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Israël : Ben Gvir, ministre derrière les images de Gaza.

La vidéo diffusée mercredi montre Itamar Ben Gvir triomphant avec un drapeau israélien, parading devant des militants de la « flottille pour Gaza », après leur arrestation en mer. Itamar Ben Gvir a accédé à son poste de ministre en décembre 2022 à la faveur d’un accord de coalition ayant permis le retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou.


La vidéo qu’il a publiée mercredi le montre triomphant. Drapeau israélien en main, Itamar Ben Gvir défile devant des dizaines de militants de la « flottille pour Gaza », agenouillés et les mains ligotées, après leur arrestation en mer.

Cette image a entraîné des condamnations immédiates, tant à l’étranger que de la part de membres de son propre gouvernement. Ce nouvel acte provocateur illustre le parcours de cette figure de l’extrême droite, devenue centrale dans la politique israélienne. Avec une bouteille de champagne au Parlement pour célébrer l’adoption d’une loi sur la peine de mort, réservée aux Palestiniens, et un gâteau d’anniversaire orné d’un nœud de pendu, le responsable de 50 ans a pris l’habitude de se mettre en scène.

En novembre 2025, il avait exprimé son « soutien total » aux soldats impliqués dans l’exécution à bout portant de deux Palestiniens qui venaient de se rendre à l’armée à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée, déclarant : « Les terroristes doivent mourir ».

Dans une colonie parmi les plus radicales de Cisjordanie, Itamar Ben Gvir a été nommé ministre en décembre 2022, grâce à un accord de coalition qui a permis le retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou, à la tête d’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël. Avocat de formation, le chef du parti « Force juive » est devenu député en avril 2021, après des années d’activisme.

Né en banlieue de Jérusalem de parents séfarades, ce père de six enfants vit dans une des colonies les plus radicales de Cisjordanie. Il défend l’annexion de ce territoire palestinien, occupé par Israël depuis 1967, revendiquant des droits supérieurs pour les juifs et promouvant le transfert d’une partie de la population arabe d’Israël, qu’il considère déloyale, vers les pays voisins.

Inculpé plus de 50 fois dans sa jeunesse pour incitation à la haine ou violences, le ministre, connu pour ses positions anti-LGBT +, se targue d’avoir été innocenté dans 46 affaires. À Jérusalem-Est, il multiplie les visites sur l’esplanade des Mosquées (appelée mont du Temple par les juifs) où il scande « Vive le peuple d’Israël ». Il remet en cause le statu quo établi depuis 1967, date de l’annexion de la partie orientale de la ville par Israël, bien que Benyamin Netanyahou, qui désapprouve ces actions, le laisse faire.

« Si nous ne voulons plus de 7-Octobre, nous devons rentrer chez nous, contrôler le territoire » et inciter au départ « volontaire » des Palestiniens de Gaza, déclare le ministre, qui s’oppose à l’entrée de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien dévasté par la guerre.

Il puise son idéologie anti-arabe auprès du rabbin extrémiste Meir Kahane, dont le mouvement Kach a été banni en Israël après l’assassinat en 1994 de 29 Palestiniens en prière à Hébron, en Cisjordanie, par un de ses partisans, Baruch Goldstein. Le ministre, qui a milité dans Kach, affirmait avoir longtemps eu un portrait de Goldstein dans son salon, mais dit avoir pris un certain recul depuis.