Xpeng souligne les défauts des usines Volkswagen tout en restant intéressé
Xpeng envisage d’utiliser des usines Volkswagen sur le sol européen pour assembler ses véhicules électriques. En 2023, Volkswagen a annoncé un partenariat d’envergure avec le constructeur chinois Xpeng, et ce partenariat a encore été renforcé en 2024.
Xpeng prévoit d’utiliser des usines de Volkswagen en Europe pour l’assemblage de ses véhicules électriques. Cette initiative marque une nouvelle étape dans l’alliance sino-allemande qui se renforce, mais pas nécessairement dans le sens attendu. D’autres fabricants chinois s’intéressent également aux capacités industrielles de l’Europe.
Concernant la dynamique entre Volkswagen et XPeng, il est prématuré de dire que les rôles s’inversent, mais les développements récents laissent à penser que la relation pourrait changer. En 2023, Volkswagen a annoncé un partenariat significatif avec Xpeng, lequel a été consolidé en 2024 pour permettre aux ingénieurs des deux entreprises de concevoir une nouvelle architecture pour les véhicules électriques, un projet qui pourrait relancer Volkswagen en Chine grâce à une nouvelle gamme de produits dont les détails émergent progressivement.
Les conversations ne semblent cependant pas s’arrêter là. Bien que les discussions soient encore à un stade exploratoire, les signaux indiquent un potentiel d’intérêt. Selon le Financial Times, Xpeng est en train d’examiner la possibilité d’acquérir ou d’exploiter des sites de production de Volkswagen en Europe, des usines dont l’utilisation a considérablement diminué ces dernières années. Elvis Cheng, directeur de Xpeng pour l’Europe du Nord-Est, n’a pas précisé de site particulier : « Nous sommes en train de discuter avec [Volkswagen] pour voir s’il serait possible de trouver un site ici, en Europe », a-t-il déclaré.
Ces informations surviennent peu après les commentaires d’Oliver Blume, le dirigeant de Volkswagen, qui avait évoqué une possible production européenne pour des modèles conçus en Chine avec des partenaires locaux. Xpeng fait partie de ces partenaires, Volkswagen ayant acquis une participation dans le constructeur chinois suite à leur accord en 2023.
Cependant, Xpeng a ses exigences et ne compte pas s’implanter dans n’importe quelle usine. Elvis Cheng a précisé que le constructeur « ne pense pas que toutes les usines peuvent satisfaire aux exigences de nos produits actuels ou futurs », ajoutant que certaines usines de Volkswagen sont « un peu vieilles ». Cela soulève un point valide, étant donné que les usines chinoises du constructeur sont fortement automatisées.
L’éventualité d’une production en Europe s’inscrirait dans une stratégie claire : produire localement pour éviter les droits de douane supplémentaires imposés par l’Union européenne sur les véhicules électriques importés de Chine. Xpeng assemble déjà certains de ses modèles en Europe à travers l’usine Magna Steyr de Graz, en Autriche, mais cela reste limité en volume et ne concerne pas une usine propre au constructeur chinois. Avoir une usine en propre (ou en gestion partagée) modifierait significativement la présence industrielle de Xpeng sur le continent.
Pour Volkswagen, la situation est différente. L’objectif principal est d’optimiser les usines sous-utilisées sans nécessité de fermeture définitive, une option problématique sur les plans social et politique en Allemagne. Un partenariat avec Xpeng permettrait de conserver des emplois tout en accélérant la transition vers l’électrique, même si cela soulève des questions sur la dépendance technologique vis-à-vis de la Chine, une préoccupation que l’Europe souhaite atténuer.
Xpeng n’est pas le seul à envisager une production en Europe. BYD, le leader mondial des véhicules électriques, suit une démarche similaire. Sa vice-présidente Stella Li a confirmé que le groupe envisage l’acquisition de sites européens inutilisés, avec des discussions impliquant notamment Stellantis. Plus étonnant encore, le nom de Maserati aurait été mentionné dans ces échanges, avec la dirigeante qualifiant cette marque au Trident de « très intéressante ».
Ces mouvements témoignent des changements en cours dans l’industrie automobile européenne. Les constructeurs chinois ne se contentent plus d’exporter des véhicules ; ils souhaitent s’implanter, produire, et potentiellement, prendre le contrôle d’une partie du patrimoine industriel et historique européen. Pour les marques concernées, cela représente une possibilité de survie, mais le législateur pourrait ne pas apprécier cette poussée chinoise, surtout en période de désengagement de cette dépendance. Néanmoins, les réalités économiques pourraient avoir plus de poids.

