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Stellantis lance la conduite mains libres sur autoroute pour longs trajets.

Stellantis a signé le 21 mai 2026 deux partenariats avec Wayve et Qualcomm pour la conduite automatisée, visant un lancement en 2028 en Amérique du Nord. Le groupe a investi dans Wayve en février 2026 dans un tour de table de 1,2 milliard de dollars avec d’autres entreprises.


Stellantis a établi, le même jour, deux partenariats axés sur la conduite automatisée : l’un avec Wayve pour l’intelligence artificielle, et l’autre avec Qualcomm pour la puissance de calcul. Les futures Peugeot, Citroën, Jeep et Fiat pourraient ainsi offrir des trajets beaucoup plus confortables sur autoroute. Le lancement est prévu pour 2028.

Faire de longs trajets en voiture n’est pas toujours apprécié. Passer six heures sur l’autoroute, avec deux enfants à l’arrière et la pluie qui s’invite à Tours, peut susciter des envies d’évasion, surtout en entendant un ami avec sa Model Y affirmer n’avoir « presque pas conduit ».

Dans des véhicules comme la 3008 ou la Grand Cherokee, conduire reste une expérience similaire à celle de 2010. Stellantis a parfaitement compris cette frustration, bien qu’avec un certain retard.

Le 21 mai 2026, lors de son Investor Day, le groupe a annoncé successivement deux partenariats stratégiques : un avec le Britannique Wayve, valorisé à 8,6 milliards de dollars, pour l’intelligence artificielle liée à la conduite, et un autre avec Qualcomm, qui fournira la puissance de calcul via ses plateformes Snapdragon Ride Pilot et Digital Chassis.

Ces partenariats s’appuient sur STLA AutoDrive et STLA Brain, les bases logicielles de Stellantis. L’objectif est d’offrir une conduite mains libres supervisée de niveau 2++, capable de combiner autoroute et environnement urbain sans intervention du conducteur. Le premier lancement est prévu pour 2028, en Amérique du Nord.

Un détail important : Stellantis ne fait pas ses débuts dans l’écosystème Wayve. Le groupe a investi dans la société britannique dès février 2026, en collaboration avec Mercedes-Benz et Nissan, lors d’un tour de table de Série D à 1,2 milliard de dollars mené par Eclipse, Balderton et SoftBank Vision Fund 2. Le partenariat technique annoncé le 21 mai est donc le fruit d’un investissement stratégique effectué trois mois plus tôt.

Le niveau 2++ n’est pas un terme officiel selon la classification SAE, mais fait référence à une zone actuellement occupée par des systèmes comme Tesla Autopilot, Ford BlueCruise ou Drive Pilot de Mercedes en version limitée, ainsi que de nombreuses marques en Chine. Certains dans le secteur appellent également cela « niveau 2.9 » pour marquer sa proximité avec le niveau 3.

Le véhicule est capable de gérer la direction, l’accélération, le freinage et les changements de voie, tandis que le conducteur demeure responsable et doit garder un œil sur la route. Ce n’est pas de la conduite autonome, cependant, sur un trajet de 800 kilomètres sur l’A6 un dimanche d’août, cette technologie fait une grande différence. En pratique, cela permet de réduire la fatigue, de diminuer les erreurs d’inattention, et de libérer l’esprit pour d’autres pensées qu’à la file de droite.

L’autre aspect novateur concerne la conduite en milieu urbain. Alors que Tesla peine en Europe avec son FSD, accessible dans quelques pays, l’intelligence artificielle développée par Wayve a été spécifiquement conçue pour naviguer dans des villes denses, sans recourir à une cartographie haute définition préchargée.

Cette IA apprend à conduire en observant. En somme, elle se comporte comme un humain, à condition d’avoir suffisamment d’expérience avec des carrefours. Alex Kendall, le PDG de Wayve, a déclaré avoir produit un prototype fonctionnant sur une plateforme Stellantis « en moins de deux mois », soulignant la flexibilité de la technologie, mais également le retard que Stellantis doit désormais rattraper.

Les premiers bénéficiaires de cette technologie seront les acheteurs nord-américains de Jeep, Ram, Chrysler et Dodge. Cette région concentre 60 % des 36 milliards d’euros d’investissements prévus dans le cadre du plan FaSTLAne 2030, et Stellantis souhaite y établir une forte présence face à Tesla et Ford.

L’Europe devra patienter. Aucun calendrier officiel n’est prévu pour les modèles de Peugeot, Citroën, Opel, Fiat ou Alfa Romeo, ce qui est décevant étant donné que c’est sur ce continent que les trajets domicile-travail et les embouteillages sont les plus problématiques.

Les marques régionales devront probablement attendre 2029 ou 2030, le temps que les plateformes STLA Brain et STLA One soient largement diffusées (Stellantis prévoit que 35 % de ses volumes seront équipés d’ici 2030, et 70 % d’ici 2035).

De plus, plusieurs éléments demeurent flous. D’abord, le coût : sera-t-il inclus dans le prix, proposé par abonnement, ou à débloquer après l’achat ? Ensuite, la compatibilité avec les capteurs des véhicules actuels : rien n’indique qu’une 308 ou un Grand Cherokee de 2026 pourra profiter de ces avancées. Enfin, la concurrence ne reste pas inactive : BMW déploie Highway Assistant Pro en Europe, Mercedes met en avant Drive Pilot, et Tesla annonce son FSD pour le continent à chaque trimestre depuis trois ans. Wayve, de son côté, équipera également la prochaine génération de ProPILOT Nissan dès 2027 au Japon. Stellantis n’a donc pas l’exclusivité de cette nouvelle technologie.