je me sens co-responsable de beaucoup de choses », a-t-il poursuivi. « Je réitère ce que j’ai dit, nous avons emprunté un chemin qui n’était pas le bon ». Guillaume Bucci a été décrit par le médecin psychiatre chargé de son évaluation comme « un pervers sadique » ayant « une approche totalitaire de la domination » et une « jouissance sadique unilatérale ». Les nombreuses tentatives de Me Philippe-Henry Honneger, l’avocat de Laëtitia R. et de ses enfants, ainsi que de la présidente, Estelle Lassaussois, n’ont eu aucun effet.

L’accusé se victimise

Face à ses contradictions, à son incapacité à reconnaitre l’emprise qu’il a exercée, et au constat que, dans ses échanges, il ne respecte jamais la volonté de Laëtitia R. ni ne fait preuve d’empathie, Guillaume Bucci demeure sourd à tous les arguments. L’accusé se retranche systématiquement derrière deux défenses, les mêmes depuis le début : les « mensonges » de Laëtitia et le fait qu’il ne l’aurait « jamais forcée à rien », se positionnant en victime en parlant d’« une emprise réciproque ». Il admet uniquement des moments de « stupidité » et « d’égocentrisme ». « Si c’était à refaire, je le referais différemment », répète Guillaume Bucci. Exaspérées par ses propos, Laëtitia R. et ses enfants ont quitté maintes fois le banc des parties civiles.

Le verdict est attendu vendredi, mais une journée d’audience supplémentaire pourrait être ajoutée.