Guerre en Ukraine : Vilnius se protège durant une alerte au drone
L’alerte aérienne a été émise vers 10h20 à Vilnius, demandant aux citoyens de se rendre dans un abri ou un endroit sûr. Elle a été levée vers 11 heures, et la population a été invitée à quitter les abris après l’observation d’un drone dans le district de Vilnius.
L’alerte a été émise vers 10h20 à Vilnius, en Lituanie, sur les téléphones portables : « Alerte aérienne ! Rendez-vous immédiatement dans un abri ou un endroit sûr, prenez soin des membres de votre famille et attendez de nouvelles recommandations ».
Pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, lancée par la Russie en février 2022, une alerte au drone a conduit le président, la Première ministre et la population à se mettre à l’abri mercredi matin dans la capitale, entraînant une brève paralysie des transports.
**Vols suspendus, députés évacués**
Des civils ont été vus descendant dans des caves, des garages ou des abris aménagés, d’après un correspondant de l’AFP et des images rapportées par les médias locaux ou sur les réseaux sociaux. Le président de la République, Gitanas Nauseda, et la Première ministre, Inga Ruginiene, ont également été évacués vers des abris, selon les informations de leurs cabinets à l’agence de presse BNS.
Les députés siégeant au Seimas, le parlement lituanien, ont reçu des consignes pour se protéger : « Attention, attention, en raison du risque d’attaque aérienne, nous demandons à toutes les personnes présentes dans le bâtiment de se rendre à l’abri le plus proche », ont-ils entendu via des haut-parleurs. Les vols à l’aéroport international de Vilnius ont été suspendus, les trains arrêtés, et les voyageurs en gare évacués.
**Mission de l’Otan « activée »**
L’armée a justifié l’alerte par un « signal radar présentant des caractéristiques typiques d’un aéronef sans pilote » dans l’espace aérien de la Biélorussie, près de la frontière lituanienne. « La mission de police du ciel de l’Otan a été activée », a-t-elle précisé. Des F-16 roumains sont notamment déployés dans le pays, ayant abattu la veille un drone ukrainien errant dans le ciel estonien.
Vilmantas Vitkauskas, chef du Centre national de gestion des crises, a déclaré à la radio publique LRT qu’un drone avait été effectivement observé « dans le district de Vilnius », sans donner d’autres précisions sur son sort. L’alerte, qui concernait également d’autres régions lituaniennes proches de la Biélorussie, a été levée vers 11 heures, invitant la population à quitter les abris.
Les alertes de ce type se multiplient ces derniers mois dans les États baltes, en raison de l’intensification des frappes ukrainiennes sur des cibles stratégiques russes dans la région de Saint-Pétersbourg, près de l’Estonie et de la Finlande. Toutefois, c’est la première fois qu’une alerte aérienne entraîne l’évacuation et la mise en sécurité des dirigeants, des députés et des habitants dans la capitale d’un pays membre de l’UE et de l’Otan.
**Vives critiques**
L’an dernier, les dirigeants avaient également été évacués en raison d’une alerte au drone, sans que la population ne soit concernée, ce qui avait suscité une première polémique. Le gouvernement a d’ores et déjà essuyé de vives critiques pour ne pas avoir émis d’alertes suite à des observations antérieures de drones et d’incursions en provenance de Biélorussie.
Plusieurs drones russes ou ukrainiens se sont écrasés en Lituanie, ainsi que sur les territoires de ses deux voisins baltes. La Première ministre lettone, Evika Silina, a perdu son poste la semaine dernière après avoir contraint son ministre de la Défense à démissionner, le tenant pour responsable de l’incapacité de l’État balte à prévenir le crash d’un drone sur un site de stockage pétrolier début mai.

