La Russie ne subit pas une attaque de 600 drones ukrainiens
La Russie a affirmé dimanche avoir subi une attaque ukrainienne par environ 600 drones, faisant quatre morts sur son territoire. Selon le ministère ukrainien de la Défense, cette attaque sur Moscou et sa région est la plus « importante depuis le début de l’invasion » russe de l’Ukraine.
La Russie a annoncé dimanche avoir subi l’une des attaques ukrainiennes les plus importantes depuis le début du conflit, impliquant environ 600 drones et entraînant quatre morts sur son sol. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié cette opération d' »entièrement justifiée ».
« Nos réponses face à la prolongation de la guerre par la Russie et à ses attaques contre nos villes et nos communautés sont totalement justifiées », a écrit M. Zelensky sur les réseaux sociaux.
Cette attaque intervient trois jours après des bombardements russes à Kiev qui ont causé environ vingt morts, en réponse auxquels les autorités ukrainiennes avaient promis d’agir.
« Cette fois, les représailles ukrainiennes ont atteint la région de Moscou, et nous claironnons aux Russes : leur État doit mettre fin à sa guerre », a-t-il ajouté, qualifiant les types de munitions à longue portée que l’Ukraine cherche à développer de « sanctions ».
Son message était accompagné d’une vidéo montrant ce qui semble être une raffinerie en feu, sans que l’AFP ait pu authentifier la scène.
D’après le ministère ukrainien de la Défense, cette attaque sur Moscou et sa région est la plus « importante depuis le début de l’invasion » russe en Ukraine.
La défense antiaérienne russe a intercepté 556 drones ukrainiens entre 22H00 et 07H00 heure locale (19H00-04H00 GMT), puis 30 autres entre 07H00 et 09H00, selon le ministère de la Défense.
Ces interceptions, beaucoup plus nombreuses que les quelques dizaines habituellement rapportées, ont touché 14 régions russes, ainsi que la Crimée annexée et les mers Noire et d’Azov. Moscou et sa région ont été parmi les zones les plus touchées.
Bien que la région de la capitale soit fréquemment attaquée par des drones, Moscou, située à plus de 400 kilomètres de la frontière ukrainienne, est moins souvent ciblée.
Le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, a déclaré qu’une femme et deux hommes avaient été tués près de la capitale.
Dans le reste de la région, plusieurs habitations ont été endommagées et des « infrastructures » attaquées, faisant quatre blessés, a-t-il précisé.
À Moscou, plus de 80 drones ont été interceptés et une frappe a causé 12 blessés, « principalement des ouvriers » d’un chantier proche d’une raffinerie, a rapporté le maire Sergueï Sobianine.
« La production de la raffinerie n’a pas été affectée. Trois immeubles résidentiels ont été détériorés », a-t-il ajouté.
Dans la région de Belgorod, qui fait face à l’Ukraine, un homme a été tué la nuit dernière dans le district de Chebekino lors d’une attaque de drone ukrainien contre un camion, selon les autorités régionales.
Au moins 24 personnes, dont trois adolescentes de 12, 15 et 17 ans, ont trouvé la mort dans des attaques de drones et de missiles russes sur Kiev durant la nuit de mercredi à jeudi, selon un bilan ukrainien de vendredi. Environ cinquante autres personnes ont été blessées.
« Nous avons pleinement le droit de répliquer en visant l’industrie pétrolière russe, sa production militaire et ceux qui sont directement responsables des crimes de guerre commis contre l’Ukraine et les Ukrainiens », avait averti vendredi le président Volodymyr Zelensky.
L’Ukraine, en réponse aux bombardements continus de l’armée russe depuis plus de quatre ans, cible régulièrement des installations en Russie.
Elle affirme viser des sites militaires et énergétiques dans le but de diminuer les capacités de Moscou à financer ses opérations militaires.
Les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit sont actuellement au point mort.
Une trêve de trois jours avait permis une pause dans les bombardements massifs loin du front durant les commémorations en Russie de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Cependant, les attaques ont repris dès la fin de ce cessez-le-feu, survenue dans la nuit de lundi à mardi, négocié sous l’égide de l’ancien président américain Donald Trump.
Les pourparlers, médiés par des États-Unis, sont suspendus depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l’Iran.

