Record d’infections sexuellement transmissibles en Europe : en Belgique, « l’exception » pour la gratuité du dépistage.
Il n’y a jamais eu autant de personnes touchées par des infections sexuellement transmissibles (IST) en Europe, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui a analysé les derniers chiffres disponibles de la période 2015-2024. En Belgique, en 2024, la chlamydia était encore l’IST la plus fréquente parmi la population, tandis que le nombre de diagnostics de gonorrhée était en augmentation, faisant de cet IST la deuxième la plus répandue dans le pays.
Il n’a jamais été aussi nombreux à être infectés par des infections sexuellement transmissibles (IST) en Europe. C’est le constat établi par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui a examiné les derniers chiffres complets disponibles pour la période 2015-2024.
En Belgique, en 2024, la chlamydia est restée l’IST la plus fréquente selon le dernier bulletin épidémiologique intermédiaire sur les IST publié par Sciensano. Toujours cette année-là, l’Institut de Santé publique a noté une augmentation des diagnostics de gonorrhée, en faisant la deuxième IST la plus répandue dans le pays. La syphilis se classe au troisième rang, avec également une augmentation du nombre de diagnostics.
Les infections sexuellement transmissibles peuvent entraîner des douleurs chroniques ou des problèmes d’infertilité. Pour la syphilis, des risques de troubles cardiaques ou neurologiques s’ajoutent à cela.
### La gratuité : l’exception
En Belgique, le dépistage des IST peut être effectué à divers endroits :
– Chez un médecin généraliste
– Dans un centre de dépistage
– Dans un centre de planning familial
– Dans une maison médicale
– Auprès d’associations
Pour lutter contre l’augmentation des IST, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies recommande de rendre ces tests de dépistage gratuits.
En Belgique, « la gratuité c’est l’exception. Ce n’est pas la norme », constate Valentin Blaison, chargé de projet dépistage à l’asbl Ex Aequo.
Trois centres sont subventionnés par l’INAMI pour offrir un dépistage gratuit et anonyme des IST, situés à Liège, Anvers et Bruxelles : « On ne couvre donc pas du tout le territoire belge », réagit Valentin Blaison. Il précise que « le test VIH est, lui, toujours gratuit quand il y a une mutuelle ».
« C’est plus simple d’avoir un message général qui dit que le dépistage est gratuit. »
Pour d’autres structures proposant le dépistage, cela varie : « Des structures développent des projets pour permettre un dépistage gratuit et parfois anonyme. Mais c’est du bricolage. Cela repose généralement sur des médecins qui acceptent de faire partiellement du bénévolat ou des laboratoires qui réduisent leurs prix. Il y a des exceptions et des centres qui réussissent à offrir cette gratuité et/ou un anonymat », ajoute Valentin Blaison.
Pour une personne bénéficiant d’une mutuelle sans intervention majorée (statut bim), le coût d’un dépistage IST est d’environ 20 euros, comprenant souvent une consultation et des frais de laboratoire.
Le coordinateur dépistage à l’asbl Ex Aequo ajoute : « Il y a des personnes pour qui c’est un frein, d’autres pas. En termes de communication, pour attirer les gens vers le dépistage, il est beaucoup plus efficace d’annoncer que le dépistage est gratuit, accessible et anonyme. »
### L’autorité parentale nécessaire en fonction des situations
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies recommande également de supprimer l’obligation d’obtenir le consentement parental pour se faire dépister.
En Belgique, aucun consentement parental n’est requis pour se faire dépister après 18 ans. Entre 16 et 18 ans, cela dépend de l’appréciation du médecin, comme l’explique la Plateforme Prévention Sida.
La Fédération Laïque de Centres de Planning Familial précise que ce qui compte, ce sont les capacités de discernement du mineur, qui sont évaluées directement par le professionnel de santé.
Enfin, la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial souligne que, selon l’article 12 de la loi du 22 août 2002 relative aux droits du patient :
– Si le patient est mineur, les droits prévus par la loi sont exercés par ceux qui ont l’autorité sur lui (parents ou tuteur).
– Le patient mineur, selon son âge et sa maturité, est associé à l’exercice de ses droits.
– Les droits énumérés dans cette loi peuvent être exercés de manière autonome par le patient mineur jugé apte à apprécier ses intérêts.
Pour la Plateforme Prévention Sida, cette nécessité de consentement parental peut être un obstacle au dépistage des mineurs. L’organisme plaide pour « un meilleur accompagnement des parents dans leur rôle de prévention ».
### L’interview de Valentin Blaison de l’asbl Ex Aequo sur la gratuité des dépistages en Belgique :
[Image de l’interview]

