Marseille, Nantes, Brest, Nancy, Lille : des maires ne veulent pas de Patrick Bruel en concert
Patrick Bruel est visé par quatre enquêtes pour viols en France et une enquête judiciaire en Belgique pour agression sexuelle. Au moins 12 plaintes, dont cinq pour viols, visent l’interprète de Casser la voix et Place des grands hommes.
La pression augmente pour Patrick Bruel, actuellement visé par quatre enquêtes pour viols en France et une enquête judiciaire en Belgique pour agression sexuelle. Alors que le chanteur s’apprête à débuter une tournée le 16 juin au Cirque d’Hiver à Paris, suivie de plusieurs concerts dans des villes françaises, suisses et belges, plusieurs maires ont exprimé leur souhait qu’il annule ses spectacles dans les dernières heures.
Au Canada, les trois concerts programmés en décembre ont déjà été annulés par l’agence événementielle Gestev, responsable de l’organisation. Celle-ci a justifié cette décision en raison « du contexte actuel et de l’impossibilité d’assurer la promotion ».
Mercredi, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire (PS), a déclaré sur France 2 que Patrick Bruel devrait « mettre entre parenthèses sa carrière » et annuler lui-même son concert prévu le 8 octobre au Zénith de Paris. Une position similaire a été adoptée par le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), qui a demandé « par respect pour la parole des victimes » que l’artiste déprogramme son concert planifié pour le 30 octobre 2026, invoquant « la gravité des accusations portées ». Nicolas Isnard, maire LR de Salon-de-Provence et président de la métropole Aix-Marseille, a également exprimé son soutien à cette démarche, alors qu’un concert y est prévu le 4 juillet prochain.
Stéphane Roudaut, maire de Brest (DVD), a affirmé que Patrick Bruel « devrait avoir la décence, sans délai, de se mettre en retrait le temps que les affaires qui le visent soient jugées », tout en rappelant qu’il n’avait pas le pouvoir d’annuler son concert prévu le 11 novembre.
« La présomption d’innocence n’empêche pas le respect de la parole de ces femmes », a déclaré la maire PS de Nantes, Johanna Rolland, dans un message sur Facebook. Elle a mentionné « une procédure juridique en cours » et a exhorté les organisateurs à « suspendre sans tarder » la tournée.
Le maire de Nancy, Mathieu Klein (PS), a également appelé sur Facebook à « la clairvoyance des organisateurs pour suspendre sa tournée », tandis qu’Arnaud Deslandes, maire de Lille (PS), a évoqué dans un message à l’AFP « la sagesse » et « la responsabilité », « le temps que la justice passe ».
Cet appel à annuler les concerts a également trouvé un écho en Belgique, où le chanteur de 67 ans doit se produire le 6 octobre prochain. Le bourgmestre de Forest, Charles Spapens (PS), a aussi demandé l’annulation du concert.
Au moins 12 plaintes, dont cinq pour viols, ont été déposées contre l’interprète de *Casser la voix* et *Place des grands hommes*. De « nouvelles plaintes pour viols » sont également attendues, comme l’a annoncé mardi Corinne Herrmann, l’avocate de l’animatrice Flavie Flament, qui a fait état d’un viol dont elle dit avoir été victime en 1991, à l’âge de 16 ans.
Patrick Bruel conteste toutes les accusations portées à son encontre, affirmant n’avoir « jamais forcé » une femme à des relations sexuelles. Il a expliqué avoir eu une « brève histoire » avec Flavie Flament, ajoutant qu’« il n’y eut ni viol, ni drogue ». Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes/hommes, a déclaré sur RTL que c’était à l’artiste de « décider s’il souhaite être sur scène ».

