Tunisie

Fléau de la violence scolaire : la Fédération de l’enseignement secondaire appelle à agir.

La secrétaire générale adjointe de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, Mme Jouda Dahman, a lancé ce jeudi un appel à une prise de conscience collective quant à l’urgence de traiter ce phénomène de violence au sein des établissements scolaires. Elle a affirmé que « l’école est aujourd’hui malade et traverse une crise généralisée qui menace l’ensemble de ses composantes ».


Face à l’augmentation alarmante de la violence dans les établissements scolaires et aux alentours, Mme Jouda Dahman, secrétaire générale adjointe de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, a lancé ce jeudi un appel à la sensibilisation collective sur l’urgence de traiter ce phénomène.

Lors d’une intervention téléphonique sur les ondes de Jawhara FM, la responsable syndicale a affirmé qu’il « est impossible de réformer la société sans réformer l’école ». Elle a dressé un constat sans appel : « L’école est aujourd’hui malade et traverse une crise généralisée qui menace l’ensemble de ses composantes ».

Mme Dahman a indiqué que « les images choquantes qui ont circulé récemment sur les réseaux sociaux ne sont que le reflet d’une amère réalité dont tout le monde souffre au quotidien, qu’il s’agisse des éducateurs, des élèves ou des parents ».

Elle a regretté l’absence de solutions concrètes tout en dénonçant « le mutisme prolongé de l’autorité de tutelle », ajoutant que cela ne peut qu’aggraver la situation. La syndicaliste a aussi souligné l’inefficacité des réactions sécuritaires immédiates, précisant qu’« une approche purement répressive, à l’image du déploiement de postes de police devant les institutions éducatives, reste inefficace sans la mise en place d’un plan global et structurel de protection de l’environnement scolaire ».

Pour sortir de cette impasse, l’intervenante a plaidé pour que la refondation du système éducatif tunisien passe impérativement par une revalorisation du statut des enseignants, tant sur le plan matériel que social. Elle a proposé « l’adoption immédiate d’un projet national intégré, en rupture totale avec les politiques d’improvisation et de replâtrage à court terme qui ont prévalu jusqu’ici ». Elle a ajouté que « ce nouveau modèle doit permettre d’aborder le dossier de l’éducation avec courage et réalisme, tout en redonnant à l’école sa vocation attractive afin de remobiliser des élèves de plus en plus enclins au désintérêt et au décrochage ».

Jouda Dahman a également reproché aux autorités compétentes une politique de fuite en avant, avertissant que la persistance de ce statu quo fera payer un prix exorbitant à l’institution éducative ainsi qu’à la société tout entière.