Festival de Cannes 2026 : Le progressisme, Bolloré et la Russie interrogés
Le Festival de Cannes se déroule jusqu’au 23 mai 2023, où plusieurs films et sujets d’actualité sont discutés. Le réalisateur Cristian Mungiu a déclaré que « le cinéma doit rester polémique » et critique l’absence de liberté d’expression dans le secteur, tout en présentant son film Fjord qui traite des abus au nom d’idéologies progressistes.
Bienvenue sur la Croisette ! Jusqu’au 23 mai, stars et cinéphiles (et quelques opportunistes aussi) se donnent rendez-vous à Cannes pour le plus grand festival de cinéma du monde. 20 Minutes suit l’événement de près.
Le Festival de Cannes vous est présenté comme si vous y étiez ? C’est chaque soir avec notre récapitulatif. Ce mardi, septième jour de compétition, le progressisme, la Russie et Bolloré étaient au cœur des discussions sur la Croisette.
Le film du jour
Cristian Mungiu fait un retour marquant sur la Croisette. Près de 20 ans après avoir remporté la Palme d’or en 2007, le réalisateur roumain déclare : « Le cinéma doit rester polémique. » Avec Fjord, en compétition à Cannes, il aborde les abus commis au nom d’idéologies progressistes, sans craindre de provoquer le débat.
« Je trouve que, dans le cinéma, nous avons commencé un peu à perdre la liberté de vraiment exprimer ce qu’on pense. Il y a trop de films polis qui te confirment que l’idéologie du jour est la bonne et ce n’est pas ce que le cinéma devrait faire. »
Dans Fjord, Cristian Mungiu ancre son histoire en Norvège, où un couple évangélique très pieux (Sebastian Stan et Renate Reinsve) s’installe avec ses cinq enfants, semblant d’abord s’intégrer sans difficulté à une société qui revendique sa tolérance et son respect des minorités.
Cependant, la situation se dégrade brutalement lorsque des soupçons de violences intrafamiliales à l’encontre des enfants émergent. Les autorités portent alors un regard critique sur le couple, s’interrogeant sur son éducation stricte, réticente à YouTube et aux smartphones, et remettent en question sa foi.
La tension s’intensifie jusqu’à ce qu’une procédure de placement des enfants soit engagée, y compris pour le plus jeune de la fratrie, un nouveau-né allaité par sa mère.
Cristian Mungiu refuse de prendre position pour le camp conservateur, lui qui a remporté la Palme avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours, une critique de la criminalisation de l’avortement en Roumanie. Mais il affirme avoir « beaucoup plus d’attentes à l’égard d’une société progressiste qui considère qu’elle a trouvé les bonnes réponses pour l’avenir et qui se pense toujours supérieure. »
La photo du jour

Le réalisateur russe Andrey Zvyaginstev a monté les Marches avec l’équipe de son film, Minotaure. L’actrice Iris Lebedeva a saisi l’occasion pour se faire remarquer dans sa robe noire cintrée avec traîne blanche, qui se détachait à merveille sur le tapis rouge. Un véritable délice pour les photographes.
La phrase du jour
« Je pense qu’il y a quand même de nombreux acteurs qui doivent se parler, redescendre un peu après la vivacité des polémiques. »
Canal+ et les signataires d’une tribune anti-Bolloré « doivent se parler » et « redescendre un peu » suite à la controverse qui les oppose et qui agite le monde du cinéma en plein festival de Cannes, a estimé mardi le président de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel.
« Le cinéma a besoin de Canal+ et Canal+ a besoin du cinéma », a déclaré Martin Ajdari, interrogé sur cette polémique qui préoccupe les festivaliers depuis plusieurs jours.
Dimanche, le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a fait savoir qu’il ne souhaitait plus que son groupe, premier financeur du cinéma français, collabore avec les professionnels ayant signé une pétition contre son actionnaire de référence Vincent Bolloré.
Publié le 12 mai dans le journal Libération, cette tribune dénonçait « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le septième art, en s’en prenant au milliardaire conservateur.
L’article du jour
Bolloré matin, midi et soir. Voici le menu (peu engageant) proposé aux festivaliers depuis quelques jours. Prenons un peu de recul après la polémique de la tribune, de la « liste noire » et des réactions en chaîne qu’elle a entraînées. La question est de savoir si le monde du cinéma peut se passer de Canal+. Et si oui, comment ? Si non, pourquoi ? Autre question : Canal+ peut-il se passer du monde du cinéma ?

