Belgique

30 ans de Pride à Bruxelles : Chille Deman, « Le combat n’est pas terminé »

Chille Deman est l’un des fondateurs de la première Pride bruxelloise en 1996 et continue de défendre les droits des personnes LGBTQIA + à travers l’association Rainbow Ambassadors. La Belgique a dépénalisé l’homosexualité en 1972 et a légalisé le mariage entre personnes de même sexe en 2003, devenant ainsi l’un des premiers pays au monde à le faire.


Derrière les chars et les festivités, la Pride demeure avant tout un combat politique et social contre les discriminations, l’homophobie et la transphobie. Des militants, tels que Chille Deman, l’un des cofondateurs de la première Pride bruxelloise en 1996, poursuivent cette lutte.

Actuellement, il défend les droits des personnes LGBTQIA + via l’association Rainbow Ambassadors, qui œuvre pour sensibiliser les maisons de repos à l’acceptation de la diversité sexuelle et de genre auprès des seniors.

** »À l’époque, c’était quelque chose de formidable »**

Lorsque Chille Deman évoque les débuts de la Pride bruxelloise, il se remémore une période où la visibilité LGBTQIA + n’était pas encore reconnue. « En 2000, il y a eu des élections et une nouvelle majorité est arrivée au pouvoir à Bruxelles sous la direction de Freddy Thielemans », se souvient-il. « Il a ouvert les bras à la Pride et elle est devenue une partie intégrante du programme de Bruxelles. »

Ce tournant politique constitue une véritable reconnaissance institutionnelle de l’événement. « Cette première année, nous avons eu pour la première fois les boulevards ornés de grandes banderoles au-dessus des rues. Nous avons été reçus à l’Hôtel de Ville et au Parlement bruxellois. À cette époque, c’était vraiment quelque chose d’extraordinaire. J’en ai même pleuré », se remémore-t-il.

**La Belgique, pionnière des droits LGBTQIA +**

Depuis les années 1990, la Belgique a réalisé d’importants progrès législatifs concernant les droits LGBTQIA +. L’homosexualité y a été dépénalisée en 1972 et, en 2003, le pays est devenu l’un des tout premiers au monde à légaliser le mariage entre personnes de même sexe.

Ces évolutions ont fait de la Belgique l’un des pays les plus avancés sur ces questions. Toutefois, ces avancées sont le résultat de nombreuses années de mobilisation militante. « Les droits n’arrivent jamais tout seuls », rappellent souvent des associations LGBTQIA + telles que les Fiertés Namuroises. Malgré ces progrès, des discriminations persistent encore aujourd’hui.

À 30 ans de la première Pride bruxelloise, Chille Deman continue son engagement sous un nouveau format. Avec Rainbow Ambassadors, il intervient désormais dans les maisons de repos de la capitale.

L’objectif : sensibiliser le personnel soignant et les résidents aux réalités vécues par les personnes LGBTQIA + âgées, souvent confrontées à l’isolement ou à la peur de devoir cacher leur identité dans de telles institutions. « Nous menons un travail de formation, principalement pour le personnel, ainsi que des animations avec les habitants », explique-t-il.

L’association collabore aussi sur un projet unique avec la Ville de Bruxelles. « Nous sommes en pourparlers avec la ville pour établir des maisons où six à huit personnes LGBTQIA + pourraient vivre ensemble tout en recevant des soins à domicile », précise le militant.

Alors que la Brussels Pride attire aujourd’hui des centaines de milliers de participants et bénéficie d’un large soutien institutionnel, ses fondateurs soulignent qu’elle ne doit pas être réduite à une simple fête.

Pour Chille Deman, la visibilité demeure cruciale face à la montée des discours haineux et aux violences qui touchent encore les personnes LGBTQIA + en Belgique et ailleurs en Europe.

Trente ans après les premiers drapeaux arc-en-ciel dans les rues de Bruxelles, le message reste donc inchangé : célébrer les identités tout en continuant à défendre des droits qui, pour beaucoup, demeurent fragiles.