France

Alimentation : Nouvelles preuves sur les dangers des additifs et colorants

L’alimentation ultratransformée est nocive et de nouvelles études scientifiques le prouvent. Ces travaux menés par Sanam Shah et Anaïs Hasenböhler au sein d’une cohorte française de plus de 100.000 personnes montrent des associations entre la consommation de colorants alimentaires et un risque accru de diabète de type 2, ainsi qu’entre la consommation de conservateurs et le risque d’hypertension et de maladies cardiovasculaires.


L’alimentation ultratransformée est nuisible, et de nouvelles études scientifiques viennent le confirmer. Ces travaux sont publiés à un moment où une proposition de loi vise à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur les produits alimentaires pour aider les Français à mieux se nourrir.

Trois études de l’Inserm, révélées ce jeudi dans les revues Diabetes Care, European Journal of Epidemiology et European Heart Journal, soulignent l’importance de « privilégier les aliments pas ou peu transformés ». Dirigées par Sanam Shah et Anaïs Hasenböhler sous la supervision de l’épidémiologiste Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm, ces études se basent sur la consommation de certains additifs, de colorants alimentaires (E100 à E199) et de conservateurs et antioxydants (E200 à E299 et E300 à E399) au sein d’une large cohorte française de plus de 100.000 personnes, suivies depuis 2009.

**Un risque accru de maladies cardiovasculaires**

Pour la première fois, ces études mettent en évidence des liens entre la consommation de colorants alimentaires et un risque augmenté de diabète de type 2 et de cancer, ainsi qu’entre la consommation de conservateurs et le risque d’hypertension et de maladies cardiovasculaires.

Comparativement aux personnes moins exposées, les plus grands consommateurs de colorants alimentaires ont un risque accru de développer un diabète de type 2 (+ 38 %), un cancer (+ 14 %) et, de manière plus marquée, un cancer du sein (+ 21 %, et même + 32 % après la ménopause). Les plus forts consommateurs de conservateurs présentent un risque global d’hypertension supérieur de 24 % et un risque de maladies cardiovasculaires accru de 16 % par rapport à ceux ayant une exposition plus faible.

**Une mauvaise alimentation coûteuse pour la Sécurité sociale**

Bien que ces études ne démontrent pas à elles seules un lien de causalité, elles viennent s’ajouter à un ensemble de données confirmant la nocivité des aliments ultratransformés pour la santé, souligne Mathilde Touvier. Cette expertise scientifique pourrait ainsi favoriser une « réévaluation de la sécurité de ces additifs, afin d’envisager l’interdiction de certains », notamment des colorants qui ne « servent qu’à rendre le produit plus attractif », ou « de diminuer les doses autorisées ».