Une corde cassée au Concours Reine Elisabeth : solidarité des artistes.
Il est 21h32 à Flagey, le violoncelliste allemand Alexander Wollheim commence son récital par la pièce imposée, « Caffeine » du compositeur Harold Noben. Malheureusement pour Alexander Wollheim, il avait justement changé cette corde la veille et n’en avait plus de rechange, ce qui a amené la maîtresse de cérémonie Stéphanie Courten à faire une demande tout à fait exceptionnelle.
Il est 21h32 à Flagey. Le violoncelliste allemand Alexander Wollheim débute son récital avec « Caffeine », une œuvre du compositeur Harold Noben. Après quelques minutes, un incident survient : **il vient de casser une corde de son violoncelle**. Il sourit, se lève, s’excuse et se rend en coulisses sous les applaudissements du public.
Le président du jury, Gilles Ledure, annonce une pause pour que le candidat puisse tranquillement remplacer la corde cassée et poursuivre son programme.
**Bien que ce moment soit inédit, ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit lors du Concours.** En finale en 2015, le violoniste Tobias Feldman avait réussi, avec un aplomb remarquable, à jouer avec le violon d’un des membres de l’Orchestre national. De même, lors de la finale de 2022, la violoncelliste JeongHyoun Christine Lee avait cassé deux cordes en jouant la pièce imposée de Toshio Hosokawa. Elle avait alors réussi à remplacer ses cordes par elle-même, en coulisses. Le plus ancien candidat malchanceux était Leon Fleisher, premier lauréat en 1952. Après avoir cassé une corde grave de son piano et ne trouvant pas l’accordeur, le pianiste américain avait entrepris de remplacer la corde lui-même devant un public ébahi. Il avait ensuite repris l’interprétation du concerto avec une impressionnante sérénité, comme si rien ne s’était passé.
Malheureusement, pour Alexander Wollheim, il avait justement remplacé cette corde la veille et n’en avait plus de rechange. Cela a conduit la maîtresse de cérémonie, Stéphanie Courten, à faire une demande à la salle, à la fois exceptionnelle et désespérée :
Avez-vous une corde de la avec vous ?
Plusieurs personnes **se sont levées pour porter secours au candidat malheureux**, notamment Marie Hallynck, membre du jury, et Harold Noben, le compositeur de la pièce imposée, illustrant l’extraordinaire solidarité entre musiciens.
Heureusement, l’histoire a une fin heureuse : Alexander Wollheim a pu **bénéficier d’une corde de secours** fournie par l’un des membres de l’Orchestre royal de chambre de Wallonie. Après quelques minutes, le candidat a pu reprendre le fil de la demi-finale.

